La Conférence des évêques de France (CEF) estime que la période de confinement a privé les diocèses d'au moins 40 millions d'euros. Elle va lancer un vaste appel aux dons dans les prochains jours.
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L’Église de France n’a pas été épargnée par la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19. « La perte de ressources durant la période de confinement est estimée, au minimum, entre 40 et 50 millions d’euros, soit 10 à 15% des ressources de l’Église », a annoncé Ambroise Laurent, chargé des questions économiques, sociales et juridiques au sein de la Conférence des évêques de France (CEF) ce jeudi 4 juin. « Si les églises n’étaient pas fermées pendant le confinement, elles n’en étaient pas mois inaccessibles aux fidèles pour la célébration des messes pendant environ dix dimanches, y compris les offices de la Semaine sainte », explique-t-il.
Chaque année la quête, les offrandes de messe et les casuels représentent près de 60% des ressources financières de l’Église, avec de grande disparité d’un diocèse à l’autre. Le reste est composé pour l’essentiel du denier du culte. Or durant toute la période du confinement l’Église a été privée de quête mais aussi des casuels. « Il n’y a pas eu de célébration de baptême ou de mariage pendant deux mois », rappelle Ambroise Laurent.

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Si des systèmes existant comme l’application La Quête sont montés en puissance à la faveur du Covid, la CEF a rapidement mis en place un système national de quête en ligne qui lui a permis de récolter 1,7 million d’euros. S’il n’y a pas eu de raz-de-marée, « nous avons quand même eu 45.000 donateurs qui ont versé en moyenne 40 euros chacun », se félicite-t-il. L’apport maximum de ses solutions est évalué entre 3 et 4 millions d’euros sur toute la période soit, environ 5 à 10% du montant de la perte de ressources.
Dix diocèses « dans le rouge vif »
Que va-t-il se passer désormais ? Les dons ayant diminué et les dépenses étant restées stables, les finances de certains diocèses va rapidement se retrouver exsangue. 90% des diocèses ont dû demander des reports de charges et d’emprunts et dix diocèses « sont dans le rouge vif » et anticipent d’être en trésorerie négative fin juin, même en appliquant ces reports. Pour y faire face, il leur sera possible de faire appel à une solidarité interdiocésaine, c’est-à-dire entre les diocèses d’une même région. « Il s’agit d’une solidarité pragmatique : au niveau de chaque province les économes des différents diocèses se connaissent et peuvent s’entraider », explique-t-il. « Mais c’est une situation ponctuelle et les diocèses demeurent autonome ». Pour les soutenir, la CEF lance un vaste appel aux dons du 13 au 28 juin. « Si cette campagne ne fonctionne pas, le nombre de diocèses en difficulté va passer à vingt-cinq d’ici la fin de l’été » prévient Ambroise Laurent.
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