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Passer de la peur à la confiance

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Guillaume de Prémare - Publié le 22/04/20

Alors que la stratégie de lutte contre l’épidémie du Covid-19 évolue, le gouvernement ne pourra pas faire l’économie d’une adhésion pleine et entière de la population.

Le 6 mars dernier, le président Emmanuel Macron se rend avec son épouse au théâtre : « La vie continue, il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie », déclare-t-il. À peine une semaine plus tard, le jeudi 12 mars, il annonce la fermeture des écoles. Le surlendemain, les Français apprennent par le Premier ministre Édouard Philippe la fermeture des bars, restaurants, cinémas, théâtres et de tous les commerces dits non-essentiels. Lundi 16 mars, Emmanuel Macron proclame le confinement général à compter du mardi 17 mars à midi.

L’histoire s’accélère

En dix jours, l’histoire s’accélère, la France rejoint le scénario italien. Entre le jeudi 12 mars et le lundi 16 mars, c’est un choc psychologique pour la population française, alors que les polémiques se multiplient : sur les élections municipales, sur les masques, sur les tests, sur les traitements. Les déclarations péremptoires et les imprécisions de l’exécutif ne font qu’ajouter la colère à la sidération.




Lire aussi :
Chronique de la France confinée (8). Après la sidération, la routine ?

Un petit mois plus tard, lundi 13 avril, Emmanuel Macron cherche à dessiner un début de stratégie. Entre les lignes, nous devinons qu’il mise sur le développement d’une immunité collective. Mardi 14 avril, Frédéric Adnet, chef des urgences de l’hôpital Avicenne de Bobigny, explique sur France Bleu que plus nombreuses seraient les personnes en bonne santé à contracter le virus, plus l’immunité globale de la population serait suffisamment importante pour arrêter la propagation : « Il faut que 60% de la population soit immunisée pour y parvenir. » Et le médecin justifie ainsi le retour des enfants à l’école : « Si des enfants jeunes deviennent malades, ce sont des parents jeunes qu’ils contamineront. […] Nous n’avons pas eu de mortalité en dessous des moins de quarante ans à l’APHP. Donc même si le virus continue d’affecter des personnes, tant qu’elles ne sont pas à risque, il n’y a pas de problème de santé public. »

L’exemple danois

Pourquoi le gouvernement n’explique-t-il pas plus clairement cette stratégie d’immunité collective ? Au Danemark, en annonçant la réouverture des crèches et des écoles, le gouvernement n’a pas caché les véritables motifs de cette décision. Un reportage de Ludovic Piedtenu pour France Info nous fait entendre des Danois qui ont compris les choses : « C’est maintenant qu’il faut mettre nos enfants dehors et les exposer », affirme un père de famille. Un couple de Français expatrié témoigne : « Ici c’est simple, les gens font confiance au gouvernement et le gouvernement leur fait confiance. Ils ne vont pas marteler une propagande de peur comme en France. »

Ressources morales

En France, nos gouvernants semblent avoir pris la fâcheuse habitude de pratiquer l’état de choc pour dominer la psychologie sociale par imprégnation mentale anxiogène. Ils se trouvent ainsi fort dépourvus lorsqu’il faut faire passer les Français de la peur à la confiance. Ces mauvaises habitudes ne finissent-elles par les contraindre à dire sans dire, à rassurer tout en inquiétant, à manier l’injonction paradoxale ? Si nos gouvernants pourraient découvrir que les Français ne sont pas des enfants irresponsables mais un grand peuple, certes prompt à toutes les passions, mais doué de raison, de courage, de ressources morales… pour peu qu’on veuille lui faire confiance et le considérer comme tel.

Chronique publiée en partenariat avec Radio Espérance, 22 avril 2020.

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