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Au Nigéria, des massacres presque quotidien

djihadiste nigeria
Un véhicule calciné après une attaque djihadiste dans la région d'Auno, dans le nord du Nigéria, en février 2020.
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Les zones transfrontalières du nord du Nigéria ne sont plus les seules visées par des actes de terrorisme. À l’intérieur du pays, des milices peules se sont formées et tentent de prendre le contrôle des terres, souvent au détriment de chrétiens. Cette semaine encore, 21 personnes ont été tuées dans le nord-ouest du pays par un groupe de « bandits ».

L’appel lancé le 23 mars dernier par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, à un « cessez-le-feu mondial et immédiat », et repris quelques jours plus tard par le pape François, n’y auront donc rien fait. Alors que le monde est toujours touché par la pandémie du Covid-19, les actes de terrorisme perdurent au Nigéria. La police locale a indiqué ce vendredi 5 juin qu’au moins 21 personnes avaient été tuées dans le nord-ouest du pays lors d’une dernière vague d’attaques sanglantes. Quinze personnes ont été tuées mardi par un groupe d’hommes armés qui tentaient de leur voler du bétail. Les mêmes assaillants son revenus le lendemain, et ont tué six autres personnes. Déjà dans la nuit du vendredi 29 mai, le président de l’Association chrétienne du Nigeria (CAN), Mgr Joseph Masin, avait été enlevé au nord du pays par un groupe d’hommes armés, avant d’être libéré par la police. Au mois de janvier dernier, quatre séminaristes du diocèse de Kaduna avaient été kidnappés, et l’un d’entre eux avait été tué.

Les bergers peuls de plus en plus présents

Depuis, la situation ne s’améliore pas. Si le terrorisme est en train de prospérer principalement au nord du pays, à la frontière avec le Niger, il a encore gagné du terrain récemment. Les organisations terroristes, comme Boko Haram ou l’ISWAP (État Islamique en Afrique de l’Ouest), ne sont plus les seules. Les populations vivant dans la « ceinture centrale », à la zone de contact entre le nord et le sud du pays, doivent en effet faire face à des milices peuls armées, composées essentiellement de bergers radicalisés, qui se battent pour avoir un meilleur accès aux pâturages. « Ces bergers peuls ont adopté la culture terroriste et mettent à sac des villages. Ils agressent les gens pour récupérer les terres, et brûlent des temples et des églises », assure à Aleteia Alexandre Fontana, de l’ONG nigériane PSJ (International organisation for peace building and social justice). D’après cette organisation humanitaire, « les massacres sont presque quotidien ». Ils frappent notamment les agriculteurs chrétiens de ces régions.

Les prêtres et religieux en première ligne

En charge du Nigéria pour l’Aide à l’Église en Détresse, Kinga Poschinger, affirme elle aussi à Aleteia que « de plus en plus, ces attaques ciblées et ces enlèvements sont dirigés contre des prêtres et des religieux ». Cependant, « il n’est pas facile de déterminer si la principale raison de ces attaques est le désir d’argent ou de choses matérielles, ou bien si la foi des victimes joue un rôle ». Il y a un peu plus d’un an, au mois de janvier 2019, l’ONG Portes Ouvertes affirmait déjà que 90% des chrétiens tués dans le monde l’étaient au Nigeria. Plus récemment, le groupe de défense des droits de l’Homme « Comité international sur le Nigeria », basé aux États-Unis, a signalé que les bergers extrémistes peuls seraient responsables de la mort de 17.000 personnes entre 2015 et 2020, comme le rapporte l’AED.