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La vie en communauté, le cinquième et dernier ingrédient de la sainteté

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Marzena Devoud - Publié le 19/05/20

La sainteté, ce n’est pas pour vous ? Détrompez-vous. Pour saint Jean Bosco, atteindre la sainteté, c’est comme réussir à faire un bon gâteau. Cela nécessite quelques bons ingrédients et du temps pour que la pâte se lève. Alors, s’il y a une recette de la sainteté, son cinquième ingrédient après l’endurance, la joie, l’audace et la prière doit certainement être… la vie en communauté. On vous explique pourquoi.

Pour beaucoup de personnes, la sainteté peut faire peur. On a souvent tendance à lui associer des images d’austérité et d’abandon de soi peu attrayantes, sans oublier celle du martyre, plutôt effrayante. C’est sans doute pourquoi on finit par la craindre : la sainteté serait réservée aux âmes d’élite, à celles et ceux qui sont prêts à tout sacrifier. Elle serait donc bonne pour certains, mais surtout pas pour nous…


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Pourtant dans son exhortation Gaudete et exsultate – que l’on pourrait sous-titrer « N’ayez pas peur de la sainteté » –  le pape François affirme que cette dernière ne consiste pas à rechercher un idéal de vie plus ou moins extrême. Il s’agit plutôt de trouver les ingrédients qui font avancer au quotidien sur le chemin de la sainteté. En quelque sorte, suivre une recette déjà connue par les plus grands chrétiens, mais revisitée à la sauce du pape François.




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Pour le pontife argentin, il y a cinq éléments importants qui permettent de « partager un bonheur que personne ne pourra enlever ». Car pour lui, une chose est sûre : la sainteté est le moyen le plus rapide pour atteindre le bonheur ! Autrement dit, cinq moyens – cinq ingrédients – pour surmonter les obstacles afin d’y accéder. Après l’endurance, la joie, l’audace et la prière, c’est la vie en communauté.

Il n’est pas bon que l’homme soit seul

L’être humain n’est pas fait pour vivre isolé des autres. Le confinement actuel permet de prendre conscience à quel point, les liens familiaux, ceux de l’amitié et tous nos liens sociaux sont essentiels pour l’épanouissement personnel. Être coupé des autres nous rend fragiles et parfois, sans le savoir, à la merci des faux amis et des faux soutiens. On peut avoir des amis sur Facebook, mais les vrais amis sont plus précieux, plus rares et surtout bien réels. Il en va de la société comme de l’Église.

L’homme est sur la terre pour apprendre à aimer, apprendre à servir. Ce qui définit l’homme en tant que tel, c’est sa capacité d’aimer l’autre et le servir.

« Il n’est pas bon que l’homme soit seul », est-il écrit dès les premières pages de la Bible. Dans Le sel de la terre, livre paru en 1996, Mgr Ratzinger, futur pape Benoit XVI, y échange avec le journaliste allemand Peter Seewald. À la question sur le sens de la vie, le cardinal Ratzinger répond : « L’homme est sur la terre pour apprendre à aimer, apprendre à servir », dit-il.




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Ce qui définit l’homme en tant que tel, c’est sa capacité d’aimer l’autre et le servir. Pour le comprendre, il faut d’abord regarder son Créateur. Dieu est par identité don-de-soi. Il ne peut pas faire autrement que se donner et accueillir. L’homme créé à l’image de Dieu, devient lui aussi, un don-de-soi. Mais attention ! Dieu ne le dit pas parce que l’homme aurait besoin d’un autre pour briser sa solitude, mais parce que l’homme a besoin d’un autre pour apprendre à aimer et à servir.

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L’homme a besoin d’un autre pour apprendre à aimer et à servir.

Un chrétien seul est un chrétien en danger

Pour le pape François, un chrétien seul est un chrétien en danger. Pour avancer sur le chemin vers la sainteté, il a besoin d’être en communauté. L’individualisme tellement dans l’air du temps, est en réalité un véritable obstacle à la sainteté :

« Il est très difficile, prévient-il, de lutter contre notre propre concupiscence ainsi que contre les embûches et les tentations du démon et du monde égoïste, si nous sommes trop isolés. Le bombardement qui nous séduit est tel que, si nous sommes trop seuls, nous perdons facilement le sens de la réalité, la clairvoyance intérieure, et nous succombons. » écrit-il dans Gaudete et exsultete.

En ce sens, la sanctification est un cheminement à faire « deux à deux », comme propose le Souverain pontife. La vie communautaire, soit en famille, en paroisse, en communauté religieuse ou quelque autre communauté est faite de petits gestes quotidiens.




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Comme par exemple dans un couple, chacun devient un instrument du Christ pour la sanctification de l’autre. Cheminer vers la sainteté – par tous ces gestes d’amour au quotidien – c’est désirer de tout cœur la plénitude de l’autre, celle à laquelle Dieu rêve.

Cheminer vers la sainteté consiste à vouloir que l’autre devienne meilleur. Viser l’âme de l’autre, c’est poser son regard sur l’autre à travers le regard du Christ.

Il en est de même dans l’amitié. Elle est jalonnée d’épreuves, mais celles-ci permettent de rapprocher une relation à sa réalité plus profonde, en dépassant les limites et les défauts de chacun parce que justement, l’ami est celui qui accepte l’autre dans ses défauts et ses limites : Il est celui qui accepte de traverser l’épreuve à ses côtés. Selon le cardinal Newman, grand théologien anglais du XIXème siècle, l’art de cheminer vers la sainteté en cultivant l’amitié consiste à vouloir que l’autre devienne meilleur. Viser l’âme de l’autre, c’est la condition sine qua non d’une amitié véritable. Celle qui ne perd jamais de vue le plus important : poser son regard sur l’ami à travers le regard du Christ. C’est en ce sens que l’amitié sert la sainteté. Elle sert à faire grandir l’autre tout en grandissant mutuellement. Ainsi, elle métamorphose et permet de « partager un bonheur que personne ne pourra enlever ». Car une chose est sûre : la sainteté est le moyen le plus rapide pour atteindre le bonheur !

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