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Mieux vivre nos dimanches sans messe

Abbé Antoine Roland-Gosselin - Publié le 03/04/20

Depuis le début du confinement, les réseaux sociaux n’ont jamais vu autant d’offices et de messes en direct. Comment nous aider les uns les autres à suivre le mieux possible la liturgie dominicale en affrontant le principal ennemi : la durée du confinement ?

Qui eût pensé que nous réfléchirions sur ce point ? Il est évident que rien ne remplace l’assistance à la messe dominicale ! Cependant, en période de confinement, nous voilà affrontés à ce débat : comment nous aider les uns les autres à suivre le mieux possible la liturgie dominicale en affrontant le principal ennemi : la durée du confinement ?

Les réseaux sociaux n’ont jamais vu autant d’offices et de messes en direct ! Internet n’est plus seulement un nouveau presbytère, c’est tantôt un chœur de cathédrale, une petite église romane, une chambre aménagée en chapelle. Ces messes intimistes permettent de suivre au plus près chacun des gestes du prêtre, entrant davantage dans le grand mystère de l’eucharistie.

Les fidèles ont alors le choix de pouvoir suivre une communauté en particulier ou de se joindre aux messes grand public diffusées par les habitués de ces précieuses émissions que sont KTO tv et Le Jour du Seigneur (en cette période, il semble que tout le monde comprenne le soutien qu’il ne faut pas manquer d’apporter à la célèbre émission de la chaîne publique…).




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Ce temps de confinement peut même devenir une véritable retraite avec, dans beaucoup de foyers, la messe et le chapelet suivis en direct aussi souvent que possible. Les fruits de ces rendez-vous télévisuels semblent donc assez évidents.

Ah, si seulement nous étions équipés en casques de réalité virtuelle et de caméras permettant de s’immerger complètement !

Lorsque l’on regarde la messe à la télévision, beaucoup essaient de s’y associer pleinement en vivant une véritable communion. La qualité des images et le rendu phonique nous font entrer dans une quasi-réalité, complétée bien souvent par une participation quasi complète des fidèles qui chantent, répondent et déploient des trésors d’ingéniosité (cierges, chaises disposées à la façon d’une chapelle, attitudes corporelles correspondantes aux moments de la messe…). Ah, si seulement nous étions équipés en casques de réalité virtuelle et de caméras permettant de s’immerger complètement !

Les prêtres multipliant les messes télévisées cherchent aussi à donner un supplément d’âme aux messes télévisées en créant une communion affective et virtuelle, se superposant à la communion des saints qui est visée.

Le défi du passage du virtuel au réel

Cependant, il est bon de glisser un bémol… Il ne s’agit pas d’opposer les différentes pratiques ni de remettre de bonnes notes. Nous sommes tous pauvres en cette période, et tout le monde est bien démuni. Rien qu’à l’idée que nous devions vivre la semaine sainte sous un de ces modes nous remplit d’un réel frémissement.




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S’il n’y avait eu qu’un seul dimanche, qu’une seule semaine dans ce contexte, notre réflexion serait sûrement superflue. La motivation liée à l’aspect exceptionnel de ce qui est vécu aurait permis de surmonter l’obstacle, faute de mieux. Toutefois, la perspective de devoir durer nous oblige à repenser nos catégories.

« La communion à la messe c’est l’union des cœurs dans l’unique communion des saints vécue dans le Christ. »

La communion à la messe n’est pas simplement recevoir le Christ « caché dans l’hostie », comme le disait les petits voyants de Fatima. C’est bien plus que cela : l’union des cœurs dans l’unique communion des saints vécue dans le Christ. Il ne s’agit pas de faire comme si je vivais la messe ou d’être dans la quasi-réalité de ma participation eucharistique. Certes, l’union des cœurs peut s’appuyer par le média de la réalité augmentée qu’est la messe retransmise. Mais, comme tout moyen, Internet peut devenir un obstacle et m’empêcher de réaliser cette union. En clair, je considère que d’avoir passé une heure devant ma télévision équivaut à la messe, faute de mieux. N’ai-je pas rempli mon devoir dominical le mieux possible ? Une fois encore, cela est vrai. Mais si j’étais en Amazonie et que je devais passer l’année entière devant ma télévision chaque dimanche, je comprendrais qu’il me manque quelque chose.




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Quinze jours ou plus de confinement, permettent de comprendre que l’on peut survivre dans notre foi, et même trouver des agréments à cette nouvelle manière de vivre notre foi (après tout, les enfants regardent l’écran, ils sont donc plus sages !). L’enjeu, surtout à l’entrée de la Semaine sainte, n’est plus de survivre mais bien de vivre pleinement notre foi. Que cette Semaine sainte ne soit pas une année suspendue ou annulée ou reportée. Pâques sera bien réellement Pâques, de même que les messes auxquelles je ne peux me rendre sont bien réellement célébrées.

La passivité de la messe devant l’écran (inévitable au bout d’un moment, lorsqu’elle devient routine) la réduit à un spectacle auquel je ne me joins que virtuellement, manquant non seulement l’union du cœur nécessaire, mais aussi les dimensions du ICI et MAINTENANT validant la réalité de la participation active au sacrifice du Christ. Je reste devant une image, avec toutes les vertus que cela peut créer en moi, mais aussi toutes les limites.

Je peux certes alors dire avec piété un bel acte de communion spirituelle. Je peux même me dire que le dimanche aussi, il m’arrive de ne pas être très attentif à la messe dans toute sa durée. Mais il n’empêche que dans mon salon, je ne suis pas à l’église !

Fais de ta maison une Église

Il est bon de redire que ces propos n’ont pas pour objectif de décourager tout le monde mais bien de mesurer l’enjeu immense des conséquences de ce confinement. Cela va être pour nous tous une occasion de grandir dans notre foi, de redécouvrir la piété en famille !

Il existe une autre manière de vivre le dimanche en étant éloigné d’une messe. Non pas de faire comme si j’allais à la messe mais de vivre un temps de liturgie familiale.

Il existe une autre manière de vivre le dimanche en étant éloigné d’une messe. Non pas de faire comme si j’allais à la messe mais de vivre un temps de liturgie familiale. Ce registre n’a rien de nouveau et est déjà proposé par l’Église, en absence de prêtre le dimanche. Certes, il est souvent associé à une période agitée de notre Église mais certaines familles en tireront sûrement de grands profits spirituels.


NIEDZIELA PALMOWA

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Rappelons que la famille est une ecclesiola, une petite église, une « église domestique ». Dans l’incapacité de pouvoir participer à la célébration de la messe, il est possible de vivre une liturgie de la Parole avec des lectures, voire même une actualisation de ces lectures dans nos vies, une prière universelle et un Notre-Père (quelques exemples ici ou ). On pourra même, si la famille dispose de quelques compétences dans ce domaine (!), se lancer dans les chants ! Des paroisses proposent une sélection de chants, une homélie en ligne et une prière universelle afin de créer cette communauté réelle, non devant l’écran mais, cette fois-ci dans une authentique union des cœurs.

Nous le savons, rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ ! Nous appuyant sur cette certitude, entrons dans la joyeuse espérance que le Seigneur nous promet !

Un texte à retrouver sur Padreblog.


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Tags:
ConfinementCoronavirusMesse
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