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Comment les catholiques interprètent-ils la Bible ?

Pfeiffer | Shutterstock
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Afin de permettre aux catholiques une bonne compréhension de la Bible, l’Église a précisé les contours de son interprétation il y a une trentaine d’années. Si l’aide du Saint-Esprit est essentielle, certains critères doivent néanmoins être respectés.

Afin d’assurer une lecture éclairée et fidèle aux croyances chrétiennes, les directives de l’Église catholique concernant la lecture et la compréhension de la Bible découlent de nombreux débats ayant eu lieu au fil des siècles jusqu’à la publication du Catéchisme de l’Église Catholique en 1992, et sont très spécifiques. L’introduction du Compendium du Catéchisme de l’Église Catholique présente une explication sur la manière dont un catholique doit interpréter la Bible (19) :

La Sainte Écriture doit être lue et interprétée avec l’aide du Saint-Esprit et sous la conduite du Magistère de l’Église, selon trois critères : 

  1. attention au contenu et à l’unité de toute l’Écriture;

  2. lecture de l’Écriture dans la tradition vivante de l’Église ;

  3. respect de l’analogie de la foi, c’est-à-dire de la cohésion harmonieuse des vérités de la foi entre elles.

Ces critères peuvent paraître flous et difficiles à cerner. Leur fonction première est de nous mettre en garde pour ne pas céder à la tentation de sortir un passage spécifique de son contexte, ou d’oublier de prendre en compte l’histoire et la tradition de l’Église.

Le Catéchisme de l’Église Catholique décrit ces critères en précisant que le lecteur doit faire attention aux différents « sens » de l’Écriture, sachant que la Bible en possède plusieurs (CCC 115-117) :

Selon une ancienne tradition, on peut distinguer deux sens de l’Écriture : le sens littéral et le sens spirituel, ce dernier étant subdivisé en sens allégorique, morale et anagogique. La concordance profonde de ces quatre sens assure toute sa richesse à la lecture vivante de l’Écriture dans l’Église :

Le sens littéral est le sens signifié par les paroles de l’Écriture et découvert par l’exégèse qui suit les règles de la juste interprétation : “Tous les sens de la Sainte Ecriture trouvent leur appui dans le sens littéral.”

Le sens spirituel. Grâce à l’unité du dessein de Dieu, non seulement le texte de l’Écriture, mais aussi les réalités et les évènements dont il parle peuvent être des signes.

Le sens allégorique. Nous pouvons acquérir une compréhension plus profonde en reconnaissant leur significations dans le Christ ; ainsi, la traversée de la Mer Rouge est un signe de la victoire du Christ, ainsi que le Baptême.

Le sens moral. Les événements rapportés dans l’Écriture peuvent nous conduire à agir justement. Comme le disait St Paul, elles ont été écrites “pour notre instructions”.

Le sens anagogique (en grec, anagoge, “guider”) Nous pouvons voir les réalités et événement dans leur signification éternelle, nous conduisant vers notre terre promise : ainsi, l’Église sur terre est un signe de Jérusalem Céleste.

Pour comprendre au mieux la Bible, les catholiques sont surtout invités à s’appuyer sur quelque 2.000 ans d’enseignement afin de conserver l’intention de ses auteurs et les croyances des premiers chrétiens. On trouve dans les écrits de saint Augustin, un bon exemple d’approche de la Bible. Ce dernier écrivait à saint Jérôme en disant : « Si je trouve quoique ce soit qui contredit la vérité dans ces écrits, je présume que soit le codex est inexacte, soit le traducteur n’a pas suivi ce qui était dit, ou c’est moi qui n’ai pas bien compris. »