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Chronique de la France confinée (1). Un souverain silence

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Que nous dit la crise sanitaire de notre société en drôle de guerre ? Notre chroniqueur décrypte le silence qui s’est abattu sur la France confinée, une France qui s’adapte et qui se redécouvre. On annonce que le monde ne sera plus jamais comme avant. Rien n’est moins sûr…

Au commencement, il y a un souverain silence. Un silence fait de main d’homme, car jusqu’ici, dans la province encore épargnée où je suis, la crise sanitaire est théorique : la vraie crise, le vrai silence est celui que nous avons provoqués nous-mêmes pour attendre un ennemi invisible. Nous nous préparons à l’invasion. Nous vivons la drôle de guerre. Les gens sont cantonnés chez eux, mais par décret, sans mesurer encore ce qui se passe. L’économie a été mise en panne, mais sur décision politique, comme on saborde une flotte à l’approche de l’envahisseur. Les caractères se révèlent. 

La semaine avait mal commencé. Le Président de la République nous exhortait à rester chez nous : il n’en fallut pas davantage pour que tout le monde sorte à l’instant de chez lui, foncer chez Leclerc ou Super U pour acheter un stock de pâtes et de purée en poudre : on avait sans doute annoncé qu’il n’y aurait pas de pénurie. Il est des manières d’appeler au calme qui ont de don de créer le tumulte. 

Une nouvelle forme de communication

Mais ce désordre ne dure pas. Les Français sont un vieux peuple qui en a vu d’autres. Les Gaulois réfractaires au changement ne sont pas aussi réfractaires dans l’épreuve que le pense l’élite : ils savent aussi s’adapter et même ils savent se discipliner. Là-dessus, ils pourraient en remontrer à certains gouvernants. Ils jouent le jeu — comme s’il s’agissait d’un jeu. Première bonne nouvelle : peu de resquille. Beaucoup de dévouement. Beaucoup de fausse désinvolture, qui est de la vraie dignité. On se parle. On s’écoute. Une nouvelle forme de communication, un peu bavarde, envahit les réseaux sociaux. Les citoyens se retrouvent.

Les campagnes sont vides des bruits de moteurs et, au-dessus de nous, nous contemplons un beau ciel, un vrai ciel, un ciel sans traînées d’avion, un ciel du XIXe siècle. Nous nous avisons qu’il y a encore des oiseaux. Les médecins, exténués et glorieux, se font économistes et philosophes. Les philosophes se font médecins. Les parents se font instituteurs. Tout le monde se met à savoir tout sur tout. Le silence des moteurs libère le bruit des conversations. 

Parler du monde de demain

La question à venir, c’est la manière dont nous saurons, dans cet étrange drame, passer du mode sprint au mode marathon. Après l’excitation, l’ennui. Après l’ennui, le délétère. Et les premiers morts proches. Il ne faut pas laisser monter une pathologie de la fermentation. Dans mon entreprise, je me suis résolu à mettre en place, à côté de l’inévitable cellule de crise, une cellule de stratégie : les dirigeants y sont priés de ne pas parler de coronavirus, ni d’urgence, mais de long terme.
Il n’est pas trop tôt pour parler du monde de demain, dont beaucoup rêvent en secret qu’il sera plus sobre, plus rural, plus beau que celui qui nous quitte.

L’autre danger

Un virus invisible, en quelque jours a réussi ce que ni les imprécations de Greta Thunberg, ni les argumentaires des altermondialistes, ni les encycliques du pape n’avaient obtenu : un regard vrai sur le monde et sur nos vies. Nous voici face à l’essentiel. Mais ne nous emballons pas. On annonce que le monde ne sera plus jamais comme avant. Qui le sait ? Au vrai, un autre danger se profile déjà : reparti le virus, dans un mois, dans un an, le monde d’hier montrera qu’il ne veut pas mourir. Même estropié, il reviendra. Faute de le penser immédiatement, il nous faudra le subir à nouveau. L’heure est à la prospective.

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