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Messes d’obsèques en comité réduit : « Ces conditions rajoutent à la souffrance »

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Dans plusieurs diocèses, les messes d’obsèques ont lieu en tout petit comité en raison de mesures restrictives liées au coronavirus. L’abbé Guillaume Deveaux, curé de paroisse dans l’Oise, a décrit la situation à Aleteia.

Dans les départements de l’Oise et du Morbihan, les plus touchés par le coronavirus, des arrêtés préfectoraux ont interdit les grands rassemblements dans les lieux confinés. Les diocèses de Beauvais et Vannes se sont résolus à prendre des mesures douloureuses, en suspendant certains offices. Les messes d’obsèques et de baptêmes peuvent toujours avoir lieu, mais seules la famille et les proches sont autorisés à y assister, soit 20 à 30 personnes. Dans le diocèse de Strasbourg, les célébrations sont limitées à 50 personnes mais cette règle « ne s’applique pas de manière stricte aux cérémonies de mariage, d’enterrement et de baptême ». Cependant, « les familles veilleront à limiter le nombre d’invités ». Cette réalité singulière est décrite à Aleteia par l’abbé Guillaume Deveaux, curé de la paroisse de Crépy-en-Valois (Oise), ville « au cœur du réacteur », selon sa propre expression.

Des propositions « au cas par cas »

Lui-même a célébré six enterrements depuis une semaine, un rythme qu’il juge « habituel ». Sauf que les assemblées ne comptaient pas plus de trente personnes. « Nous avons de très bonnes relations avec les pompes funèbres », glisse-t-il en guise de préambule. La paroisse et le service des funérailles ont ainsi pu s’entendre sur l’organisation des célébrations et de ce qu’il convenait de dire aux familles. À défaut d’une messe en grand comité, le curé a imaginé plusieurs formules pour les familles endeuillées. Pour certaines d’entre elles, la règle de restriction ne change strictement rien car, de toute façon, l’assemblée aurait été peu nombreuse. Pour celles qui auraient réuni plus de monde, il propose de célébrer une messe d’action de grâces pour le défunt, une fois les restrictions levées.

« On perd un proche et les obsèques ont lieu dans un contexte particulier. De plus, les gens ont un peu l’impression d’être des pestiférés. »

Il prend l’exemple d’une paroissienne enterrée il y a quelques jours, qu’il décrit comme « une belle figure de Crépy-en-Valois, connue dans la paroisse et dans le milieu associatif ». « C’est certain qu’il y aurait eu plusieurs centaines de personnes à son enterrement. Nous ferons cela en fonction de ce que chaque famille souhaite. Nous pourrons imaginer un temps à la mémoire du défunt, avec des petits témoignages. Les inviter à vivre quelque chose à l’Église, pourquoi pas autour d’une date anniversaire. Ce pourrait également être une messe dominicale pour le défunt à laquelle d’autres personnes seraient invitées à se joindre ».  Si « les gens comprennent », pour beaucoup, « ces conditions rajoutent à la souffrance », souffle-t-il. « On perd un proche et les obsèques ont lieu dans un contexte particulier. De plus, les gens ont un peu l’impression d’être des pestiférés ».

Pour lui, c’est justement là que l’Église a son rôle à jouer. « Les équipes qui accompagnent les familles en deuil le font avec une immense générosité. C’est important que nous soyons de beaux témoins de la compassion du Christ. J’ai vécu des expériences de compassion très singulières », note-t-il, indiquant avoir passé beaucoup de temps auprès des familles en deuil au cours des derniers jours. « Les gens gens sont très touchés quand ils sentent dans notre regard la présence du Christ aimant ». Le curé de paroisse reste d’ailleurs persuadé que cette épreuve n’est pas stérile. « C’est évident que nous allons en tirer des fruits, mais aujourd’hui, je ne suis pas capable de dire lesquels. Nous sommes amenés à vivre notre foi différemment, et peut-être de façon plus véridique ».

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