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Colombie : le combat du père Velasquez contre l’esclavagisme moderne

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Habitué à côtoyer les délinquants de son quartier, le père Juan Carlos Velasquez est devenu le bienfaiteur de la vallée d’Aburrá. Avec son association Abba Padre Ministerio, il vient en aide aux personnes touchées par des ruptures relationnelles, émotionnelles, ou encore par la drogue, la prostitution et le trafic d’armes.

Barbe, cheveux longs, chemise, jean et tennis, c’est ainsi que se promène le père Juan Carlos Velasquez dans les rues sinueuses et non sans dangers de Medellín en Colombie. Appelé ‘brohe’ (abréviation de brother (frère) en langage des rues) par les jeunes du quartier, padre Juan Carlos fait le tour de la commune pour rencontrer les mafieux et dealers armés du coin. Étrangement, ils lui font plutôt bon accueil et se sentent proches de lui.

Des jeunes convaincus qu’ils ne valent rien

Engagé au nom de sa foi, le père Juan Carlos Velasquez a pour objectif de relever chaque personne pauvre, affaiblie, et meurtrie par le péché, au nom des droits et de la dignité de l’homme. Pour cela, il met en place des pactes de non-agression entre gangs, favorise la cohésion par des tournois de foot, et entreprend des actions concrètes qui permettent aux enfants et adolescents de grandir tant spirituellement que socialement. Par exemple, des soutiens scolaires et académiques sont mis en place par l’association Abba, ainsi que des préventions et interventions auprès des jeunes. Ce sont des jeunes « convaincus qu’ils ne valent rien », vivant dans des conditions de vie « difficiles, inhumaines, insalubres”, explique le père Juan Carlos Velasquez. Celui-ci tient alors à ce que chacun d’eux soit rempli de confiance et vive selon des valeurs, croyances, rêves et objectifs, afin que tous contribuent à la construction d’une société plus humaine et plus juste.

BBA /facebook

Par ses actions en tant que missionnaire envers les pauvres et les démunis, l’image du padre Velasquez se rapproche de celle d’un de ses prédécesseurs du début du XVIIe siècle, saint Pierre Claver. Ce prêtre jésuite d’origine espagnole est entré dans la Compagnie de Jésus en 1602, puis a été envoyé en mission en Colombie afin de soutenir les populations d’esclaves. Il nourrit, soigne et évangélise ces captifs qui arrivent par bateaux vers les Amériques, et se fait “esclave des Africains, pour toujours”. Canonisé en 1888 par Léon XIII, saint Pierre Claver est désormais un des saints patrons de la Colombie. La charité est le maître mot de ces deux hommes d’Église. Bien que quatre siècles les séparent, ces deux prêtres se rejoignent par l’unicité de leur vocation : combattre l’esclavagisme et servir les réprouvés. Ceci montre véritablement que l’élan missionnaire est une nécessité en tout temps !

Comme Jésus, le père colombien rempli d’humilité et de charité va à la rencontre des personnes mises à l’écart, de ceux qui souffrent et qui sont rongés par la faute, devenant même leur ami, leur frère, leur “brohe” : “je pense que si Jésus était parmi nous il ferait la même chose que moi”. Il a d’ailleurs, par soucis de sensibilisation et de mobilisation à la paix, lavé les pieds de douze chefs de gangs du quartier lors d’une Semaine Sainte, comme le Christ l’a fait envers ses apôtres. Padre Velasquez, qui ne cesse de sculpter des images saintes dans du bois, se met ainsi sous la coupe de l’Esprit-Saint et vit sa mission “en communion avec Jésus”.

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