Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Commencez la journée de la meilleure des manières : recevez la newsletter d'Aleteia
Je m'inscris!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

L’incroyable histoire de ce tabernacle toulousain confiné sur Le Bon Coin

Isabelle du Ché
L'installation du tabernacle dans l'église de Montastruc-la-Conseillère (Haute-Garonne) a mobilisé de nombreuses forces.
Partager

Une paroisse rurale de l’est toulousain a installé en février dernier une nouvelle demeure pour son Dieu en dénichant son ancien tabernacle qui avait été mis de côté durant plusieurs années, confiné… sur Le Bon Coin.

Non décidément, cette église, entièrement restaurée il y a cinq ans, ne pouvait rester sans tabernacle. Bien sûr, les hosties consacrées étaient soigneusement conservées dans une petite armoire nichée dans un pilier latéral. Mais on ne la voyait pas et on pouvait se demander, en pénétrant dans l’église de Montastruc-la-Conseillère (Haute-Garonne), où était caché Jésus. 

Il y a soixante ans, Séverin, alors âgé de 25 ans, est chargé d’évacuer de l’église un tas de gravats. Il s’agit du tabernacle en mille morceaux. « Cela m’a fait mal au cœur », se souvient-il. Le curé de l’époque pense en effet que, le prêtre célébrant désormais face à l’assemblée et tournant donc le dos au tabernacle, il vaut mieux centrer l’attention des fidèles sur le sacrifice eucharistique se déroulant sur l’autel. Le tabernacle n’a donc plus lieu d’être présent sur le maître autel.

Une installation digne d’un film d’aventures

C’est sans compter sur le constat, quelques années plus tard, que les églises ne sont pas seulement le lieu où l’on célèbre la messe. Chaque jour, des dizaines de personnes viennent s’arrêter quelques minutes pour prendre un temps de silence, confier leurs intentions, allumer un cierge. « Ils savent que l’église est la Maison de Dieu. Jésus est ici chez Lui. Quel dommage que l’on essaie de le cacher 90% du temps », s’exclame l’abbé de Leffe, l’actuel curé.

Un véritable projet de met donc en route. Après des recherches infructueuses dans les réserves diocésaines, le tabernacle est finalement déniché sur Le Bon Coin. Trouvé dans un débarras, il était sérieusement abîmé. De nombreux paroissiens se mobilisent pour le restaurer. Patrick et Hélène sont chargés de restaurer la caisse en bois insérée à l’intérieur du tabernacle. Capitonnée de tissu doré, elle constitue maintenant un lieu digne pour déposer le corps du Christ. De plus, un travail de plus de deux mois est effectué par Alain, paroissien aux doigts d’or : restauration des « clochetons » aux quatre coins du toit, reprise de tous les éclats de plâtre, peinture, travail d’orfèvre pour une nouvelle porte en laiton sur laquelle il grave une croix. Cet ancien technicien de l’Aérospatiale trouve tout naturel de s’impliquer dans la restauration de ce tabernacle : « le Saint Sacrement rangé dans le pilier du chœur n’était pas à sa place ».

L’installation de ce tabernacle n’est pas sans péripéties. Transporté une première fois sur une grue censée résister à un poids de plus d’une tonne, l’objet de trois cent kilos tombe de plus d’un mètre de haut, épargnant – ô miracle – la quinzaine de paroissiens s’affairant autour. Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère ? Méditant l’évangile du jour, le curé s’interroge : « Le roi David veut faire une maison pour Dieu… Il n’est pas bon que Dieu loge dans un endroit qui ne soit pas digne ! Tout comme nous… Et semblant faire écho à notre malheur de la veille, Dieu fait dire à David par le prophète Nathan : tu ne construiras pas cette maison pour moi ! Le ciel est mon trône et la terre mon marchepied. Pour qui te prends-tu à vouloir me mettre dans une boîte ? Serais-tu plus grand que moi ? ». Insomnies, doutes : que veut donc le Seigneur ? Pourtant, tout au long de l’histoire sainte, Dieu consent à demeurer chez les hommes, signe de son humilité. Par ce nouveau tabernacle, les paroissiens lui offrent une maison plus digne, plus belle, plus ajustée.

Isabelle du Ché
Installer le tabernacle a été une véritable gageure pour la paroisse.

Le nouveau tabernacle est finalement inauguré en grande pompe. Le curé le bénit au cœur de la messe de la Présentation de Jésus au Temple, le 2 février dernier : « Seigneur, Père très saint, tu as donné aux hommes le vrai pain du ciel : daigne nous bénir et bénir ce tabernacle que nous avons préparé pour conserver le sacrement du corps et du sang de ton Fils : en adorant le Christ ici présent, puissions-nous être associés à son œuvre de salut ».

Laissant la porte du tabernacle ouverte après la communion, une longue procession avec les saintes espèces s’étire ensuite dans l’église. Le ciboire est finalement été replacé dans le tabernacle, signifiant ainsi « le retour de Jésus au cœur de la paroisse, au cœur de nos vies, au cœur du monde », comme l’indique Aymar, jeune diacre au service de la paroisse. Quel n’est donc pas l’émerveillement des paroissiens quand, à la fin de la messe, un rayon de soleil vient faire briller de mille feux la porte du tabernacle ? Comme un clin-Dieu.

Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]