Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Dimanche 06 décembre |
Saint Gérald
home iconAu quotidien
line break icon

Les cinq étapes indispensables pour bien discerner

Pascal Ide - Publié le 04/05/20

Auteur de « Comment discerner » qui vient de paraître aux Éditions de l’Emmanuel, Mgr Pascal Ide nous présente les différentes sortes de discernement, et les critères pour prendre ses décisions. Il ne s’agit pas de choisir entre eux, mais de les intégrer dans la bonne démarche.

Comment discerner ? Voilà une question d’actualité ! En ces jours de confinement, comment organiser ma journée ? Par quoi commencer ? Plus radicalement, suis-je appelé au mariage ou à la vie consacrée ? Dois-je ou non changer d’orientation professionnelle ? Plus légèrement, pour me détendre ce soir, est-ce que je continue ma série télévisée ou est-ce que je lis un roman ?

Le discernement de la conscience

Il convient d’abord de distinguer deux sortes de discernement. Certains se formulent en termes de : « Faut-il ? » ou bien « Est-ce bon ou mauvais ? » Ces discernements sont moraux. Ils demandent avant tout que nous fassions appel à notre conscience morale (qu’est-ce qui nous semble moralement bon ou mauvais, non pas seulement pour moi, mais en soi ?), et d’abord que nous la formions, et donc que nous nous informions : que dit la loi naturelle (le décalogue), l’enseignement magistériel, etc. ? Par exemple, est-ce que je peux sortir plus d’une heure pour mon temps quotidien de détente et de marche ? Se fier à ce que nous ressentons (« J’en ai besoin pour ma santé ») est insuffisant ; encore faut-il intégrer ce qui est bon pour l’autre et tout simplement l’obéissance à la loi civile qui, veillant sur le bien commun, nous demande le confinement.

Choisir entre deux biens

D’autres discernements se formulent en termes de préférence : est-il préférable que… ? Tel est le cas des questions posées au début de l’article : est-il préférable que je commence l’après-midi par un temps de sport ou par un coup de fil à mon voisin isolé ? Ce discernement me place non plus entre un bien et un mal, mais entre deux biens. Sachant que nous ne sommes jamais obligés de choisir le meilleur bien, mais simplement ce qui est éthiquement bon.

Centrons-nous sur ce deuxième discernement (c’est lui qui fait l’objet du livre Comment discerner). Le plus souvent, nous faisons spontanément appel à l’un de ces critères : qu’est-ce que je dois faire ? qu’est-ce qui m’attire ? qu’est-ce que Dieu veut ? qu’est-ce qu’en pense mon conjoint, mon accompagnateur spirituel, etc. ? Or, pris isolément, chaque critère est insuffisant. Voire, il peut arriver que nous soyons tentés par la passivité. Nous demandons à l’autre de choisir pour nous, nous procrastinons pour que les événements décident à notre place, voire nous faisons du chantage au Bon Dieu (« Je m’engage à faire le catéchisme dans ma paroisse, et Toi, Seigneur, Tu me trouves un job »), nous nous victimisons comme le malade de la piscine de Bethzatha : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine… » (Jn 5, 7).

Pourtant, en optant pour la passivité, nous oublions que nous sommes doués d’une intelligence et d’une volonté. Surtout, nous sommes les grands perdants de cette attitude : nous devenons esclaves de l’autre ou des événements ; nous perdons cette grande dignité d’être le « père » de nos actes ; nous affamons notre estime de nous-mêmes (qui se nourrit de nos initiatives et nos réussites).

Cinq étapes

Revenons à la question des critères. Il ne s’agit pas de choisir entre eux, mais de les intégrer dans une démarche qui les prenne en compte. Nous proposons cinq étapes. Les trois premières sont toujours nécessaires ; les deux autres ne le sont que si la décision porte sur une matière d’importance ou si la lumière est insuffisante. Enfin, cette démarche s’ouvre par la prière, qui nous tourne vers notre but et notre chemin : Dieu. Ainsi, quand vous avez un discernement à poser, demandez-vous :
1. Qu’est-ce qui habite mon cœur ?
2. Que m’enseignent la loi et les signes ?
3. Que me dit mon intelligence pratique ?
Et lorsque la situation le requiert, demandez-vous aussi :
4. Que me conseillent les personnes avisées ?
5. Qu’est-ce que l’Esprit Saint m’inspire ?
Une fois le discernement posé, il reste à décider et agir. Bon entraînement !

Comment discerner, Pascal Ide, Editions de l’Emmanuel, mars 2020, 174 pages, 15 euros.

Pour aller plus loin : www.pascalide.fr




Lire aussi :
Nos bonnes intentions sont-elles aussi pures qu’elles n’y paraissent ?

Tags:
discernement
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
saint sulpice messe
Agnès Pinard Legry
Une nouvelle jauge "contraignante" mais "appl...
WEB2-GENERAL-PIERRE DE VILLIERS-AFP-000_Z52AV.jpg
Agnès Pinard Legry
Général de Villiers : "Il faut être absorbeur...
La rédaction d'Aleteia
Benoît XVI : "Le Seigneur m’a retiré la parol...
EMMANUEL MACRON
Henri Quantin
Les catholiques sont des "citoyens exemplaire...
groupe de louange
La rédaction d'Aleteia
Humour : et vous, "parlez-vous le catholique"...
Mathilde de Robien
Plongé dans le coma, la prière a aidé le père...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement