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Après le confinement, il manque 40 millions d’euros aux diocèses, un appel aux dons lancé

JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Lors de la messe de la Pentecôte, le 31 mai, à Chartres.
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La Conférence des évêques de France (CEF) estime que la période de confinement a privé les diocèses d’au moins 40 millions d’euros. Elle va lancer un vaste appel aux dons dans les prochains jours.

L’Église de France n’a pas été épargnée par la crise économique engendrée par la pandémie de Covid-19. « La perte de ressources durant la période de confinement est estimée, au minimum, entre 40 et 50 millions d’euros, soit 10 à 15% des ressources de l’Église », a annoncé Ambroise Laurent, chargé des questions économiques, sociales et juridiques au sein de la Conférence des évêques de France (CEF) ce jeudi 4 juin. « Si les églises n’étaient pas fermées pendant le confinement, elles n’en étaient pas mois inaccessibles aux fidèles pour la célébration des messes pendant environ dix dimanches, y compris les offices de la Semaine sainte », explique-t-il.

Chaque année la quête, les offrandes de messe et les casuels représentent près de 60% des ressources financières de l’Église, avec de grande disparité d’un diocèse à l’autre. Le reste est composé pour l’essentiel du denier du culte. Or durant toute la période du confinement l’Église a été privée de quête mais aussi des casuels. « Il n’y a pas eu de célébration de baptême ou de mariage pendant deux mois », rappelle Ambroise Laurent.

Si des systèmes existant comme l’application La Quête sont montés en puissance à la faveur du Covid, la CEF a rapidement mis en place un système national de quête en ligne qui lui a permis de récolter 1,7 million d’euros. S’il n’y a pas eu de raz-de-marée, « nous avons quand même eu 45.000 donateurs qui ont versé en moyenne 40 euros chacun », se félicite-t-il. L’apport maximum de ses solutions est évalué entre 3 et 4 millions d’euros sur toute la période soit, environ 5 à 10% du montant de la perte de ressources.

Dix diocèses « dans le rouge vif »

Que va-t-il se passer désormais ? Les dons ayant diminué et les dépenses étant restées stables, les finances de certains diocèses va rapidement se retrouver exsangue. 90% des diocèses ont dû demander des reports de charges et d’emprunts et dix diocèses « sont dans le rouge vif » et anticipent d’être en trésorerie négative fin juin, même en appliquant ces reports. Pour y faire face, il leur sera possible de faire appel à une solidarité interdiocésaine, c’est-à-dire entre les diocèses d’une même région. « Il s’agit d’une solidarité pragmatique : au niveau de chaque province les économes des différents diocèses se connaissent et peuvent s’entraider », explique-t-il. « Mais c’est une situation ponctuelle et les diocèses demeurent autonome ». Pour les soutenir, la CEF lance un vaste appel aux dons du 13 au 28 juin. « Si cette campagne ne fonctionne pas, le nombre de diocèses en difficulté va passer à vingt-cinq d’ici la fin de l’été » prévient Ambroise Laurent.