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Élia, 8 ans, ne demandait pas de guérir mais d’avoir la vie éternelle

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Décédé d’une tumeur maligne rare pendant le confinement, le jeune Elia, 8 ans, a marqué les siens par sa foi et sa joie de vivre contagieuses. La rédaction de Aleteia Italie a rencontré ses parents.

Sa vie, aussi courte a-t-elle été, a marqué sa famille et bien plus encore. Elia Salvagno est mort le 29 mars dernier à l’âge de 8 ans. Issu d’une fratrie de cinq enfants, ce jeune Italien était malade depuis l’âge de 2 ans. On lui avait diagnostiqué un rhabdomyosarcome, un nom barbare qui désigne une tumeur maligne très rare qui affecte les enfants. Depuis, il enchaînait chimiothérapie, radiothérapie, biopsies, hospitalisations et opérations, avec un seul petit répit de deux ans.

Survient une première rechute, puis une deuxième. Au milieu de la tempête, le petit garçon reste debout et édifie son entourage par son courage et sa joie de vivre. « Il avait une vitalité et une force incroyables »,  souligne sa mère Annalisa auprès d’Aleteia. « C’était un garçon très extraverti et gai », renchérit Marco, son père. Ses parents font partie du Chemin néocatéchuménal, un mouvement de l’Église catholique né dans les années 1960. C’est pour eux un soutien précieux durant ce temps d’épreuve.

« Mais maman, tout le monde prie pour la guérison. Il faut demander des choses importantes comme la vie éternelle. »

« Il avait un bel esprit, très positif, très combatif : c’était un enfant fort, il ne se laissait pas abattre », témoigne son père. « Il savait qu’il était malade et il disait : “J’ai été malade plusieurs fois, cela va passer cette fois également”. La dernière fois, il m’a dit : “Je serai le patron des malades”. Il avait commencé à écrire un livre de blagues, il était original et gai, ses réponses nous surprenaient. C’était un enfant qui avait une grande foi ».

FAMIGLIA SALVAGNO,
Famiglia Salvagno
Elia et ses parents rencontrent le pape François.

Alors que le petit garçon est au plus mal et que de nombreuses prières sont lancées pour sa guérison dans des couvents, des communautés, des familles et des groupes de prière, la famille reçoit la visite d’un ami, frère Massimo, religieux franciscain. Celui-ci s’approche d’Elia et lui demande quelle est la chose la plus importante qu’il souhaite demander à Jésus à ce moment-là. « Il nous a coupé le souffle car il a répondu : “la vie éternelle” », raconte sa mère. « Nous étions tous sans voix ». Plus tard, quand elle lui demande pourquoi il n’a pas demandé à guérir, il lui répond : « Mais maman, tout le monde prie pour une guérison. Il faut demander des choses importantes comme la vie éternelle ». « Le Seigneur a écouté la prière d’Elia », conclut-elle.

« Maman, quand je reçois la communion, je peux vraiment parler de cœur à cœur avec Jésus. »

Le 6 janvier dernier, Elia a fait sa première communion. Amis, famille, proches et moins proches étaient présents. Et même s’il ne se sent pas très bien ce jour-là et qu’il se trouve être très faible, il n’a pas mangé depuis trois jours, il tient à rester jusqu’au bout et à participer à la fête qui suit la célébration. « Maman, quand je reçois la communion, je peux vraiment parler de cœur à cœur avec Jésus », dira-t-il à sa mère. Son médecin préféré ? Jésus.

Elia meurt le 29 mars dans une Italie confinée jusqu’au cou. Si la tristesse est évidemment présente, sa mère confie avoir ressenti « une légèreté et une paix incroyables » au moment de la mort de son fils. Petit clin d’œil du ciel, l’Évangile du jour était celui de la résurrection de Lazare. Au moment des funérailles, autour du corps d’Elia, le prêtre, ses parents et ses frères et sœurs. « Nos enfants ont compris qu’Elia n’était pas mort mais qu’il nous précédait au Ciel avec Jésus. Elia a rapproché beaucoup de personnes de Dieu. Nombreux sont ceux qui ont prié pour lui et ont ainsi redécouvert le dialogue avec le Seigneur. Au final, je crois que cette terrible souffrance a un sens. Mon fils nous invite à regarder vers le Ciel et à faire confiance à Dieu », confie Marco. « Je veux qu’Elia soit un instrument d’évangélisation », ajoute Annalisa. « Il me manque beaucoup et la souffrance ne m’est pas épargnée, mais je choisis d’être plus dans la reconnaissance que dans la tristesse : je suis plus reconnaissante d’avoir eu Elia qu’attristée par son départ ».