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L’Esprit saint, ou le mystère de l’amour

Chapelle Notre-Dame de-la-Médaille-Miraculeuse. Le Saint-Esprit plane dans une lumière rayonnante entre deux anges adorants.
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Fête de l’effusion de l’Esprit saint sur le monde, la Pentecôte est l’occasion de mieux connaître la troisième et la plus mystérieuse personne de la Trinité. Car le secret de l’Esprit consiste dans son effacement au profit du Père et du Fils.

Une des causes du mystère qui entoure l’Esprit saint réside dans son anonymat. En effet, l’Esprit ne possède pas de nom propre, contrairement aux deux autres Personnes divines. « Saint » et « Esprit » peuvent être dits également du Père et du Fils. Dieu est esprit et, de surcroît, il est saint. L’Esprit recueille donc en lui, condense dans sa personne, toute la nature divine, tout ce qui fait que Dieu est Dieu. Son nom désignant ce qui est commun à Dieu, il est logique qu’il soit Celui qui scelle l’unité du Père et du Fils, comme il est Celui qui consolide l’unité de l’Église.

À cet anonymat s’ajoute sa discrétion. L’Esprit saint se cache dans ses manifestations. Il s’efface derrière les charismes et les dons qu’il prodigue à l’Église. D’ailleurs, les images qui le symbolisent sont évanescentes et nous glissent entre les mains : le souffle, le feu, l’eau, le parfum, l’onction, la colombe. Ces symboles signifient qu’il est impossible de saisir l’Esprit saint, de mettre la main sur lui. Mais n’en va-t-il pas pareillement pour Dieu ? C’est la raison pour laquelle il est pertinent d’affirmer que la troisième Personne de la Trinité représente la personnification de la nature divine.

L’Esprit saint n’ajoute rien à la Parole de Dieu

Ce qui rend l’Esprit encore plus mystérieux, ce sont les rapports qu’il entretient avec la Parole de Dieu — Parole qui s’est incarnée en Jésus de Nazareth. On pourrait penser que la venue de l’Esprit allait ajouter un « plus » à la révélation divine réalisée en Jésus-Christ. Or, ce n’est pas ce que l’Écriture nous apprend. Jésus dit de l’Esprit « ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même […] L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (Jn 16, 13-14). L’Esprit ne nous amène pas au-delà de la Parole. Il s’en constitue au contraire à la fois le gardien, l’approfondissement et l’intériorisation en nous. Il ne situe pas à côté d’elle, mais en elle. N’ajoutant rien à la Parole divine, il en déploie toutes les implications pratiques et théoriques dans le temps et l’espace. Il porte le Verbe à toutes les nations. À cette fin, il aiguillonne l’inventivité des hommes.

L’Esprit du Père

De plus, comme il est également l’Esprit du Père (Jn 16, 7 ; Jn 14, 16) de qui il procède éternellement, et dont il opère avec le Fils l’œuvre de salut, il est au service des deux premières personnes de la Trinité. Ici encore, l’Esprit semble s’effacer afin de révéler aux croyants la paternité essentielle de Dieu en répandant dans nos cœur l’amour filial « qui nous fait nous écrier : “Abba, Père !” » (Rm 8, 15). Paul insiste sur ce point : « C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8, 16). Ne désirant pas retenir l’attention des disciples sur lui-même, l’Esprit conduit au Père, de la même façon qu’il glorifie le Fils et fait fructifier son œuvre de salut dans l’Église.

L’Esprit Saint est oubli de soi

Ainsi, que ce soit avec la Parole ou avec la source de la Trinité, le Père, chaque fois l’Esprit saint se donne à nous afin de nous faire entrer dans le mystère des deux autres personnes divines. Il est comme le milieu spirituel où nous rendons gloire au Père par le Fils. L’Esprit est oubli de soi à leur profit et à celui des croyants. À son école, nous apprenons que vivre selon les mœurs de Dieu, cela consiste à se donner soi-même. Le Père ne donne-t-Il pas la divinité à son Fils en l’engendrant ? Et de son côté, le Fils ne se donne-t-il pas en retour à son Père dans l’éternité, comme il le fera dans le temps par le sacrifice du Calvaire ? Personnification de la nature intime du Dieu-Amour, l’Esprit s’efface devant le Père et le Fils en œuvrant à leur gloire, tout en poussant les hommes à louer le Dieu trois fois saint.

Le mystère de l’amour

Nous avons résolu en partie l’énigme de l’Esprit. Son mystère tient dans son effacement. Voilà pourquoi il est Celui qui rend Jésus présent dans l’Église, les charismes et les sacrements. L’amour est oubli de soi au bénéfice de l’aimé. C’est la raison pour laquelle l’Esprit est aussi indicible que l’amour que nous portons à celui, ou celle, qui est l’objet de notre dilection.