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Mission Bern : le patrimoine religieux à l’honneur

OCUS I Fondation du patrimoine
La cathédrale Notre-Dame-du-Réal à Embrun (Provence-Alpes-Côte d’Azur)
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Les 18 monuments sélectionnés pour la troisième édition du Loto du Patrimoine, qui sera lancé fin août, ont été dévoilés ce mardi 30 juin par le ministre de la Culture, Franck Riester, et Stéphane Bern. Parmi ces sites emblématiques, neuf font partie du patrimoine religieux.

Cathédrales, églises, séchoir à tabac, phare… Dix huit sites situés en métropole et en outre-mer ont été sélectionnés afin de pouvoir bénéficier d’un soutien financier grâce à la troisième édition du Loto du Patrimoine lancé par la Française des Jeux. Ces sites ont été présentés ce mardi 30 juin, par le ministre de la Culture, Franck Riester, ainsi que par Stéphane Bern, à la tête de la mission de sauvegarde du patrimoine en péril. Ainsi, à partir du 31 août prochain, un ticket de jeu à gratter, Illiko Mission patrimoine, sera vendu à 15 euros. Sur ces 15 euros, 1,76 euro servira à la restauration de ces monuments. En 2019, ce sont près de 25 millions d’euros qui ont été récoltés grâce à l’opération. À cela s’ajoute le mécénat, mobilisé par la Fondation du Patrimoine et par la mission Stéphane Bern. Au total, depuis le début de l’opération il y a trois ans, 39 sites ont déjà été restaurés et 131 autres sont en cours de restauration. Sur les dix-huit sites sélectionnés cette année, neuf sont des sites religieux.

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L'abbaye Sainte-Marie de Lagrasse (Occitanie)

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Fondée en 779 par Charlemagne, l’abbaye Sainte-Marie de Lagrasse est l’un des monuments religieux les plus prestigieux d’Occitanie, dans le département de l’Aude. Elle témoigne de plus 1.200 ans d’histoire. Elle offre un véritable catalogue d’architectures du Xe au XVIIIe siècle et porte les traces d’un rayonnement politique et spirituel éminent. L’abbaye héberge la communauté des Chanoines de la Mère de Dieu. Dans le grand projet de relèvement de l’église qui occupe les chanoines, le clocher est une partie qui reste préoccupante et nécessite une restauration. Il se situe dans le prolongement du transept Sud aujourd’hui ouvert aux intempéries. Le transept Nord est actuellement en état d’urgence sanitaire et son arc a du être étayé. L’abbaye a rouvert au public, tous les jours depuis l’Ascension, les messes ont repris et des activités sont prévues. Mais seuls l’église, le cloître et la cour d’honneur sont ouverts à la visite.

2
La cathédrale Notre-Dame-du-Réal à Embrun (Provence-Alpes-Côte d’Azur)

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Cette cathédrale de la fin du XIIe siècle est située sur l’un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Son clocher roman à flèche octogonale domine la vallée de la Durance. L’intérieur de l’édifice magnifie le mariage du roman et du gothique. Accrochées à un pilier, les orgues en encorbellement de la fin du XVe siècle, don de Louis XI, comptent parmi les plus anciennes de France. La restauration consistera à remplacer les pierres en œuvre trop dégradées pour être conservées, et à consolider les autres, ainsi que la restauration des polychromies du tympan et du linteau du portail. Pour les curieux ou les fidèles, les offices religieux ont repris et les visites guidées recommencent à compter du 9 juillet, tous les jeudis.

3
Le Sacré-Cœur de Balata à Fort-de-France (Martinique)

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Sa position centrale et dominante face à la Baie de Fort-de-France, fait de l’église du Sacré-Cœur de Balata un arrêt touristique incontournable en Martinique. Chaque année, plus de 200.000 personnes viennent la visiter. L’église, appelée plus communément « le Montmartre Martiniquais », a été construite entre 1923 et 1925 sur les hauteurs de Fort-de-France. Elle est l’œuvre de deux architectes parisiens, Charles Wulffleff et Aloïs Verrey, qui ont choisi de mêler le béton armé à l’andésite locale. Inspiré du Sacré-Cœur parisien, cet édifice propose une interprétation tropicalisée de son style romano-byzantin, tout en en conservant certains aspects comme la grande coupole. Aujourd’hui, l’église est dans un état de péril avancé, sa construction n’est pas adaptée au climat local et l’édifice subit de graves infiltrations d’eau. Affectée au culte, elle a été rouverte au public suite au déconfinement mais sa capacité est actuellement limitée à 70 personnes.

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Le couvent des Filles de Marie sur L'Île-Rousse (Corse)

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Ce bâtiment a été édifié en 1849 à l’initiative de François Piccioni, oncle du maire de l’Île Rousse, Sébastien Piccioni. Il avait alors pour but d’abriter la congrégation d’Agen des Filles de Marie, dévouée à l’instruction des jeunes filles. En 1906, l’institut fut laïcisé et prit le nom d’Institution Jeanne d’Arc.En 1970 une partie du bâtiment deviendra une école maternelle, doublée d’un local de catéchisme. Cet édifice du XIXe siècle constitue un élément important de l’identité de la place Paoli. Il est l’un des trois monuments qui forment un ternaire d’édifices publics autour de la place : église de la Conception, marché couvert et Institut des Filles de Marie. Aujourd’hui l’édifice est dégradé et en péril. La charpente est particulièrement délabrée et les planchers sont partiellement effondrés. Par mesure de sécurité, toutes les ouvertures du rez-de-chaussée ont été murées.

