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Trésor du grégorien : l’antienne mariale « Ave Regina cælorum »

François Lemoine, La Vierge en gloire (pour la voûte de Chapelle de la Vierge), 1732. Huile sur toile (esquisse). Église de Saint-Sulpice, COARC, Paris.
© Ville de Paris – COARC – Claire Pignol
François Lemoine, La Vierge en gloire, Église de Saint-Sulpice.
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Comme les quatre antiennes mariales du temps liturgique, l’Ave Regina cælorum se chante pour conclure l’office du soir, dans le silence de la nuit. C’est l’antienne mariale du Carême : l’Église chante l’aurore du salut annoncé.

L’Ave Regína cælórum est l’une des quatre antiennes mariales. Elle se chante à l’issue des Complies, la dernière prière du bréviaire et des communautés religieuses, du 2 février jusqu’au Mercredi Saint. Les trois autres sont dans l’ordre de l’année liturgique : Regína Cáeli – au temps pascal, Sálve Regína — de la Trinité à l’Avent, Alma Redemptóris Máter — de l’Avent à la Purification. L’antienne que l’on retrouve au temps du carême est composée de huit vers rimés et a pour but de saluer et de glorifier Marie comme Reine du Ciel, comme aurore de notre salut, et de célébrer l’éclat merveilleux de sa beauté :

 

Ave, Regína cælórum,
Ave, Dómina Angelórum :
Sálve, rádix, sálve, pórta,
Ex qua múndo lux est órta :
Gáude, Vírgo gloriósa,
Súper ómnes speciósa,
Vále, o válde decóra,
Et pro nóbis Chrístum exóra.

« Salut, Reine des Cieux !
Salut, Souveraine des Anges !
Salut, tige féconde ! Salut, porte
par laquelle la lumière s’est levée sur le monde !
Réjouissez-vous, Vierge glorieuse,
qui l’emportez sur toutes en beauté !
Triomphez, ô toute belle,
et implorez le Christ en notre faveur. »

Tant de fraîcheur et de joie

L’origine du texte est assez malaisée à préciser avec certitude, à plus forte raison en va-t-il de même de la mélodie. L’auteur de cette hymne n’est pas authentifié. On pense qu’elle remonte au XIIe siècle. Fort heureusement ces précisions ne nous sont nullement nécessaires. Il nous suffit que depuis de longs siècles nos pères dans la foi aient aimé ces chants et y aient laissé quelque chose de leur âme.

Cette antienne, est très prenante ; tout, la pensée comme son revêtement musical, y est d’une fraîcheur exquise, accusée encore, dès la seconde phrase, par la modulation du huitième mode en sixième, la gravité du début se muant ainsi en légèreté quasi aérienne. Il y a tant de joie dans l’élan de ces sálve, gáude, vále, tant d’admiration filiale dans ces gracieuses retombées qui viennent ponctuer régulièrement chacune des cadences !

Grâce et légèreté

L’antienne proposée ici est celle dite du ton simple c’est-à-dire une réduction entièrement syllabique ou presque du ton solennel orné. Ce ton simple est ravissant avec sa légèreté si gracieuse due en partie aux accents au levé que la communauté du Christ Roi fait si bien entendre ici.