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Mois de Marie : quel est le sens spirituel de la virginité de la Mère de Dieu ?

MOTHER MARY
Anett Horvath | Shutterstock
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La virginité de Marie n’est pas seulement une réalité biologique. Elle possède une signification spirituelle. Marie est restée vierge parce qu’elle était consacrée à Dieu afin de rester toujours disponible à Ses inspirations.

La virginité de Marie manifeste d’abord sa consécration totale à Dieu. Triple consécration : au Père dont elle épouse le dessein ; au Fils qu’elle engendre et seconde dans son œuvre rédemptrice ; à l’Esprit saint dont elle accueille favorablement les inspirations. Sa virginité est l’expression, inscrite dans tout son être, de sa disponibilité à Dieu. Mère de Dieu, elle se tient prête à chaque instant à obéir à la volonté de Celui qui l’a appelée à la plus grande vocation qui échut jamais à une créature. La volonté divine accapare à ce point son esprit qu’elle ne peut concevoir nouer un attachement qui entrerait en concurrence avec elle. La virginité perpétuelle de Marie atteste qu’elle préfère la volonté de Dieu et l’amour de ses frères et de ses enfants à sa volonté propre. Il s’agit d’ailleurs d’une consécration dynamique et méritoire : Marie a dû grandir dans la foi, l’amour et l’intelligence du plan divin. Elle a intégré par étapes successives la nouveauté de la prédication de son Fils, ainsi que celle de la Croix.

Fécondité de la virginité

De plus, la virginité perpétuelle de Marie est le signe de sa parfaite connaissance et re-connaissance de la paternité universelle de Dieu. Consciente que Dieu est cause première de tout, elle sait qu’elle ne perd rien à n’appartenir qu’à Lui. Sa foi dans la toute-puissance divine lui fait pressentir que sa virginité ne fera pas obstacle à la fécondité que Dieu a prévue pour elle. La conception virginale de Jésus est la parfaite illustration de cette vérité. L’engendrement de son Fils sans père humain charnel manifeste, dans la chair de la Vierge, que la virginité n’est pas synonyme de disgrâce desséchante et stérile. La virginité de Marie n’est pas une virginité par défaut, mais une grâce de surabondance, une virginité féconde. Elle est un « oui » perpétuel qui fait écho aux deux « oui » prononcés par le Père et le Fils : « oui » du Père qui donne son Fils au monde et « oui » du Fils qui obéit au Père. À ces deux « oui » divins, la mère de Jésus prête le concours de sa virginité qui se traduit par sa promptitude à obéir sans rechigner à ce que la Trinité lui demande.

La fécondité de sa virginité ne s’arrêtera pas à la conception de son Fils. Jésus l’instituera mère de l’humanité du haut de la Croix. « Fils, voici ta mère », dit-il à saint Jean en lui désignant Marie. Aussi sa fécondité spirituelle découle-t-elle de sa virginité elle-même spirituelle. Sa maternité universelle est le fruit de sa disponibilité à répondre à toutes les initiatives divines.

Une foi virginale qui ne dicte pas à Dieu Sa conduite

C’est une règle générale : afin de recevoir Dieu en nous, il est nécessaire en quelque sorte d’être vierge spirituellement. Pour laisser Dieu agir, Le laisser être Dieu et ne pas mettre d’obstacle à Son action, notre foi doit rester pure de toute précompréhension de ce que doit faire, ou même être, Dieu. La virginité spirituelle purifie la foi en la délestant de tout a priori. Si nous posons des conditions à Dieu, si, par exemple, nous Lui disons : « Jusqu’à là, oui, mais pas au-delà ! La Transfiguration, oui ! Mais la Croix, non merci ! », nous ne sommes pas encore dégagés des préjugés qui empêchent la grâce divine d’agir en vous.

Cette disposition à laisser Dieu opérer à Sa guise jette une clarté nouvelle sur la virginité de Marie. La mère de Jésus est restée toujours vierge parce que sa foi, pure de tout calcul personnel, de toute restriction qui naîtrait du doute, a toujours laissé toute latitude à Dieu. La Vierge accueille les mystères divins dans un sein virginal, dénué de toute peur, de tout préjugé et de toute défiance. Ce qui ne l’a pas empêchée de méditer sur les événements de salut (Lc 2, 51).

Une virginité qui fait grandir la foi

Nous retrouvons cette foi épurée de Marie tout au long du chemin de la Rédemption. Au pied de la Croix, elle croit pour toute l’Église. Sa foi dépouillée, éprouvée au creuset de la souffrance, manifeste là encore sa virginité en s’abstenant de tout refus et de toute révolte. Le Samedi saint, Marie soutient la foi défaillante des disciples (qui se sont évaporés dans la nature, à l’exception du disciple que Jésus aimait), toujours avec le concours de la virginité, pure de tout désespoir, de la sienne. Elle laisse Dieu être Dieu au-delà de toute mesure, de toute idée pré-conçue. Durant le sabbat qui suit la mort de Jésus, la Vierge attend patiemment, dans sa foi virginale, le travail souterrain de Dieu enfantant la nouvelle Création qui sortira du tombeau le dimanche de Pâques. À la Pentecôte, elle prie pour la venue de l’Esprit saint, malgré tous les dons dont elle a déjà été favorisée ! Signe encore de sa virginité perpétuelle : elle seule sait que Dieu agit toujours, et de façon toujours plus prodigieuse.

La virginité spirituelle de Marie se reconnaît ainsi à ce qu’elle a toujours grandi dans la foi et la grâce. Elle n’a jamais opposé aucune résistance à cette dernière. Son adhésion à Dieu est allée crescendo. Ce qui supposait de sa part une docilité à l’Esprit saint qui aurait été impensable dans une âme toute remplie d’elle-même. Virginité spirituelle signifie ici acquiescement amoureux à la Providence et au plan de salut de Dieu.