Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 28 octobre |
Saint Jude
home iconFor Her
line break icon

Cinq idées reçues sur la ménopause

WOMAN

Shutterstock-ESB Professional

Mathilde de Robien - Publié le 02/06/20

Etape naturelle dans la vie d’une femme, la ménopause est pourtant perçue, dans les pays occidentaux, de manière négative. Et si changer son regard sur cette période assimilée, à tort, à la fin de la féminité, permettait de la vivre plus sereinement ?

Synonyme de bouffées de chaleur, d’entrée dans la vieillesse ou encore de suivi médical amplifié, la ménopause est bien souvent réduite à ses symptômes ou considérée comme une pathologie pour laquelle un traitement hormonal est nécessaire. Cependant, elle demeure d’abord un processus naturel, – l’arrêt du cycle ovarien, – marqué par l’arrêt définitif des règles et la perte de la fertilité, survenant en moyenne entre 45 et 55 ans. Cécile de Williencourt, sage-femme à l’initiative d’ateliers sur le cycle féminin, invite, dans son livre Trésors de Femme (à paraître chez Mame), à vivre cette transition de manière positive. Un premier pas consiste à briser certains mythes autour de la ménopause.

Idée reçue n°1La ménopause arrive du jour au lendemain

La ménopause ne signe pas la fin de la fertilité en un jour. C’est un processus long qui commence par une période de transition appelée périménopause et qui peut durer de dix à vingt ans, généralement entre 35 et 55 ans. Pour la plupart des femmes, les règles diminuent graduellement, les cycles deviennent irréguliers, les hormones ovariennes chutent ainsi que le taux de fertilité. Quand les règles ont cessé pendant un an, on dit alors qu’une femme est ménopausée.

Idée reçue n°2La ménopause est une maladie

« Non, la ménopause est un phénomène physiologique aussi naturel que la naissance, la puberté et les menstruations », martèle Cécile de Williencourt. « Cette période de transition concerne toutes les femmes, de tout temps, quelles que soient leur culture et leur origine ethnique. » Loin d’être une maladie, la sage-femme souligne qu’elle est une étape normale dans le développement physiologique des femmes. Mais « en décrivant la ménopause comme une « carence » ou un « dérèglement hormonal », causant de nombreux troubles physiques et psychologiques, le discours médical entretient l’idée qu’elle est un problème de santé à soigner », regrette-t-elle, presqu’une pathologie.

Idée reçue n°3Les symptômes pourrissent la vie de toutes les femmes

Bouffées de chaleur, prise de poids, troubles urinaires, assèchement de la peau et des muqueuses, ostéoporose, risques cardiovasculaires, troubles du sommeil, sautes d’humeur… Si la liste des symptômes possibles est longue, il convient de préciser que tous n’affectent pas toutes les femmes. En outre, « leur intensité et la durée de leur manifestation varie : certaines femmes y échappent, tandis que d’autres en sont très gênées », explique l’Inserm. Selon l’Institut, si 80% des femmes présentent bien un autre symptôme que l’arrêt des règles, seulement 20 à 25% se plaignent de troubles affectant leur qualité de vie à un moment ou à un autre de leur ménopause. De son côté, Cécile de Williencourt constate que « dans les cultures où la ménopause est vécue comme un événement positif, les symptômes se manifestent bien moins intensément ou même pas du tout ».

Idée reçue n°4La ménopause, c’est le début de la vieillesse

Si l’on ne peut nier les changements d’ordre physique qui se manifestent dès la périménopause (sécheresse de la peau, perte de cheveux…), la fin de la fertilité n’est pas non plus synonyme de vieillesse. « Une femme peut espérer vivre encore trente ou quarante ans après sa ménopause », calcule la sage-femme. Ce n’est pas la ménopause qui fait entrer une femme dans la vieillesse, mais plutôt chacun des jours qui la sépare de sa naissance. « Chaque être humain vieillit un peu chaque jour », énonce sagement Cécile de Williencourt. « Et ce vieillissement se manifeste indépendamment de la ménopause. » De plus, l’arrêt du cycle féminin ne signifie pas pour autant la fin du rôle actif que peut avoir une femme au sein de la société ou au sein de sa famille.

Idée reçue n°5La ménopause, c’est la fin de la sexualité

Certes, « avec l’âge, les réactions sexuelles de l’homme et de la femme ralentissent, mais cela n’indique pas la fin du désir sexuel ni la fin du bonheur à se témoigner l’amour réciproque par les corps qui s’unissent », constate la sage-femme. Cela peut être le temps de la tendresse, des baisers, des caresses. Bénédicte Lucereau, conseillère conjugale, confiait dernièrement à Aleteia combien l’image de la sexualité dans le monde occidental était faussée, notamment par la pornographie. Il est important de rappeler que la sexualité peut aussi être empreinte de douceur, de lenteur. « La sexualité est d’abord un langage », rappelait-elle. « Elle est une façon d’exprimer son amour, de vivre dans son corps la communion des époux, une manière de se donner entièrement l’un à l’autre. » Un langage qui ne s’arrête pas avec la fin de la fertilité de la femme. Et au contraire, fait remarquer Cécile de Williencourt, la ménopause apporte parfois une certaine libération par rapport à l’angoisse éventuelle d’une grossesse, dans les cas où le couple observait une méthode naturelle de régulation des naissances.

Trésors de femme, un nouveau regard sur le corps féminin de la puberté à la ménopause, Cécile de Williencourt, Mame, à paraître le 5 juin 2020, 16,90 euros.


WOMAN

Lire aussi :
Ces révélations sur le cycle féminin vont changer votre vie




Lire aussi :
Peut-on se fier aux applis de suivi du cycle féminin ?

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
femmesfertilite
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Camille Dalmas
Derrière la phrase du Pape sur les homosexuel...
Mathilde de Robien
Franz et Franziska Jägerstätter, un couple un...
Marzena Devoud
Le rituel matinal du pape François avant de s...
statue de femme les yeux bandés
Mgr Benoist de Sinety
Dans nos aveuglements, le diable montre son v...
belle mère et belle fille
Jeanne Larghero
S’embrouiller avec sa belle-mère en trois leç...
dessin caricature
Guillaume de Prémare
Terrorisme islamique : l’impasse du droit au ...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement