Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Vendredi 16 avril |
Saint Benoît-Joseph Labre
home iconSpiritualité
line break icon

L’Evangile de Pâques, le meilleur des romans policiers

New Africa - Shutterstock

Fabrice Hadjadj - Publié le 17/04/20

Dans son ouvrage intitulé « Résurrection, mode d’emploi » (Magnificat), Fabrice Hadjadj, philosophe et essayiste, pose un regard neuf et plein de finesse sur le mystère du Christ Ressuscité. De sa plume mordante, il y dépeint le matin de Pâques comme une grande enquête policière, dans laquelle le lecteur a une responsabilité avérée. Extrait.

« On peut tout à fait lire l’Évangile comme une enquête policière, mais c’est à la condition de découvrir que sa structure est plus surprenante qu’un roman d’Agatha Christie ou même que l’Œdipe-Roi de Sophocle. Dans la célèbre tragédie grecque, Œdipe mène l’enquête et, à son terme, découvre que le criminel n’est autre que le détective, c’est-à-dire lui-même. Le lecteur reste toutefois innocent, épargné – au moins jusqu’à l’arrivée du psychanalyste qui essaiera de le persuader qu’il est Œdipe lui aussi. L’Évangile n’a pas besoin de recourir au stratagème freudien. Il suffit de le lire – même pas entre les lignes – pour s’apercevoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures (1 Co 15, 3), et que, par conséquent, derrière Pilate, la foule des Juifs, les grands prêtres, il y a moi (c’est-à-dire aussi toi, cher lecteur), et que ceux-ci sont pour nous comme autant d’instruments ou de collaborateurs dévoués.

« Son énigme est la suivante : où se trouve désormais le corps du Christ ? »

Mais l’enquête ne s’arrête pas là. Elle se compose d’un second volet, lequel semble ne relever de la compétence d’aucun service existant à ce jour dans la police, même si certains ne manqueront pas de croire que la brigade criminelle, celle des stupéfiants, ainsi que celle de la répression du proxénétisme pourraient s’y attaquer ensemble. En tout cas, si une telle brigade venait à naître, elle aurait pour sainte patronne Marie de Magdala. C’est elle qui porte spécialement le second volet de l’affaire : le mystère du tombeau vide, bien plus mystérieux que celui de la « chambre jaune ». Car, après le meurtre dont le cas est rapidement résolu (c’est moi qui ai fait le coup – c’est-à-dire toi aussi, cher lecteur), vient la résurrection, dont l’événement est assez rare pour déconcerter aussi bien Sherlock Holmes qu’Hercule Poirot. Et son énigme est la suivante : où se trouve désormais le corps du Christ ?

Comprenez qu’il ne s’agit pas seulement de le revoir après le constat du tombeau vide, mais de savoir où il réside à cette heure, après l’Ascension. Est-ce parmi les étoiles, entre la Grande Ourse et le Petit Lion ? Est-ce plutôt dans le tabernacle de l’église du quartier ? Le Credo déclare sans aucune connotation politique qu’il est à droite – à la droite du Père. Mais où est-elle donc, cette droite qui n’est pas la mienne et qui peut aussi bien se trouver à ma gauche ?

« Voici que Jésus paraît, et au lieu de le reconnaître sur-le-champ, elle le prend pour le jardinier du coin, pire encore – pour le suspect numéro un. »

À première vue, Marie Madeleine n’est pas Miss Marple. Elle passe à côté des indices les plus flagrants. D’abord, elle voit et entend deux anges – et cela n’éveille chez elle aucun soupçon : les créatures célestes ne retiennent pas plus son attention que deux figurants à l’arrière-plan de la grande scène d’amour. Ensuite, alors qu’elle devrait tout de suite procéder à un interrogatoire en bonne et due forme afin d’avoir un début de piste, elle reste muette et c’est elle qui se laisse interroger : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » (Jn 20, 13). Les anges sont manifestement plus intéressés à elle qu’elle ne l’est à eux. Enfin, voici que Jésus paraît, elle tombe pile sur celui qu’elle cherche et, au lieu de le reconnaître sur-le-champ, elle le prend pour le jardinier du coin, pire encore – pour le suspect numéro un : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis ! » (Jn 20, 15). »

Cliquez ici pour commander le livre « Résurrection, mode d’emploi »
(livraison assurée pendant le confinement)

Pour acheter Résurrection, mode d’emploi, Fabrice Hadjadj, Magnificat, février 2016, 14,50 euros.




Lire aussi :
La résurrection vous fait peur ? Il y a de quoi !

Tags:
la résurrection du Christ
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
adoption
Cerith Gardiner
Parents de cinq enfants, ils adoptent une fratrie de sept frères ...
2
Mathilde de Robien
Ces quatre cavaliers de l’Apocalypse qui détruisent le couple
3
Joubarbe
Marzena Devoud
Connaissez vous les herbes de saint Joseph ?
4
Mgr Benoist de Sinety
La leçon d’Istanbul : « Vous avez voulu la paix au prix du déshon...
5
WEB2-PERE-MICHEL-BRIAND-SOCIETE-DES-PRETRES-DE-ST-JACQUES.jpg
Agnès Pinard Legry
Qui sont les deux Français enlevés à Haïti ?
6
WEB2-CHURCH-SAINTJOSEPHDESNATIONS-WEB2-CHURCH-SAINT-JOSEPH-DES-NATIONS-Eleonorede-Vulpillieres.jpg
Eléonore de Vulpillières
Paris : le tabernacle de Saint-Joseph des Nations forcé par des m...
7
Camille Dalmas
Miséricorde divine : le livre qui a bouleversé le pape François
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement