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Trésor du grégorien : « Dominus Jesus », le chant de communion de la Cène du seigneur

Le lavement des pieds. Détail d'un vitrail de Notre-Dame de Strasbourg.
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Avant la nuit de l’agonie, s’achève la Cène du Seigneur. Jésus lave les pieds de ses disciples : « Savez-vous ce que viens de faire ? » Le chant de l’Église est ici d’un dépouillement inhabituel.

Le chant de communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean. Cette pièce tranche avec le registre habituel du chant grégorien. C’est un commentaire dépouillé. Le compositeur a retranscrit cette forme littéraire dans le style musical : grande sobriété, style quasi syllabique (deux à trois notes par syllabe en moyenne, alors que le chant grégorien nous habitue à beaucoup plus), amplitude mélodique très réduite.

Dóminus Iésus, póstquam cœnávit cum discípulis súis, lávit pédes eórum, et áit íllis : Scítis, quid fécerim vóbis égo, Dóminus et Magíster ? Exémplum dédi vóbis, ut et vos íta faciátis. « Le Seigneur Jésus, après la cène avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire, moi qui suis votre Seigneur et votre Maître ? Je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez de même. »

L’introduction est une chronique expliquant ce qui se passe : « Le Seigneur Jésus, quand il eut soupé avec ses disciples, leur lava les pieds, et leur dit… » Musicalement, c’est un récitatif minimaliste, fixé sur la note fa mais qui par quatre fois repart du do au gré des éléments du texte.

Sommet de lumière

Suit la parole du Christ : « Savez-vous ce que je viens de vous faire, moi votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple afin que vous fassiez de même. » La mélodie commence alors par une envolée de notes sur scitis (« savez-vous »), comme un appel à la connaissance. La phrase : « Savez-vous ce que je viens de faire ? » étant écrite avec une amplitude mélodique plus grande, de do à la, amenant de la sorte une luminosité que n’a pas le reste de la pièce.

Puis celle-ci se poursuit, et la conclusion fournie par Jésus lui-même se termine également dans un style récitatif identique au début de la pièce. Bien que restreinte à un style sobre, voire triste, elle comporte, en son milieu, un sommet illuminé par l’enseignement divin du don de soi.

Veiller avec Jésus en agonie

À tant d’amour, il nous reste à répondre par une attention profonde au Seigneur. Alors que l’autel — le Christ — va être dépouillé de tous ses ornements, l’Église garde le Très Saint Sacrement dans une chapelle latérale, qui doit symboliser le cœur de chacun d’entre nous et nous invite à veiller avec Jésus en agonie. Le dernier chant orné est le Pange lingua, en l’honneur de l’Eucharistie. Les dernières volutes d’encens montent devant elle, au cours de la procession qui mène au reposoir. Retour en silence au chœur, le célébrant dépouille les autels à la récitation monocorde du psaume 22 Deus, Deus meus, ut quid me dereliquísti ! Le clergé sort ensuite en silence. C’est la nuit…