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Trésor du grégorien : l’hymne missionnaire « Vexilla Regis »

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Chantée depuis les vêpres du dimanche de la Passion jusqu’au Jeudi Saint, l’hymne Vexilla Regis fait resplendir l’étendard de la croix glorieuse, source de toute vie.

L’hymne Vexilla Regis appartient au cycle de Pâques. L’Église la chante (hymne est au féminin lorsque l’on parle de liturgie) depuis les vêpres du Dimanche de la Passion jusqu’au Jeudi Saint. Qu’est-ce qu’une hymne ? C’est un cantique liturgique écrit le plus souvent en vers et divisé en strophes. Dans la langue latine, la poésie ne rime pas, mais la récitation du texte produit un mouvement harmonieux et cadencé. Ce mouvement est créé par la combinaison savante de syllabes de durée longue ou brève. Ces hymnes sont destinées à l’office et non à la messe. Ce sont des mélodies faciles à retenir. Le texte est souvent lyrique, plein d’humanité, de sentiments et de sensibilité. 

Un poème empreint de douceur

Voici le texte du Vexilla Régis :

Vexilla Regis prodeunt : Fulget Crucis mysterium …/…
O Crux ave, spes unica !
Hoc passionis tempore, Piis adauge gratiam, Reisque dele crimina. 

« L’Étendard du Roi s’avance, il resplendit le mystère de la Croix…/…
Salut Ô Croix l’unique espoir ! 
En ce temps de la Passion, aux bons donne plus de grâce, aux coupables le pardon. »

Le Vexilla Regis a été composé par Venance Fortunat, poète chrétien d’origine italienne venu en Gaule, en 569. Il a composé cette œuvre pour le transfert d’un morceau présumé de la vraie Croix de Tours à Poitiers. Vexilla Regis est un poème élégiaque empreint de douceur, comparant la Croix du Christ à un arbre noble source de la vie, abolissant la crainte.

Une hymne missionnaire du temps pascal

Cette hymne, missionnaire pour une part, a été chantée par les premiers explorateurs de l’Amérique lorsqu’ils débarquaient sur de nouvelles terres et chantée aussi par les Vendéens fiers de défendre l’étendard du Christ. Nous la chantons maintenant de manière plus paisible durant la quinzaine qui précède la fête de Pâques pour nous rappeler que la déréliction de la Croix laissera place à la splendeur joyeuse de notre rachat par le sacrifice du Christ.

L’hymne est un genre musical particulier dans le répertoire grégorien. On y trouve une synthèse difficile entre le rythme musical (modal et mélodique) et le rythme verbal. Les mots ne sont pas répartis au hasard. Du point de vue technique, les érudits parlent de vers agencés en « dimère iambique », rythme régulier fait de huit syllabes courtes puis longues se succédant avec régularité. Le rythme est alors indépendant de l’accent tonique des mots latins si importants par ailleurs, en particulier dans la psalmodie et les récitatifs liturgiques. 

UNA VOCE

Dans la mélodie du Vexilla Regis on remarque que les syllabes longues du poème sont ornées de neumes alors que les autres syllabes, courtes, sont chantées sur une seule note. De là découle le grand rythme de la pièce souligné aussi par les montées et descentes mélodiques étagées principalement du Ré au La dans le mode Protus authente. Il suffit de l’écouter pour s’en rendre compte pourvu que l’interprète respecte l’indivisibilité du temps premier (pas de triolet ou de croche.) 

Un chef d’œuvre d’équilibre

Cette hymne est un chef d’œuvre d’équilibre entre les paroles et la phrase musicale. Les paroles ont pu varier dans le temps par différentes modifications plus ou moins heureuses et l’on note une différence entre l’Hymnaire de Solesmes et l’Edition vaticane que chantent les paroisses qui ont gardé le chant grégorien comme on garde un trésor. La pièce donne une impression de balancement très calme qui porte à la méditation sur la Croix glorieuse source de vie, comme dans cette version de la pièce chantée par les bénédictins de l’abbaye Sainte-Madeleine du Baroux.

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