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La recette de la sainteté : troisième ingrédient, l’audace

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La sainteté, ce n’est pas pour vous ? Détrompez-vous. Pour saint Jean Bosco, atteindre la sainteté, c’est comme réussir à faire un bon gâteau. Cela nécessite quelques bons ingrédients et du temps pour que la pâte se lève. Alors, s’il y a une recette de la sainteté, le troisième ingrédient après l’endurance et la joie, doit certainement être… l’audace. On vous explique pourquoi.

Pour beaucoup de personnes, la sainteté peut faire peur. On a souvent tendance à lui associer des images d’austérité et d’abandon de soi peu attrayantes, sans oublier celle du martyre, plutôt effrayante. C’est sans doute pourquoi on finit par la craindre : la sainteté serait réservée aux âmes d’élite, à celles et ceux qui sont prêts à tout sacrifier. Elle serait donc bonne pour certains, mais surtout pas pour nous…  Pourtant dans son exhortation Gaudete et exsultate – que l’on pourrait sous-titrer « N’ayez pas peur de la sainteté » –  le pape François affirme que cette dernière ne consiste pas à rechercher un idéal de vie plus ou moins extrême. Il s’agit plutôt de trouver les ingrédients qui font avancer au quotidien sur le chemin de la sainteté. En quelque sorte, suivre une recette déjà connue par les plus grands chrétiens, mais revisitée à la sauce du pape François !

Pour le pontife argentin, il y a cinq éléments importants qui permettent de « partager un bonheur que personne ne pourra enlever ». Car pour lui, une chose est sûre : la sainteté est le moyen le plus rapide pour atteindre le bonheur ! Autrement dit, cinq moyens – cinq ingrédients – pour surmonter les obstacles afin d’y accéder. Après l’endurance et la joie, le troisième ingrédient est l’audace.

Oser s’affranchir des codes établis

Dans votre vie professionnelle vous connaissez peut-être cette tentation de cultiver une certaine inertie, de rester dans votre zone de confort sans quitter les sentiers battus. Est-ce par peur, par précaution, ou tout simplement par manque d’imagination ? Pourtant, cette attitude risque de vous empêcher d’aller de l’avant, vers ce qui est le mieux pour vous, ce qui vous permet de progresser, de développer de nouvelles compétences et de grandir…

Pour le pape François, l’audace est au cœur d’une vie réussie, parce qu’elle détient une saveur, un piment qui l’enrichit. Faire preuve d’audace, c’est oser s’affranchir des codes établis pour penser et agir comme on l’entend, malgré les risques ou le regard des autres. L’audace, c’est cette étincelle qui permet d’éteindre le pilote automatique pour devenir acteur(trice) de votre vie, même si les autres vont tenter de vous décourager.

«Briser les habitudes, les faux conforts, retrouver le sel aventureux des héros de l’Évangile, c’est ainsi que l’on peut contribuer au Royaume.»

Car dans l’audace il y a quelque chose qui dérange et qui surprend. Pourquoi les saints dérangent toujours ? Parce qu’ils nous invitent à sortir de nos schémas souvent répétitifs et anesthésiants, pour entrer dans la folie de l’Évangile. Dans son exhortation apostolique sur la joie et la sainteté, le pape François parle de parresia, ce qui signifie en grec l’audace, le courage, l’enthousiasme, la ferveur, la détermination, la liberté et la volonté d’avancer… Rien que ça en un seul mot ! Mais plus que ce mot, il nous invite ici à une véritable attitude de vie.

« Nous avons besoin de l’impulsion de l’Esprit pour ne pas être paralysés par la peur et par le calcul, pour ne pas nous habituer à ne marcher que dans des périmètres sûrs. Souvenons-nous que ce qui est renfermé finit par sentir l’humidité et par nous rendre malades. Quand les Apôtres ont senti la tentation de se laisser paralyser par les craintes et les dangers, ils se sont mis à prier ensemble en demandant la parresía : Et la réponse a été que « tandis qu’ils priaient, l’endroit où ils se trouvaient réunis trembla ; tous furent alors remplis du Saint-Esprit et se mirent à annoncer la parole de Dieu avec assurance » (Ac 4, 31).

Qu’il s’agisse de la vie de famille, personnelle ou professionnelle, l’audace c’est être conscient des difficultés et des épreuves et avancer toujours avec assurance.

Dans une formule lumineuse, Saint Augustin a résumé le double mouvement de l’amour qui habite le cœur de l’homme : d’une part l’amour de soi jusqu’à l’oubli de Dieu et des autres, de l’autre l’amour de Dieu et des autres jusqu’à l’oubli de soi. Faire preuve d’audace c’est s’engager corps et âme dans ce dernier cheminement, celui qui seul procure la vraie paix et la vraie joie.

Briser les habitudes, les faux conforts, retrouver le sel aventureux des héros de l’Évangile, c’est ainsi que l’on peut contribuer au Royaume. Ainsi, l’adage populaire selon lequel « la fortune n’appartient qu’aux audacieux » trouve ici une justification supérieure, lorsque cette fortune est d’entrer dans la richesse infinie de l’amour divin.

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