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Mgr Colomb : « Pauline Jaricot a mis l’Évangile et le Christ au centre de sa vie »

La maison de Lorette à Lyon, maison de Pauline Jaricot.
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La Vatican a annoncé le 27 mai la reconnaissance d’un miracle attribué à la vénérable Pauline Jaricot, fondatrice de l’œuvre catholique de la Propagation de la foi, à l’origine des Œuvres pontificales missionnaires (OPM). Son directeur pour la France, Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, revient sur l’importance de cette figure de la mission..

Le pape François a ouvert cette semaine la voie à la béatification prochaine de la Française Pauline Jaricot. Le directeur des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) et ancien supérieur général des Missions étrangères de Paris (MEP), Mgr Georges Colomb, revient pour Aleteia sur cette « grande nouvelle ». Selon lui, « Pauline Jaricot a donné en héritage aux OPM l’image d’une femme active, d’une femme de prière, pleine d’intuition et combative. » Il se réjouit d’une béatification prochaine, qui va sans aucun doute « réveiller l’esprit missionnaire ».

Aleteia : Que représente la béatification prochaine de la vénérable Pauline Jaricot pour toute la branche missionnaire de l’Église ?
Mgr Georges Colomb :
cette béatification est vraiment une grande joie et une grande nouvelle, en particulier pour tous ceux qui bénéficient de l’aide des missionnaires, tous ceux qui sont attachés à la mission, et pour les prêtres qui sont eux-mêmes en ce moment dans des pays de mission. C’est la reconnaissance de la foi active et du dynamisme missionnaire d’une jeune fille qui est née à la fin du XIXe, et qui, pour son époque, était un petit génie. On trouve chez elle à la fois des préoccupations sociales, et le grand désir d’annoncer Jésus-Christ, que l’on retrouve chez tant d’autres missionnaires.

La vie de Pauline Jaricot, c’est aussi la démonstration qu’on peut contribuer à la vie missionnaire d’une manière magnifique tout en étant à Lyon, à Paris ou à La Rochelle.

Même si elle-même n’est jamais partie en mission, elle a mis en place en France des institutions qui aident à la mission et qui ont fait leurs preuves. La vie de Pauline Jaricot, c’est aussi la démonstration qu’on peut contribuer à la vie missionnaire d’une manière magnifique tout en étant à Lyon, à Paris ou à La Rochelle. La béatification prochaine de Pauline Jaricot est un grand encouragement donné à tous ceux qui soutiennent la mission.

Bruno LEVY/CIRIC
Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes.

En quoi l’œuvre de Pauline Jaricot en faveur de la mission a-t-elle eu une fécondité incontestable ?
La vie de Pauline Jaricot a eu une fécondité matérielle évidente, car elle avait un esprit d’entrepreneur. Chaque année, l’œuvre des OPM, dont elle est l’inspiratrice, collecte environ 200 millions d’euros pour les pays de mission les plus pauvres. Cela fait presque 200 ans que les OPM existent, ce n’est pas rien ! Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, de très nombreux missionnaires sont partis de France : jusqu’en 1914, presque deux missionnaires sur trois dans le monde étaient français. Ce n’est certainement pas la seule influence de Pauline Jaricot, mais elle y a joué son rôle.

Quel héritage a laissé Pauline Jaricot aux OPM ?
Pauline Jaricot a laissé aux OPM l’héritage d’une jeune fille qui est une femme de prière, active, pleine d’intuition, et qui est combative. Sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille, loin de là… Elle a vécu la période du développement industriel à outrance, avec ces gens qui quittaient les campagnes françaises pour aller en ville, et qui vivaient dans des conditions difficiles. Elle s’est également intéressée à la question sociale, au sort des ouvriers.

Elle a créé la « Banque du ciel », persuadée que la conversion des travailleurs passait par le respect de leur dignité.

Elle était vraiment une femme de son temps. Elle s’est intéressée au sort des prostitués, elle a créé la « Banque du ciel », persuadée que la conversion des travailleurs passait par le respect de leur dignité. C’est quelqu’un qui était extrêmement pragmatique, et qui était en avance sur son temps. Pauline Jaricot est une femme qui a mis l’Évangile et le Christ au centre de sa vie.

La prochaine béatification de Pauline Jaricot peut-elle donner un nouvel élan à la dimension missionnaire de l’Église ?
Oui bien sûr, c’est en tout cas ce que j’espère. Aujourd’hui, il y en a grand besoin de vocations de jeunes qui répondent à l’appel du Seigneur pour notre pays, mais aussi pour des pays de mission. La catholicité de l’église se vit dans cette rencontre entre des prêtres du pays et des prêtres qui viennent d’ailleurs. On peut penser que cette béatification va réveiller l’esprit missionnaire, et on ne peut que s‘en réjouir.

 

Pour mieux connaître la vie de Pauline Jaricot et prier avec elle,

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