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Méditer l’Évangile du 5e dimanche de carême avec Rembrandt

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La Résurrection de Lazare (v. 1630–1632), Rembrandt (1606-1669), Los Angeles County Museum of Art, CA, USA. © akg-images / Album.
La Résurrection de Lazare (v. 1630–1632), Rembrandt (1606-1669), Los Angeles County Museum of Art, CA, USA
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Aleteia vous propose de méditer l’Évangile de ce cinquième dimance de carême, la mort et la résurrection de Lazare, autour du tableau de Rembrandt, réalisé vers 1630, dans lequel transparaît la compassion du Christ.

Cette œuvre a été peinte par Rembrandt vers 1630, quand il avait environ 25 ans. Ce chef-d’œuvre de jeunesse, tout au long de sa vie l’artiste se battra bec et ongles pour le conserver, avant qu’il ne soit contraint de le vendre en 1656, pour éponger ses dettes. C’est que ce qu’il avait représenté là, c’était le Salut qu’il espérait au bout des situations humaines désespérées qu’il allait trop souvent devoir affronter : la mort incompréhensible, révoltante, d’un être cher, et puis d’un autre.

Faire vivre l’Amour sur la croix de l’existence

Et puis Rembrandt avait le don de la compassion. Ce ne ressortissait pas chez lui à de la sensiblerie, mais bien à une volonté d’imitation de Jésus Christ donnant la plus grand preuve d’amour. Il était convaincu de cette vérité que les puissances du mal ont pour motivation ultime de donner la mort à l’amour. Et les moyens d’y parvenir. Car dans leur dessein malveillant, elles triomphent assurément, tragiquement, de toute velléité humaine, ô combien dérisoire ! de faire vivre et survivre l’amour sur la croix de l’existence.

Domaine Public
La Résurrection de Lazare (v. 1630–1632), Rembrandt (1606-1669), Los Angeles County Museum of Art, CA, USA

Sauf qu’un homme, un homme que l’Évangile de saint Jean décrit comme le plus humain des hommes, ami intime de Lazare, de Marthe et de Marie ; un homme peut-être trop humain qui pleure à chaudes larmes son ami – « Voyez à quel point il l’aimait ! » s’exclament les témoins – ; un homme tellement humain qu’il fond devant la souffrance de « ceux qui restent » ; et Rembrandt a tellement souffert d’être celui qui reste quand sa mère, son père, ses enfants, sa femme, ses amis ont été d’abord horriblement broyés par la maladie pour être mieux happés par la mort ; oui, les puissances du mal triomphent toujours, sauf que cet homme-là, en pleurs, humain, trop humain qu’il est, dit soudain : « Je suis la résurrection et la vie. Quiconque croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Et Rembrandt, qui a perdu tant d’êtres aimés, croit en lui.

L’amour irradie le mal plus fortement que la souffrance n’irradie la chair

Le plus signifiant de son tableau, ce sont les effets de clair-obscur : la lumière qui déchire les ténèbres, l’amour qui irradie le mal plus fortement que la souffrance n’irradie la chair, la vie qui finalement triomphe de la mort. Un intense rayon de lumière jaillit au centre du côté droit, illumine obliquement le milieu de la scène et va frapper la tombe de Lazare. Les personnages qui assistent au miracle, Marthe en contre-jour, Marie en pleine lumière et des dignitaires juifs, sont subjugués.

La Résurrection de Lazare (v. 1630–1632), Rembrandt (1606-1669), Los Angeles County Museum of Art, CA, USA. © akg-images / Album.

Sur l’axe vertical qui divise la composition, apparaît la figure du Seigneur, un Jésus à visage humain, tout bouleversé encore, mais un Christ à la stature surhumaine : deux fois plus grand que les autres personnages, la main droite élevée magistralement, avec la force de Dieu, il ordonne à son ami de se relever.

La Résurrection de Lazare (v. 1630–1632), Rembrandt (1606-1669), Los Angeles County Museum of Art, CA, USA. © akg-images / Album.

Si vous souhaitez mieux contempler cette œuvre de Rembrandt, vous pouvez la retrouver dans un plus
grand format sur le site de la revue liturgique Magnificat en cliquant ici.