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« Ce qui a fait tenir le pays ce sont les petits boulots… et les maires »

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Antoine WDOWCZYNSKI / Hans Lucas

La France se prépare à un confinement plus sévère. Les files d'attentes aux caisses et devant les magasins commencent a s'étendre. 16 mars 2020, Paris.

Agnès Pinard Legry - Publié le 29/05/20

Tandis que les 30.000 conseils municipaux élus au complet au premier tour des municipales ont tous été installés ces derniers jours et que la campagne du second tour pour les autres communes commence, Xavier Lemoine, maire sortant réélu de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), revient pour Aleteia sur la délicate mission des édiles pendant le confinement.

Réélu mi-mars dès le premier tour des élections municipales avec près de 59% des voix, Xavier Lemoine (SE), maire sortant de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), revient pour Aleteia sur la délicate mission des édiles pendant le confinement. Extrêmement sollicités, les maires ont eu un rôle central à jouer lorsque l’État s’est trouvé bien démuni par rapport aux nécessités opérationnels face au Covid-19. « Ce qui a fait tenir ce pays ce sont les petits boulots : les livreurs, les caissières, les infirmiers… et les maires », explique-t-il.

Aleteia : Comment a évolué le rôle du marie ces derniers mois ?
Xavier Lemoine : Le dernier mandat que nous avons vécu, nous les maires, sous la présidence de François Hollande puis celle, à ses débuts, d’Emmanuel Macron, témoigne d’une grande relégation du rôle du maire. C’est une pièce en trois actes. Il y a donc eu cette première période où on ne jurait que par l’intercommunalité, les métropoles etc. et dans lequel le maire local était passé par pertes et fracas. Puis il y a eu la crise des Gilets jaunes et la grande consultation menée par le président de la République. L’astuce d’Emmanuel Macron a été de comprendre qu’il ne fallait ni oublier, ni négliger les maires, ce qui était trop souvent le cas comme en ont témoigné les tensions lors du dernier congrès des maires porte de Versailles. Mais avec l’arrivée du Covid-19, l’Etat s’est trouvé bien démuni par rapport aux nécessités opérationnelles. Ce qui a fait tenir ce pays ce sont les petits boulots : les livreurs, les caissières, les infirmiers… et les maires. Pour venir en aide aux hôpitaux en détresse etc. ce sont les maires, les associations et la société civile à un niveau local qui se sont mobilisés et ont multiplié les pirouettes et prouesses pour permettre à la société de tenir du mieux possible.

À chaque fois que nous avons pu apporter un soutien logistique, nous l’avons fait afin de créer des chaines de solidarité.

Quel a été votre quotidien pendant le confinement ?
À Montfermeil, nous nous sommes débrouillés pour fournir nos hôpitaux en gel hydroalcoolique. Nous avons écrit aux quelque 2.500 entreprises installées dans et autour de la ville pour savoir s’ils avaient des surblouses ou des surchaussures à donner. Toutes les entreprises de ménage, peinture, carrossiers… ont vidé leurs stocks. Ça a été un très bel élan de générosité et heureusement qu’on a eu ça au début avant que les autorités ne prennent partiellement le relais. Un atelier de confection textile a rouvert ses portes, nous sommes allés chercher du tissu chez des grands-mères… Au total, nous avons réalisé plusieurs dizaines de milliers de blouses. À Montfermeil, nous avons mis en place une laverie industrielle dans un gymnase afin de laver chaque jour 800 blouses. Nous avons également lancé un appel à bénévoles pour confectionner quelque 5.000 masques en tissus. Concernant la distribution alimentaire, il y a eu une floraison d’initiatives citoyennes, associatives… À chaque fois que nous avons pu apporter un soutien logistique, nous l’avons fait afin de créer des chaines de solidarité.

C’est aux maires de gérer le SAV de cette ruine économique et sociale dont on constate à peine les premiers effets qui vont s’accentuer au fur et à mesure des faillites d’entreprises dans les semaines et mois à venir.

Quelles sont vos priorités pour l’après-confinement ?
En tant que maires, nous allons continuer ce que nous faisions déjà avec une implication supplémentaire dans des domaines qui n’étaient pas les nôtres et auxquels il nous a fallu faire face. À titre personnel, je vis très mal la période actuelle. Début mars, nous étions démunis quant aux soins, aux traitements… Le confinement a été une décision brutale, rapide, autoritaire et systématique très punitive que l’on pouvait néanmoins comprendre au début. Mais après toute la polémique sur les masques, le discours officiel est devenu de moins en moins audible. Il y a eu un réel effritement de la confiance en la parole publique. Il y a eu une cacophonie officielle sur les traitements qui a entrainé une extrême lenteur de la reprise. Mais maintenant, c’est aux maires de gérer le SAV de cette ruine économique et sociale dont on constate à peine les premiers effets qui vont s’accentuer au fur et à mesure des faillites d’entreprises dans les semaines et mois à venir. Je suis profondément amer sur la manière dont l’État s’y est pris pour gérer le confinement et le déconfinement. La casse aurait pu pour partie être évitée.

Y a-t-il quelque chose de positif à tirer de cette période néanmoins ?
Comme le dit le chant « L’Espérance » même le plus noir nuage a sa frange d’or… Nous avons vu de formidables gestes de solidarité tout au long de ces deux mois à tous les niveaux et dans de nombreux domaines. Mais je ne me console pas de cette situation qui aurait pu être gérée d’une autre manière.

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