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Chronique de la France confinée (2). Il faut cultiver son jardin

KWIATY W OGRODZIE
David Prahl | Shutterstock
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Cultiver son jardin, en temps de confinement, nous préserve des faux prophètes. Ce ne sont pas les virus qui fabriquent l’Histoire, mais ils ont un mérite :  ils réveillent le souci de Dieu.

La Chine a décidément beaucoup à nous apprendre, elle qui colporte ce dicton pas très chrétien, mais plein d’une forme de sagesse douce et résignée : « Si tu veux être heureux un mois, tue ton cochon ; si tu veux être heureux un an, marie-toi ; si tu veux être heureux toute ta vie,  jardine! » Nous voici donc invités à faire de notre confinement venu de Chine un art de vivre. Cultivons notre jardin !

Je sais, un premier obstacle s’élève : les jardineries sont fermées. Mais il reste, par une de ces aberrations dont l’administration est fertile, des plans de tomates, des semences de choux, des sécateurs et même du terreau dans des rayons de certaines grandes surfaces. Ceux qui ont la chance de posséder quelques mètres carrés ou un balcon (à défaut une table de cuisine peut aussi convenir) pourront vivre un bonheur ancestral et universel, car le confinement nous frappe en pleine saison de végétation.

Unanimité douteuse

Les soins horticoles permettront aux nouveaux cultivateurs de couper la télévision, les journaux, la radio et les réseaux sociaux qui expliquent avec une unanimité douteuse que le monde ancien, mondialisé et technologique, est définitivement terminé. Les experts nous avait déjà fait le coup après le 11 septembre, après la chute de Lehman Brothers et la crise des subprimes, après le virus H1N1 et après les attentats de 2015 : le vieux monde est mort, clamaient-t-ils, rien ne serait plus jamais pareil. Ils nous le répètent aujourd’hui à propos du drame du coronavirus. Pas un journal qui n’explique que la démondialisation est en marche. 

Le scepticisme du jardinier

Qui le sait ? Adoptons sur ce point un scepticisme de jardinier. Un jardinier sait d’instinct que, lorsque tout le monde dit la même chose sans contradiction, le risque est grand que tout le monde se trompe. La terrible peste de 1720, le choléra meurtrier de 1832 ont fait des ravages mais n’ont point marqué de rupture de civilisation. Que la mondialisation ait aggravé notre mal est une chose. Qu’elle soit terminée en est une autre. Le système mondialisé ne s’est nullement remis en cause après les crises et les attentats. Les vraies mutations intervenues depuis vingt ans ont trouvé leur source dans la créativité des ingénieurs : ils nous ont rendu dépendants de nouveautés qui toutes concernaient la communication et dont nous usons comme jamais, ces jours-ci. Le plus inédit dans l’épidémie de coronavirus est moins la forme de la maladie que la fièvre qu’elle suscite sur les réseaux sociaux. Notre confinement est bavard et mondial.

Ainsi, un jardinier avisé se devrait de méditer le fait que l’après-coronavirus risque quand même de ressembler à l’avant-coronavirus, pour le meilleur et pour le pire. Tout dépendra de nous. Les virus font des morts, ils ne font pas l’Histoire. Mais ils ne créent pas seulement des vocations de jardiniers ou de philosophes : ils peuvent aussi faire naître des héros.

 

Dieu se rappelle à nous

Le changement que nous devons désirer est celui de nos cœurs. La seule démondialisation heureuse serait notre conversion. Par temps d’épidémie, Dieu se rappelle à nous. Des amis, des collègues m’interpellent : si ton Dieu est amour, pourquoi permet-il le coronavirus ? Je n’ai pas la réponse à cette vieille question, mais je sais que si le coronavirus n’existait pas, il n’y aurait pas grand monde pour se soucier de Dieu en ce moment, et personne pour m’interpeller sur ma foi!

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