5
L'église Saint-Etienne-de-Mélas (Auvergne-Rhône-Alpes)

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L’église est située sur l’ancienne voie romaine reliant Nîmes à Lyon. Sa date de fondation n’est pas connue, mais celle d’un monastère de femmes par Frédégonde vers 550 apparaît dans le premier cartulaire de la cathédrale de Viviers. L’église réunit trois édifices distincts, juxtaposés au XIXe siècle par la construction du bas-côté Sud : une nef centrale à cinq travées du XIIe, une nef unique dans le bas-côté Nord qui pourrait dater du XIe et une étonnante chapelle octogonale au Nord, creusée de hautes niches semi-circulaires,  qui remonterait également au XIe et pourrait avoir été une chapelle funéraire. Au milieu du XIXe, les archéologues et historiens, dont Prosper Mérimée, sensibilisent l’opinion publique à la sauvegarde de ce monument qui venait d’être remis en lumière grâce au percement de la Nationale 102. Si l’église n’est plus affectée au culte, propriété de la commune, elle accueillait des festivals musicaux jusqu’au 11 novembre 2019, où un séisme de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter a entraîné de graves dommages. Le sol s’est affaissé, une partie de l’édifice s’est écroulée et le clocher menaçait de s’effondrer. Depuis, elle est fermée au public. L’objectif de sa restauration est de permettre sa réouverture en 2022.

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Le temple Saint-Martin, à Montbéliard (Bourgogne-Franche-Comté)

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Il s’agit du plus ancien lieu de culte protestant existant en France. Au XVIe siècle, Montbéliard, ville luthérienne en forte croissance démographique, est gouvernée par la famille des Württemberg. Le temple Saint-Martin est édifié entre 1601 et 1607, dans le cadre d’une politique d’urbanisme d’envergure. Il allie morphologie des premières églises luthériennes allemandes et inspiration italienne. Son aspect intérieur a été modifié au cours des siècles : les boiseries latérales, chaire et stalles ont notamment été ajoutées au XIXe siècle. Plusieurs éléments classés monuments historiques (orgue de tribune, autel, etc.) s’y trouvent. En 2019, suite à l’intervention d’un atelier de restauration et conservation d’objets d’art sur une travée test, des décors peints d’origine ont été découverts.Toujours affecté au culte, la restauration des maçonneries et menuiseries est devenue urgente, ainsi que celle des décors peints.

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La cathédrale Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon)

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La cathédrale de Saint-Pierre a fait l’objet de plusieurs transformations au cours de son histoire. Édifiée en bois en 1846 sur le lieu de la première église de Saint-Pierre, établie en 1690, elle est endommagée dès 1846 suite à une explosion puis détruite lors d’un incendie en 1902. Reconstruite entre 1905 et 1907, son architecture intérieure est caractéristique des églises basques avec un étage de tribunes supérieures équipées de gradins en bois. Plusieurs autres éléments la distinguent comme le volume de sa nef et ses vitraux signés du peintre-verrier Louis Balmet. Le clocher de la cathédrale, construit en béton en 1907 et devenu dangereux, fut reconstruit en 1975 avec des pierres d’Alsace et de la rhyolite de la « montagne » de Saint-Pierre, selon un projet de l’architecte alsacien Joseph Muller. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture du 12 juin 2019 avait proposé son classement au titre des monuments historiques, qui a pris effet le 8 février 2020. La cathédrale n’est plus le siège de l’évêché depuis 2018 car le vicariat apostolique de Saint-Pierre-et-Miquelon a été supprimé et l’archipel rattaché au diocèse de La Rochelle et Saintes en métropole. L’édifice reste cependant ouvert au culte. Il est ouvert au public tous les jours. Les infiltrations portent aujourd’hui sérieusement atteinte à la conservation du monument, les couvertures vont pouvoir être restaurées.

8
L'église Saint-Pierre de Dompierre-sur-Authie (Hauts-de-France)

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Construite au début du XVIe siècle, l’église Saint-Pierre s’élève au centre du petit bourg de Dompierre-sur-Authie dans le département de la Somme. L’édifice représente dans la région un bel exemple d’église paroissiale soutenue par un puissant lignage, la famille de Rambures. La famille fit construire cette église sur des fondations anciennes, vers1513. L’église est organisée selon un plan en croix latine. Sa nef de trois travées, traversée par un transept saillant, se termine par un chœur à trois pans. Si l’église est toujours affectée au culte, elle présente un état sanitaire inquiétant. Les dégradations touchent les maçonneries, charpentes et couvertures ainsi que les vitraux. Des travaux sont en cours, et en dépit de la crise sanitaire, la fin du chantier est toujours prévue pour mars-avril 2021.

9
L'église Saint-Joseph d'Iracoubo (Guyane)

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La construction de l’église Saint-Joseph résulte d’un long travail qu’a su mener à bien le Père Raffray avec l’ensemble des habitants d’Iracoubo. Jusqu’en 1888, les offices religieux sont célébrés dans un ancien hangar à coton prêté par la veuve d’un colon du nom de Jacquet. Ce local est fort incommode : trop chaud, mal ventilé et pas équipé. A son arrivée, en 1886, le Père Raffray entreprend la construction d’une nouvelle église : les travaux débutent en 1887 et durent 6 ans. Les fonds alloués par la clergé se révélant insuffisants, les habitants se mobilisent en offrant des dons de toutes sortes : matériaux, main d’œuvre et argent. Une fois l’édifice réalisé, le Père Raffray a voulu faire de cette église un joyau unique en y apportant une décoration intérieure de qualité. Il fit recouvrir la totalité de la surface intérieure par un décor peint réalisé par le bagnard Pierre Huguet, entre 1892 et 1898, dont le style se rattache à l’art naïf. Les travaux concerneront l’extérieur et la conservation intérieure des décors et menuiseries.

Voici en vidéo l’intégralité des sites sélectionnés cette année :