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Coronavirus : en Pologne, la vie (sacramentelle) continue

Dans cette église de Cracovie (Pologne), le port du masque est obligatoire.
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Alors que les catholiques français espèrent pouvoir participer à la messe dès le 29 mai, suite à la promesse « d’étudier la question » faite ce lundi 4 mai par le Premier ministre Édouard Philippe, en Pologne, la collaboration bienveillante entre l’Église et les autorités fait exemple. Décryptage.

Les catholiques français découvrent au fil des jours les mesures relatives au déconfinement prises par le gouvernement. S’ils pourront donc rapidement aller acheter d’autres choses que le seul nécessaire vital, il leur faudra encore attendre pour satisfaire leur faim spirituelle et assister à la célébration de l’Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne.

Face à cette situation, l’adaptation de l’Église polonaise à la crise sanitaire peut pousser les Français à la réflexion, bien que le contexte diffère entre les deux pays. D’une part, la situation sanitaire en Pologne est moins préoccupante (environ 13.937 cas identifiés et 683 personnes sont mortes du coronavirus au 4 mai), ce qui n’est sûrement pas étranger aux mesures prises de manière précoce par le gouvernement. D’autre part, loin du laïcisme ayant cours en France, la laïcité à la polonaise s’apparente plutôt à une collaboration bienveillante entre l’Église et l’État. 

Des retransmissions des messes à la télévision publique

Et de fait, si les restrictions apportées à la célébration du culte depuis le début de l’épidémie relèvent du jamais vu et bien qu’il soit difficile de savoir précisément comment l’épiscopat polonais a interagi avec les autorités, à aucun moment il n’a été question d’interdire toute célébration en présence de fidèles. Ainsi, les pasteurs veillent à ce qu’ils puissent accéder aux sacrements dans la mesure du possible. De manière générale et dès le début de l’épidémie, l’épiscopat a invité les paroisses à multiplier les messes (qui sont déjà plus nombreuses qu’en France) afin que le plus grand nombre puisse y assister dans des conditions permettant de limiter la contagion. En outre, plusieurs messes et offices sont retransmis chaque jour à la télévision, notamment par la télévision publique, sans compter les retransmissions sur internet organisées par les paroisses.

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Shutterstock | Dziurek
Dans cette église de Pologne, la distanciation et le port du masque pour éviter tout risque de contamination.

Le 13 mars, le gouvernement polonais a déclaré le pays en état de menace épidémiologique. Il a limité à 50 (hors célébrants) le nombre de personnes pouvant assister aux célébrations religieuses. L’épiscopat a recommandé alors aux évêques diocésains d’accorder très largement une dispense de participation à la messe, en particulier aux personnes âgées, malades, aux enfants et leurs parents etc.

Entre le 24 mars et le 11 avril, ce ne sont plus que 5 personnes qui ont été autorisées à assister au culte. Dans ces conditions, les curés n’ont pas manqué d’idées pour assurer au plus grand nombre la possibilité de se confesser et de communier, surtout à l’approche de Pâques : par exemple, une paroisse à Bydgoszcz a organisé à l’église une adoration eucharistique chaque après-midi durant les 2 semaines précédant Pâques, les fidèles pouvant venir recevoir la Communion après s’être confessés sans avoir à craindre la file d’attente traditionnelle à cette période. Des confessions organisées par des prêtres en pleine nature ont également été vues, afin d’assurer à la fois discrétion et distanciation sociale. Puisque les fidèles se sont trouvés empêchés de se rendre à l’église dans la journée du Samedi saint pour la traditionnelle bénédiction des aliments préparés pour le repas de Pâques, c’est l’Église qui est souvent venue à eux, les prêtres bénissant depuis leur véhicule (parfois une carriole comme à Zakopane, dans les Carpates au sud du pays, ndlr) ces paniers débordants présentés par les familles rassemblées sur le pas de leur porte.

ŚLUB W MASECZKACH
fot. archiwum prywatne
En Pologne, le mariage au temps du coronavirus avec masques et en présence de 5 personnes maximum.

De manière générale, l’inventivité est de mise : des cas ont été rapportés où, alors qu’un cimetière entoure l’église, des haut-parleurs ont été mis en place afin qu’une grande partie des fidèles qui seraient autrement serrés à l’intérieur de l’édifice puissent suivre l’office à l’air libre, auprès de la tombe de leurs proches défunts.

Après un retour à une limitation à 50 personnes entre le 12 et le 20 avril, les offices peuvent être désormais célébrés en présence d’une personne par 15m², en continuant évidemment à respecter les règles en vigueur dans les lieux publics. À savoir port du masque (en vente libre en pharmacie), distanciation sociale, gestes barrière etc. Il est intéressant d’observer qu’une personne par 15m² est également la limite dans l’accueil du public dans les magasins de plus de 100m² : dans la mesure où les commerces sont ouverts, alors qu’il s’agit d’endroits certainement bien plus propices à la contagion que les églises en raison de la proximité entre les personnes et à leur brassage, il paraît logique que le culte puisse également être célébré en public.

En tout état de cause, n’en déplaise aux autorités françaises, les chiffres de l’épidémie en Pologne parlent d’eux-mêmes : ils n’ont pas explosé en dépit des messes qui continuent inlassablement d’être célébrées en présence des fidèles, dans le respect des règles de bon sens et de prudence… Sous l’œil de la divine Providence.

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