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Après le confinement, la situation des catholiques chinois au cœur des préoccupations

CORONAVIRUS CHINA

IHOR SULYATYTSKYY | SHUTTERSTOCK

Camille Dalmas - Publié le 26/05/20

À l'occasion de la Journée mondiale de prière pour l'Église en Chine du 24 mai, le président des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) allemandes, Mgr Wolfgang Huber, par ailleurs évêque auxiliaire de Münich, a exprimé son inquiétude quant à la situation des chrétiens de la République populaire de Chine.

Depuis, 2008, le pape Benoît XVI a fait du 24 mai, jour de la fête de Marie-Auxiliatrice – ou Marie, Secours des chrétiens – une journée de prière pour l’Église de Chine. La Vierge Marie, patronne de la Chine, est particulièrement vénérée par les catholiques chinois, notamment dans le sanctuaire marial de Sheshan à Shanghaï. Cette année, cependant, ils n’ont pas pu célébré cette festivité importante.

« Le fait que, dès le premier jour de l’assouplissement des mesures du coronavirus en Chine, des croix ont été de nouveau arrachées des toits des églises à certains endroits est significatif », analyse le directeur des Œuvres pontificales missionnaires (OPM) allemandes, Mgr Huber, par ailleurs excellent spécialiste du monde chinois. Lui qui dirige notamment le Centre Chine de la ville allemande de Sankt Augustin, à proximité de Cologne, insiste sur l’aggravation progressive de la situation ces dernières années : « Alors qu’au cours des dernières décennies, il existait des zones d’ombre dans lesquelles la vie religieuse pouvait se développer, le gouvernement du président Xi Jinping tente de contrôler tous les domaines de la société civile, y compris la religion », reprend le directeur des OPM allemandes.

Forte pression sur l’église clandestine

Depuis les années 1950 et l’avènement du communisme, les dirigeants chinois ont poursuivi l’objectif de construire une église chinoise indépendante de Rome tout en persécutant les catholiques « souterrains » qui restent fidèles au Pape. Avec la fondation de l’Association patriotique catholique chinoise, fondée en 1970, le pouvoir a accentué la cohabitation de deux églises, une officielle obéissant au Parti communiste, et une officieuse secrètement liée au Saint-Siège.

En septembre 2018, le Saint-Siège et le Parti communiste chinois ont signé un accord provisoire sur la nomination des évêques. « Mais la situation de l’Église catholique et des religions dans le pays ne s’est pas améliorée depuis », déclare pour sa part Katharina Wenzel-Teuber, sinologue et rédactrice en chef du magazine China Heute (Chine Aujourd’hui, en allemand), édité par le Centre Chine. « La pression exercée sur le clergé de l’église catholique clandestine pour qu’il enregistre et signe des déclarations d’indépendance vis-à-vis du Vatican s’accroît. La population est encouragée à signaler les réunions et activités non autorisées. Même dans les églises officiellement enregistrées, de plus en plus de caméras de surveillance avec reconnaissance des visages sont installées ».


ROSARY,CHINA,POPE FRANCIS

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Catholiques de Chine : la longue marche vers l’unité

Bien qu’il existe actuellement une certaine liberté dans l’utilisation des moyens de communication numériques, les églises elles-mêmes ont été totalement fermées depuis le début de la crise sanitaire, y compris pour la prière privée. Si de nombreux domaines de la vie publique sont revenus à la normale, il n’y a toujours pas d’ouverture en vue pour les religions, et les églises restent inaccessibles. « La vie de foi s’est largement déplacée sur l’Internet. La pastorale, la participation à des groupes de prière et la participation à des messes – même depuis l’étranger – sont actuellement possibles de cette manière.

« Toutefois, on peut supposer que les activités religieuses sur Internet seront traitées de manière plus stricte à l’avenir », estime Wenzel-Teuber. Depuis un certain temps, des efforts ont été faits pour réglementer plus strictement la diffusion numérique de la foi. Au vu de la situation toujours difficile, Mgr Huber demande de prier pour et avec les chrétiens de Chine. Le pape François a lui aussi prié pour les catholiques chinois lors du Regina Caeli ce dimanche : « L’Église universelle, dont vous faites partie intégrante, partage vos espoirs et vous soutient dans vos épreuves », a-t-il déclaré.

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