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Le jour d’après verra-t-il la fin de la tyrannie technologique ?

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© love_sun

Rémi Sentis - publié le 28/04/20

Les ravages causés par l’épidémie du Covid-19 nous rappellent que la nature est imprévisible. Avec davantage d’humilité, nous aurions pu éviter d’orienter la technique et la recherche vers d’illusoires fantasmes de toute-puissance.

Depuis la fin du siècle dernier, la mondialisation de l’économie s’est imposée grâce au progrès technologique — transports, technologies de l’information, etc. Or cette globalisation, fondée sur le paradigme de la gestion des stocks en flux tendus, vient de se fracasser sur la réalité de pandémie, certaines fournitures stratégiques ne pouvant dépendre d’un fournisseur situé à l’autre bout de planète. Se dirige-t-on pour autant vers la fin de la tyrannie démesurée de la technologie ?

Nous étions entrés dans une mondialisation béate avec une répartition géographique des moyens de production. Cette machinerie fière de ses prouesses technologiques s’est grippée face à ce qui semble être un caprice de la nature. Nous nous étions bercés par l’illusion d’une société technicienne qui pouvait tout maîtriser grâce à l’intelligence artificielle, à une logistique robotisée, à une finance ultrasophistiquée, etc. Nous avions oublié que la nature est parfois imprévisible et violente.




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Aveuglés par l’orgueil, nos nouveaux clercs ont perdu la vieille sagesse issue de la chrétienté : “On ne commande à la nature, qu’en lui obéissant”, disait Francis Bacon (en 1620). Ce que l’on pourrait paraphraser ainsi : pour utiliser nos puissantes techniques dans notre environnement naturel, il faut chercher à comprendre avec humilité la nature et ses lois. Pour cela, il convient de tenir compte de l’aléa des cataclysmes et de reconnaître que notre connaissance des lois de la nature sera toujours imparfaite.

Recherche ou manipulations ?

Le progrès technique n’est pas mauvais en soi, il doit même être favorisé dans la mesure où il améliore la vie de la population et contribue au bien commun. Mais, si on veut éviter des drames, il est primordial d’être humble dans notre approche de la technique. Il est symptomatique qu’en biologie, on ait négligé la virologie au profit de recherches génétiques hasardeuses. La mise au point de tests sérologiques — consistant à chercher dans le sang les anticorps produits par une infection virologique — est classique, mais elle requiert une réelle maîtrise technique pour chaque nouveau virus (possibles réactions avec un virus non ciblé). Malgré l’excellence de nos équipes en France, cette filière technique n’a reçu que très peu de soutien financier public avant le mois de mars. En revanche, sous prétexte de recherche en embryogénèse, on a voulu autoriser — et financer largement — les manipulations in vitro d’embryons jusqu’au 14e jour — ou même au 18e jour, l’intérêt étant de faire des expérimentations avec du “matériel” bien moins coûteux que les animaux de laboratoire.

L’humilité devant l’infini

L’actuelle hubris de la technologie qui se développe sans référence aux lois de la nature est délétère. Son orientation devrait être canalisée à l’aune de la morale et avec le souci du bien commun ; elle serait alors plus admissible par la société. Nous ne pouvons accéder à une connaissance totale des lois de la nature et ne devons pas les bafouer. Souhaitons que, le jour d’après la pandémie, nous n’oublions pas que pour toute activité technicienne une réelle humilité est indispensable. Louis Pasteur d’ailleurs soulignait que c’est le Créateur qui nous la donne : “L’idée de Dieu, c’est l’idée de l’infini ; c’est l’humilité devant le mystère du monde.”




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Tags:
Bien communCovid
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