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Le droit à la liberté religieuse est la base de tous les droits

Dans l'église de Saint-Paul-Saint-Louis, à Paris.
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Le respect de la liberté religieuse dans un pays est le plus exact indicateur du respect de tous les autres droits humains.

Les évêques de France ont été finalement — un peu — entendus. « Le gouvernement est prêt à étudier la possibilité que les offices religieux puissent reprendre à partir du 29 mai », a annoncé Édouard Philippe ce 4 mai en présentant le plan de déconfinement du gouvernement au Sénat. Les évêques avaient d’abord pensé qu’un retour aux messes publiques serait possible autour du 17 mai, voire le 21 mai, jour de l’Ascension. Ils devront se contenter d’une hypothétique reprise des messes publiques pour la fête de la Pentecôte.

Une revendication pourtant raisonnable

On ne devrait pas prendre à la légère l’insistance des catholiques et des autorités de l’Église à obtenir la pleine liberté du culte, dans le respect de la loi légitime. C’est un mauvais procès d’en faire des revendications de chrétiens « intransigeants », cabrés dans leur splendide isolement, rétifs à l’alignement « responsable » des autres confessions sur les décisions gouvernementales. Les références au message du pape François lors de la messe du 28 avril, appelant à la « prudence et à l’obéissance », sont également malhonnêtes. Les craintifs y ont vu un appel à la soumission silencieuse, ce qui est bien tout le contraire du sens chrétien de la vertu de prudence et de l’obéissance intelligente, telle que l’a expliquée l’archevêque de Paris.

Dès lors que la liberté religieuse et du culte est sous contrôle de l’État, tous les autres droits humains sont immédiatement menacés.

La veille, le pape priait au contraire pour que « le Seigneur nous accorde à tous la grâce de la créativité en ce moment ». Le 20 avril, il donnait l’exemple des apôtres au cénacle, qui « ne se sont pas arrêtés à des mesures de précaution ». Samedi, le pape parlait d’une autre vertu, la force, associée à la foi : « Que le Seigneur nous donne la force — en temps de crise — de ne pas vendre notre foi. » Or les demandes des évêques français, pour ne citer qu’eux, s’inscrivent dans un juste discernement, parfaitement responsable, et toujours dans les limites des mesures de sécurité sanitaire les plus strictes : « Nous comprenons la nécessité de la rigueur sanitaire, et au nom même de notre foi, nous la souhaitons », expliquait même Mgr Matthieu Rougé, l’un des négociateurs de l’Église de France auprès du gouvernement. 

« Un test pour l’observance des droits »

Pourquoi donc cette affaire d’entraves injustes à la liberté du culte mérite d’être suivie de près, alors que le gouvernement libère les marchés mais surveille les églises, filtre les informations « sérieuses » et entretient le flou sur le traçage des données ? Parce que le respect du droit à la liberté religieuse est le plus sûr indicateur du respect de la personne humaine et des libertés fondamentales. Dès lors que la liberté religieuse et du culte est sous contrôle de l’État, tous les autres droits humains sont immédiatement menacés. Saint Jean-Paul II l’a dit mieux que personne : « Le droit à la liberté religieuse n’est pas simplement un droit parmi les autres droits humains, mais il est celui auquel tous les autres se réfèrent, car la dignité de la personne humaine a sa première source dans le rapport essentiel avec Dieu » (Discours à l’université La Sapienza, 17 mai 2003). Et il précisait même : « En réalité, le droit à la liberté de religion “est si étroitement lié aux autres droits fondamentaux que l’on peut soutenir à juste titre que le respect de la liberté religieuse est comme un « test » pour l’observance des autres droits fondamentaux” » (Discours au corps diplomatique, n. 6, Insegnamenti XII/1, 1989).

Or il va de soi que la liberté religieuse ne va pas sans la liberté du culte, et du culte public. Au ministre Christophe Castaner qui avance bien audacieusement que « la prière n’a pas forcément besoin de lieu de rassemblement », les chrétiens soutiennent que « là où deux ou trois se rassemblent en son nom, Jésus est au milieu d’eux » (Mt 18, 20). Ainsi, « le Christ est toujours là auprès de son Église, surtout dans les actions liturgiques » (Sacrosanctum consilium, 7).