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Pourquoi la libération chrétienne n’est pas politique

La Société Saint Vincent de Paul organise des maraudes auprès des sans-abris dans toute la France.
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Le refus chrétien des mythes idéologiques n’invalide en rien le nécessaire engagement au service des plus pauvres.

Cette semaine, le magazine Causeur interroge Michel Onfray sur les « valeurs catholiques ». Le philosophe répond : « L’idée fondamentale du christianisme selon laquelle les derniers sur terre seront les premiers au Ciel s’avère radicalement de droite. » Pour lui, en effet, « elle est une invitation à ne rien faire sur terre pour changer les conditions de vie des gens les plus modestes ». Cette étrange critique rejoint celle de Marx, qui qualifiait la religion d’opium du peuple. Il est vrai que le bonheur terrestre et les conditions sociales ne constituent pas le cœur nucléaire du christianisme. Jésus est un messie, un sauveur, qui ne sauve pas les juifs de l’oppression romaine, mais qui sauve tous les hommes de la mort et du péché. Il est le grand triomphateur final du mal, et non le vainqueur historique des vicissitudes temporelles.

« Le grand renversement des Béatitudes constitue bien le cœur nucléaire du christianisme, mais cette subversion n’est pas politique et sociale. » 

La subversion spirituelle des Béatitudes

Michel Onfray a raison encore de préciser que le christianisme constitue un renversement de la hiérarchie du monde — les derniers seront les premiers — mais pas en ce monde. Le christianisme porte ainsi de facto une acceptation du fait social, avec ses hiérarchies. Le grand renversement des Béatitudes constitue bien le cœur nucléaire du christianisme, mais cette subversion n’est pas politique et sociale. 

Pour aller plus loin, il faut néanmoins observer le christianisme dans sa dimension historique. Les premiers chrétiens vivaient en communauté, dans une stricte mise en commun de leurs biens, semblant abolir la hiérarchie sociale et ne reconnaître qu’une hiérarchie ecclésiale fondée sur les apôtres. Mais ce modèle de communauté était peut-être trop utopique pour constituer un modèle durablement viable.

« À la fin du XIXe siècle, ce sont les catholiques sociaux qui ont porté les premières lois sociales pour protéger les ouvriers de l’exploitation du capitalisme industriel naissant. »

L’ambition sociale du christianisme

Si le christianisme s’est ensuite déployé en respectant les hiérarchies sociales, il n’a toutefois pas consisté à « ne rien faire sur terre pour changer les conditions de vie des gens les plus modestes ». Au contraire, le christianisme a porté une ambition sociale forte, conjuguant soin des corps, soin des âmes et soin du corps social, créant les œuvres de charité et incitant les puissants à agir avec justice pour le bien matériel du peuple. À la fin du XIXe siècle, ce sont les catholiques sociaux qui ont porté les premières lois sociales pour protéger les ouvriers de l’exploitation du capitalisme industriel naissant.

Cependant, il ne s’agit pas pour l’Église de prôner une société sans classes et une révolution politique. Il faut rappeler l’instruction Libertatis nuntius du cardinal Joseph Ratzinger À propos de quelques aspects de la théologie de la libération, publiée le 6 août 1984. Celui qui était alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne désapprouve pas le combat politique des chrétiens pour la justice sociale ni même l’objectif de libération du peuple de l’oppression politique, mais réfute principalement deux aspects.

« Joseph Ratzinger rappelle avec force l’option préférentielle pour les pauvres. »

Servir les pauvres sans les mythes idéologiques

Il réprouve d’une part l’idée que « la lutte nécessaire pour la justice et la liberté humaines, entendues dans leur sens économique et politique, constitue l’essentiel et le tout du salut », réduisant ainsi l’Évangile « à un évangile purement terrestre ». Il condamne d’autre part « la lutte des classes comme chemin vers la société sans classes », la qualifiant de « mythe qui empêche les réformes et aggrave la misère et les injustices ».

Dans ce document, Joseph Ratzinger rappelle avec force l’option préférentielle pour les pauvres et souligne que « la mise en garde contre les graves déviations dont sont porteuses certaines “théologies de la libération” ne doit nullement être interprétée comme une approbation, même indirecte, qui serait donnée à ceux qui contribuent au maintien de la misère des peuples, à ceux qui en profitent, à ceux qui en prennent leur parti ou à ceux que cette misère laisse indifférents ».

Chronique publiée en partenariat avec Radio Espérance, 20 mai 2020

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