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Confinement : une cohabitation inédite à Montmartre

La basilique de Montmartre.
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Alors que le confinement est parfois terrible à assumer pour les plus fragiles, les bénédictines de Montmartre ont choisi de mettre un étage de leur maison à la disposition de femmes en grande précarité.

Dans un Montmartre déserté par les touristes, à deux pas du Lapin Agile et des chevalets des peintres de la place du Tertre, une étonnante cohabitation s’est mise en place. Au-dessus des 14 bénédictines vivent à présent une dizaine de femmes en situation de grande précarité. En effet, alors que les religieuses, fidèles à l’adoration perpétuelle, sont confinées, elles ont choisi de mettre un étage de leur vaste maison, réservé habituellement à l’accueil des pèlerins, à la disposition de ces femmes accompagnées par l’association Aux captifs, la libération. « La communauté était vraiment enthousiaste pour ce projet. Les sœurs avaient ce désir de faire quelque chose et cela a fait écho à un besoin que nous avions », explique à Aleteia Alexandra Chapeleau, qui travaille chez Aux captifs, la libération.

Les premières femmes sont arrivées le 6 avril. Aujourd’hui au nombre de dix, elles devraient être quinze à la fin de la semaine. L’accueil  été mis sous la protection du père Jean-Paul Pasquier, un prêtre parisien décédé du covid-19 qui était très proche des personnes de la rue.

Pus qu’un simple hébergement

Au-delà de la question du logement stricto sensu, il se vit ici quelque chose de peu ordinaire. « Nous allons plus loin qu’un simple hébergement. Des bénévoles et des salariés tournent pour être présents 24 heures sur 24. Il y a une sorte de vie communautaire “made in confinement” », poursuit Alexandra Chapeleau.

Orientées ici par différentes organisations, ces femmes ont des parcours jalonnés de souffrances : certaines sont passés par la rue, d’autres ont habité dans des squats ou des gymnases, ont perdu leur logement faute de pouvoir payer leur loyer. « Elles ont des profils très variés avec des différences d’origines et de cultures », précise Véronique Lévêque, responsable du projet. « Nous leur proposons une vie communautaire et certaines s’en emparent “plus plus plus” ».

Aux captifs, la libération
Les femmes savent qu'elles peuvent compter sur la présence continue de travailleurs sociaux et de bénévoles de l'association.

Si chacune bénéficie d’une chambre individuelle, elles se partagent les tâches ménagères comme le nettoyage des couloirs et des toilettes. Elles sont également encouragées à prendre leurs repas ensemble et à participer aux activités de jardinage ou de sport instaurées par la dizaine de bénévoles et de travailleurs sociaux qui gravitent sur place. Certaines ont même organisé des temps de prière spontanés.

« Ici, elles se posent et se reposent, elles se sentent en sécurité. Certaines ont confié que cela faisait longtemps qu’elles ne s’étaient pas senties aussi bien. »

Pour que cette vie communautaire improvisée entre des femmes qui ne se connaissaient pas auparavant soit possible, un règlement intérieur assez drastique a été mis en place. Seulement deux sorties hebdomadaires par personne sont autorisées, et encore faut-il avoir une raison valable. De même, entre 21 heures et 8 heures, les religieuses, qui se relaient pour la prière, ont demandé que le silence soit respecté.

Des temps de prière s'improvisent dans la salle commune.

Ce calme fait du bien à ces femmes au lourd passé. « Ici, elles se posent et se reposent, elles se sentent en sécurité. Certaines ont confié que cela faisait longtemps qu’elles ne s’étaient pas senties aussi bien », note Véronique Lévêque. Reste bien sûr la question de l’après-confinement. « Pour le moment, nous avançons au jour le jour ».

Seule ombre au tableau, si elles prient les unes pour les autres, les sœurs et les femmes ne se sont jamais vraiment rencontrées afin de respecter les règles de confinement. « Nous leur sommes très reconnaissants », conclut Véronique Lévêque, « et nous espérons qu’à la fin nous pourrons faire une grande fête avec elles ».

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