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Fin de confinement à Emmaüs le jour de Pâques

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Philippe Lissac I Godong
"Le souper à Emmaüs", Le Caravage (Milan).
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Comme les disciples d’Emmaüs, nous avons besoin d’être consolés !

En cette période de pandémie et de confinement, nous ressentons plus que jamais le besoin d’être consolés et de nous retrouver ensemble. Se rassembler : il n’en est pas encore question tant que la mesure de confinement ne sera pas levée. Cependant, l’espérance pascale nous promet que nous nous retrouverons bientôt ! Dans l’évangile de Luc, dès le soir du Jour de Pâques (Lc 24, 13-35), l’Église agit comme un aimant sur les disciples, particulièrement sur ceux que la fin piteuse du prophète de Nazareth avait déçus. Le retour à Jérusalem des pèlerins d’Emmaüs constitue pour nous une prophétie d’espérance : notre confinement objectif et spirituel prendra bientôt fin ! Mais comment Jésus s’y est-il pris pour signifier à ses deux disciples que le temps n’était plus à retourner se confiner chez eux, mais à rejoindre l’assemblée ecclésiale ?

La nouvelle visibilité du Ressuscité

Le Jour de Pâques, Jésus cheminait incognito avec deux de ses disciples qui s’en retournaient chez eux, déçus par la tournure qu’avaient prise les événements à Jérusalem trois jours auparavant. Le soir venu, au cours du repas auquel ils avaient convié le mystérieux voyageur, Jésus se fit reconnaître d’eux en rompant le pain à Emmaüs. Mais pourquoi le Ressuscité disparut-il aussitôt après ? En fait, Jésus voulut leur faire comprendre de la sorte que sa visibilité serait désormais assurée par son Corps ecclésial, l’Église. En effet, après sa disparition, les deux disciples n’eurent qu’une hâte : rebrousser chemin, et rejoindre les Onze à Jérusalem.

Non seulement Jésus, en leur expliquant les Écritures tout au long de la route, avait dissipé leurs doutes et vaincu leur état dépressif, mais surtout il les avait persuadés que « l’affaire Jésus » n’était pas close, qu’elle ne faisait au contraire que commencer, et qu’elle continuait précisément là où le prophète de Galilée était mort et ressuscité : à Jérusalem, avec l’Église naissante.

Vivement dimanche !

« Et se levant à cette heure même, ils retournèrent vers Jérusalem et trouvèrent les Onze rassemblés… » (Lc, 24, 33). Luc emploie souvent le verbe « retourner » dans son évangile. Après avoir guéri un possédé, Jésus lui ordonne : « Retourne dans ta maison et raconte ce que Dieu a fait pour toi » (8, 39). Les foules « s’en retournaient en se frappant la poitrine » après la crucifixion (23, 48). Chez Luc, le mouvement de se retourner exprime soit une conversion, soit un accomplissement, comme c’est le cas pour les femmes qui « s’en retournent du tombeau » pour apporter la nouvelle de la résurrection aux disciples (24, 9). Pareillement, le retour des pèlerins d’Emmaüs à Jérusalem fait signe en direction d’un accomplissement : la naissance de la communauté des derniers temps, qui est l’Église regroupée autour de Pierre.

Quelle page d’évangile consolante pour nous qui sommes encore confinés ! Bientôt, nous aussi, comme les disciples d’Emmaüs, nous retournerons voir nos frères et sœurs, fils et filles de Dieu que Jésus rassemble dans l’unité et ramène à son Père par sa Pâque ! Un authentique signe de la Résurrection !