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Christophe Dickès : « Le pape François sait la gravité des temps »

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Depuis le début de la pandémie de covid-19, le pape François multiplie les prières, gestes et prises de paroles aussi forts symboliquement que spirituellement. « L’Église par la voie du Pape donne sens à la vie, mais aussi à la souffrance et à la mort que nos sociétés contemporaines occidentales refusent d’affronter », explique à Aleteia Christophe Dickès, historien et spécialiste du Vatican.

Roc dans la tempête, refuge dans l’adversité, berger dans l’obscurité. Depuis plusieurs semaines et alors que la lutte contre la pandémie de covid-19 concentre l’essentiel des forces vives des pays, le pape François, lui aussi, se mobilise à chaque instant contre le covid-19. Par la prière, par la parole et par les gestes. « Le Pape n’a pas d’autres pouvoirs que celui de la parole et, encore une fois, de la prière et des sacrements », explique à Aleteia Christophe Dickès, historien, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages dont Le Vatican, vérités et légendes et L’héritage de Benoît XVI. « L’Église par la voie du Pape donne sens à la vie, mais aussi à la souffrance et à la mort que nos sociétés contemporaines occidentales refusent d’affronter ».

Il y a d’abord eu les images du pèlerinage effectué par le pape François dans les rues de Rome, désertes, le 15 mars dernier, qui ont durablement marqué les esprits. Seul, entouré de quelques membres de son service de sécurité, le souverain pontife s’est rendu à pieds à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour adresser « une intense prière » à la Vierge devant l’icône Salus Populis Romani (sauvegarde du peuple romain en latin). Il a ensuite rejoint la via del Corso, dans le centre historique de Rome pour se recueillir devant le crucifix de l’église Saint-Marcel-au-Corso. « Voir le Pape seul parcourir une ville si universelle qui, en temps normal, est synonyme de vie, nous frappe », reprend Christophe Dickès. « Rome est la ville où la foi est une évidence et cette ville aujourd’hui est une ville morte, sans âme ».

AFP

Comment comprendre un tel geste ? « François se place dans les pas de ses successeurs : je pense notamment à Grégoire le Grand qui lui aussi marcha dans Rome au VIe siècle et notamment vers Sainte-Marie-Majeure afin de demander la miséricorde de Dieu et l’intercession de la Vierge contre le fléau de la peste », assure l’historien. « C’est au cours de la dernière procession que, d’après le chroniqueur Jacques de Voragine dans La légende dorée, l’ange du Seigneur est apparu sur le mausolée d’Hadrien, l’actuel château Saint-Ange, toujours orné de la statue de saint Michel ».

« L’Église, c’est sa nature, cultive les vertus de Foi, d’Espérance et de Charité. Elle sait la puissance de la prière et des sacrements. C’est ainsi qu’elle se renouvèle. »

Outre son pèlerinage dans les rues de Rome, le souverain pontife a autorisé la diffusion en direct de sa messe quotidienne depuis la résidence Sainte-Marthe. Chaque matin, il s’adresse ainsi à des millions de chrétiens. Le mercredi 25 mars, jour de l’Annonciation, c’est encore lui qui a invité les chrétiens du monde entier à prier le Notre Père en communion à midi, souhaitant ainsi « que le Seigneur entende la prière unanime de tous ses disciples ». « Le Pape sait la gravité des temps. Il voit aussi la limite de cette église, hôpital de campagne, qu’il porte depuis le début de son pontificat », indique encore Christophe Dickès. « Aujourd’hui, les prêtres et les évêques sont amenés à rester en confinement comme tout le monde, à trouver des solutions de substitution afin d’évangéliser… Mais l’Église, c’est sa nature, cultive les vertus de Foi, d’Espérance et de Charité. Elle sait la puissance de la prière et des sacrements. C’est ainsi qu’elle se renouvèle ».

Pope Francis Urbi et Orbe
YARA NARDI / POOL / AFP

Et puis il y a eu cette image. Celle d’un homme tout de blanc vêtu, s’avançant seul, sous un ciel gris, sur le parvis de la basilique Saint-Pierre balayé par le vent et la pluie à la nuit tombante. « Il y a d’ailleurs un paradoxe dans cette image : alors que le pape François a voulu faire de son pontificat un moment de collégialité, tourné aussi vers les périphéries, il se retrouve ici seul. Seul face à Dieu. C’est une solitude quasi prophétique », assure le spécialiste du Vatican. « Un terme qu’avait utilisé le philosophe Jean Guitton à propos de Paul VI dans les dernières années du pontificat. Le pape François, on le sait, apprécie peu le terme de souverain pontife qu’il assimile à une église des temps passés. Pourtant, le pontife, dans son sens originel, est celui qui crée un pont entre la terre et le ciel. François a beaucoup insisté sur la nécessité aussi de créer des ponts entre les hommes ». Mais la tragédie de la pandémie « le replace face à Dieu, avec le poids du malheur des temps sur les épaules » détaille-t-il. Ce Dieu, il le montre aux hommes grâce à cet ostensoir tourné vers la ville et vers le monde. « Un geste qui rappelle les mots du Deutéronome : « L’Éternel marchera lui-même devant toi, il sera lui-même avec toi, il ne te délaissera point, il ne t’abandonnera point; ne crains point, et ne t’effraie point. » (31:8) François, je pense, nous dit que Dieu sauve en dépit des malheurs du monde, des tempêtes et de nos propres peurs ».


Le pape François n’a cessé de le rappeler ces dernières semaines que face à la pandémie de covid-19, chacun est appelé à répondre par « l’universalité de la prière, de la compassion et de la tendresse ». « Dans le film La passion de Mel Gibson, le scénariste fait dire à Jésus en face de sa mère au moment de son chemin de croix : « Je fais toutes choses nouvelles. » Il s’agit d’un passage de l’Apocalypse de saint Jean », souligne Christophe Dickès. « Au paroxysme de la souffrance, il y a cette espérance en Dieu. Et c’est le rôle du pape que de porter cette Espérance en Dieu en dépit des crises que traverse l’église et le monde ».

Découvrez en images comment le pape François s'impose comme un rempart face à la pandémie du covid-19 :
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