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Méditation pour Pâques : la mort est morte !

Pascal Deloche / Godong | Ref:328

Dom Samuel Lauras - Publié le 11/04/20

En ces temps où la mort rôde autour de l’humanité, célébrer la Résurrection du Sauveur et la nôtre acquiert une force particulière.

Dans un livre qui exige, pour y accéder, de solides compétences philosophiques et qui contient également de très belles pages sur l’adoration et la prière (La Rigueur des choses, entretiens avec Dan Arbib), le philosophe Jean-Luc Marion écrit quelques lignes sur la mort de Dieu qui méritent notre attention : « Il faut que la divinité de Dieu se manifeste encore et même jusque dans la mort du Christ, comme mort de Dieu. Mais alors, puisque Dieu ne peut mourir, la mort du Christ doit accomplir ce qu’elle signifie, la mort de la mort ».

Dans les litanies que nous chantons pendant la vigile pascale et que chacun peut chanter où qu’il se trouve, nous invoquons Marie, Mère de Dieu, celle qui a mis au monde Jésus, homme et Dieu, à la fois mortel en tant qu’homme et « Dieu qui ne peut mourir ». Même si ce n’est pas habituel, nous pouvons donc oser affirmer que nous avons célébré, ces jours derniers, la mort de Dieu — mort de Jésus, homme et Dieu — à condition d’aller jusqu’au bout du paradoxe : en se faisant l’un de nous, Dieu immortel a vaincu la mort, l’a traversée sans qu’elle l’arrête et l’engloutisse. Ainsi peut-on dire que « la mort est morte ».




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La mort est devenue mortelle, oui, mais pas l’agonie. Pour vaincre la mort, Jésus a dû passer par cette étape tragique, inhérente à la condition humaine et que chacun devra affronter à son heure. Chemin de ténèbres qui devient lumière dès lors que, dans notre humanité, nous l’empruntons sur les pas de Jésus.

Faire preuve d’humanité

L’humanité… En français, ce mot désigne l’ensemble des humains et, plus originellement, ce qui leur est commun, une certaine manière d’être. On parle d’agir avec humanité, avec des sentiments de bienveillance envers ses semblables ou motivés par la compassion pour les malheurs d’autrui. Ne pensez-vous pas, à cause des épreuves que nous traversons, que ces attitudes d’humanité retrouvent une certaine vigueur ? Nous vivions dans une impression illusoire de force qui cachait de grandes faiblesses. Nous sommes aujourd’hui invités, dans l’épreuve qui est une première forme de mort, à découvrir la force qui nous habite, dès lors que nous consentons sans panique à nommer nos faiblesses. Quand j’écris « nous », je pense bien sûr à nos contemporains, et à nous les chrétiens au milieu d’eux. Nous assistons à une transformation, fruit d’une forme d’agonie. Transformation qui exige de nous beaucoup de force, agonie qui conduit à une nouvelle vie puisque la mort est vaincue.

Faiblesse ou force ?

Dans la seconde lettre à Timothée, saint Paul décrit ce phénomène avec une précision d’horloger. Timothée est jeune, chargé d’une responsabilité pastorale qui le dépasse. Paul est âgé, prisonnier, sans autre perspective que le martyre. « Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. […] Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. » (2 Tm 1, 6-7).

« La force comme don de Dieu rend capable de résister à l’adversité, et désarme l’agressivité quand nous perdons de vue sa finalité : s’opposer au mal. »

En milieu chrétien, de nombreux ouvrages ont été publiés ces dernières années sur le thème de la fragilité et de la faiblesse, souvent pour en faire l’éloge. Les forts et les faibles… La Règle de saint Benoît les distingue. Nous les opposons, peut-être trop ; nous y pensons, pas toujours dans la ligne de l’Évangile. Pour saint Paul, le contraire de la faiblesse, ce n’est pas la force. Du moins : pas la force seule. C’est la force que l’amour a transformée, une force tempérée par la modération. Cette modération si chère à saint Benoît…

La force comme don de Dieu rend capable de résister à l’adversité, et désarme l’agressivité quand nous perdons de vue sa finalité : s’opposer au mal. Nous manquons si souvent de force ou bien nous l’utilisons si mal… « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous » (Ac 1, 8). Qu’est cette force reçue au baptême avec les autres dons du Saint-Esprit ? On n’en voit guère les fruits, ni chez les autres ni chez soi ! Dieu se moquerait-il de nous ?

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

Dans les affaires de Dieu, s’appuyer sur ce que l’on voit n’est guère plus fécond que de s’appuyer sur ce que l’on sent ! Quand les disciples se sont approchés du sépulcre, qu’ont-ils vu ? Un tombeau vide, du vide. Face à Dieu, face aux autres et même face à soi-même, ce que l’on voit ne suffit pas. Même chez ceux que nous aimons, nous ne voyons que les apparences. Le plus profond et le plus vrai, c’est ce que nous ne voyons pas. Pour mettre en œuvre le don d’une force transformée par l’amour et tempérée par la modération, suffirait-il de commencer par accepter de croire ? Croire en Dieu qui nous sauve, en Dieu qui nous apprend à aimer, et croire aussi en l’autre. C’est-à-dire espérer…

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