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La recette de la sainteté : deuxième ingrédient, la joie

Willie Maldonado/Getty Images
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La sainteté, ce n’est pas pour vous ? Détrompez-vous. Pour saint Jean Bosco, atteindre la sainteté, c’est comme réussir à faire un bon gâteau. Cela nécessite quelques bons ingrédients et du temps pour que la pâte se lève. Alors, s’il y a une recette de la sainteté, son second ingrédient après l’endurance doit certainement être… la joie. On vous explique pourquoi.

Pour beaucoup de personnes, la sainteté peut faire peur. On a souvent tendance à lui associer des images d’austérité et d’abandon de soi peu attrayantes, sans oublier celle du martyre, plutôt effrayante. C’est sans doute pourquoi on finit par la craindre : la sainteté serait réservée aux âmes d’élite, à celles et ceux qui sont prêts à tout sacrifier. Elle serait donc bonne pour certains, mais surtout pas pour nous…  Pourtant dans son exhortation Gaudete et exsultate – que l’on pourrait sous-titrer « N’ayez pas peur de la sainteté » –  le pape François affirme que cette dernière ne consiste pas à rechercher un idéal de vie plus ou moins extrême. Il s’agit plutôt de trouver les ingrédients qui font avancer au quotidien sur le chemin de la sainteté. En quelque sorte, suivre une recette déjà connue par les plus grands chrétiens, mais revisitée à la sauce du pape François.

Pour le pontife argentin, il y a cinq éléments importants qui permettent de « partager un bonheur que personne ne pourra enlever ». Car pour lui, une chose est sûre : la sainteté est le moyen le plus rapide pour atteindre le bonheur ! Autrement dit, cinq moyens – cinq ingrédients – pour surmonter les obstacles afin d’y accéder. Après l’endurance, le second ingrédient est la joie, accompagnée d’une bonne dose de sens de l’humour !

Ouvrir son cœur pour libérer la joie

À l’inverse du plaisir qui est éphémère, la joie est beaucoup plus profonde : elle nous prend tout entier. Elle touche l’esprit, le corps et le cœur. Elle nous fait danser, chanter et rire. Dans la joie, c’est tout l’univers qui prend des couleurs. Bien sûr, la joie ne relève pas d’une volonté psychologique, comme l’optimisme ou le positivisme. Elle ne se commande pas, mais on peut l’inviter, la provoquer, l’accueillir en cultivant certaines attitudes au quotidien, dont une essentielle : ouvrir son cœur.

Bien avant tous les conseils en psychologie positive, les Pères du désert parlent de la garde du cœur, cet exercice à faire pour être dans la joie durable. Eux qui, au IIIe siècle, ont voulu vivre leur foi de manière radicale dans le désert d’Égypte, avaient choisi ce mot qui se dit nepsis en grec, qui signifie vigilance, celle qui permet d’atteindre la joie profonde. Elle s’acquiert grâce à l’attention portée à tout ce qui se passe dans notre cœur.

«Le rapprochement du mot « saint » à celui de « bienheureux » n’est pas sans signification.»

C’est une méthode spirituelle qui vise à libérer l’homme des pensées mauvaises ou passionnées. Elle invite ainsi à observer les pensées qui pénètrent dans notre âme et à discerner les bonnes des mauvaises. Ouvrir son cœur, c’est être attentif à soi-même. Comme le constataient déjà les Anciens, les pensées saines conduisent à un état paisible de joie profonde, ingrédient indispensable de la sainteté. Et le rapprochement du mot « saint » à celui de « bienheureux » n’est pas sans signification. Les Pères du désert ne s’y sont pas trompés. Dès l’Antiquité chrétienne, ils ont associé la sainteté à la joie. Le saint est promis à la béatitude éternelle, mais il connaît déjà la joie dans ce monde. Dieu nous appelle tous à la sainteté, ce qui veut dire qu’Il nous propose un chemin où, dès notre passage terrestre, le bonheur est possible.

Le bonheur éternel nous est promis dans la béatitude céleste et, ici-bas, la joie habite déjà les cœurs qui aiment. Le plus grand signe de ce bonheur, c’est la joie qui est le fruit de l’intimité avec le Christ, pour ceux qui se savent aimés par Celui qui les aime infiniment, au plus profond d’eux-mêmes, de leurs faiblesses et de leurs misères, de leurs beautés et de leurs rêves les plus forts. Les premiers mots prononcés par Dieu dans le premier des quatre Évangiles, celui de Mathieu, nous font connaître le Christ comme Celui qui, aimé de Lui, est toute sa joie :

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie » (Mt 4, 17).

Au cours de son baptême, qu’Il reçoit des mains de Jean-Baptiste, Jésus est offert comme Celui en qui nous trouvons la joie de Dieu. Ceux qui ont eu la chance de rencontrer des saints en témoignent : ils sont habités par une réelle joie de vivre, qui se traduit par une apparente légèreté – leur ego leur pèse si peu ! – une énergie et une gaieté souvent très communicatives. Mère Teresa et Jean Paul II étaient connus pour leur humour.

Et leur sourire éclatant était le révélateur le plus fort et le plus désarmant de leur sainteté. Car « le chrétien doit avoir un visage joyeux, pas une tête de piment au vinaigre ! » a tonné encore récemment le pape François, fidèle à son sens de l’humour légendaire (lui aussi), dans la veine du « Soyez toujours joyeux » de l’apôtre Paul.

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