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Chronique de la France confinée (5). Pathologie de la fermentation

Kaprova/Shutterstock
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Les Français ont payé depuis quinze siècles pour savoir qu’il existait des idéaux qui valaient plus que leur vie. On leur dit le contraire depuis quinze jours. Des idées interdites fermentent dans les têtes.

La France confinée qui passe, nous dit-on, près de cinq heures par jour devant la télévision — et pour regarder Dieu sait quoi, et en grignotant Dieu sait quoi — est entrée, au seuil de la troisième semaine, dans une pathologie de la fermentation. Elle rumine. Elle ressasse. Elle monte en pression. Ce n’est plus la peur du gendarme qui la persuade de demeurer au repos dans sa chambre : c’est la peur de la mort. Elle s’interroge : dans un mois, dans un an, aurons-nous tourné la page ou aurons-nous changé de monde ? Pis que cela : elle réfléchit.

Une option peu discutée

La maladie du coronavirus aura été très violente et le remède encore davantage. L’économie a été sabordée sur décision gouvernementale. Le feu a pris dans la maison et les pompiers ont tout cassé. Cette manière de faire conduit les Français à s’interroger sur la finalité des politiques publiques, sur le sens de l’intérêt commun, sur le prix de nos vies. L’objectif politique majeur, à ce qu’on comprend, l’objectif exclusif aura été de limiter l’inconfort de notre système hospitalier. Tout a été soumis à cette ambition suprême et d’ailleurs avouée : aplatir la courbe des urgences, éviter les embouteillages dans les services de réanimation de nos hôpitaux, tout faire pour différer le mal, miser sur une malédiction longue plutôt que sur un choc brutal.

 

Les conséquences de cette option du « Encore une minute, monsieur le bourreau » sont parfaitement intelligibles en termes politiques et peut-être parfaitement justifiables du point de vue de la morale et du bon sens, mais elles seront terribles. La crise économique qui nous attend, et aussi la crise sociale, et même sanitaire (car il y a d’autres maladies que le coronavirus) qui en découleront, auront été le fruit d’une option finalement peu discutée. Pendant quelques semaines, la vie hors du coronavirus aura été tenue pour rien. Rien, la marche des entreprises. Rien, la vie des familles. Rien, nos libertés. Rien, notre culture. Rien, notre art de vivre. Rien, le respect dû à nos morts. Rien, la Sainte Communion du dimanche. N’est-ce pas une folie ?

Le médecin-roi

La politique a pris le pouvoir sur nos intimités parce que les épidémiologistes ont pris le pouvoir sur la politique. À nos médecins exténués, glorieux et volubiles, à toutes ces blouses blanches qui envahissent nos écrans matin, midi et soir pour nous faire la leçon et pour se faire aimer, personne n’ose rappeler que le pouvoir rend fou, que le pouvoir absolu rend absolument fou. Les Français ont payé depuis quinze siècles pour savoir qu’il existait des idéaux qui valaient plus que leur vie. On leur dit le contraire depuis quinze jours.

Autrefois, dans le monde d’il y a trois semaines, mon boulanger faisait volontiers la leçon au gouvernement : si on l’écoutait, me disait-il, il y aurait moins d’impôts, moins de charges, et tout irait autrement mieux. À présent le voilà devenu praticien hospitalier : il donne son avis sur les options à prendre, sur le confinement, sur l’usage de la chloroquine ; si on l’écoutait, me dit-il à travers son hygiaphone improvisé, l’épidémie serait déjà terminée. Pendant que la pâte monte dans son fournil, des idées interdites fermentent dans les têtes. Nous avons embarqué sur un bateau ivre. L’accostage sera sportif.

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