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Éducation bienveillante : ce qu’en pensent (vraiment) les grand-mères

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Devenue l’alpha et l’omega de l’éducation des jeunes parents, la parentalité positive a le vent en poupe. S’appuyant sur des travaux de chercheurs et sur les découvertes des neurosciences, celle-ci propose des principes dont les grand-mères reconnaissent les bienfaits, mais aussi les limites. En ce 1er mars, où elles sont particulièrement fêtées, nous leur avons donné la parole.

« Pas de confrontation, mais de la coopération »

Amener son enfant à réfléchir sur une situation, le faire décider lui-même, l’amener à coopérer : voilà le premier credo de ce mode éducatif. Ainsi, l’enfant devient partenaire de sa propre éducation. « C’est une catastrophe, explose Pauline, grand-mère de huit petits-enfants dont l’aîné est âgé de 11 ans, car je pense que tout expliquer aux enfants pour les amener à prendre la décision par eux-mêmes est inadapté à leur état d’enfant. Ceux-ci ne sont pas des adultes en miniature, c’est une responsabilité trop lourde pour eux ! » Et d’ajouter : « Laissons-les vivre leur vie d’enfant ! » Quant à Florence, jeune mamie de quatre princesses, elle assure : « Je crois surtout qu’ils ont besoin de parents, qui soient des maîtres à admirer, et sûrs d’eux, plutôt que des parents qui leur demandent sans cesse ce qu’ils pensent ou ce qu’ils veulent ».

« À l'écoute des émotions et des besoins de l'enfant »

Entendre et comprendre son enfant, cela est fondamental pour la parentalité positive… et pour les grand-mères ! Sur ce point, elles sont plutôt d’accord : « C’est un grand bénéfice pour tout le monde » ! A une nuance près : « La grande phrase de cette éducation, c’est : « je comprends que tu sois (en colère, énervé., fatigué, etc.) » mais la maîtresse de maternelle, elle, ne pourra peut-être pas entendre toutes les émotions de tous ses bambins » sourit avec malice Pauline. Donc, être au contact d’adultes moins à l’écoute peut aussi être un atout pour l’enfant. Quant au principe « entendre et répondre à ses besoins », il est clairement contesté. « On passe beaucoup de temps à écouter l’enfant, ses besoins, ses désirs avec souvent la peur de le frustrer. Or cette éducation à la frustration me paraît nécessaire pour les aider à grandir et ne pas fabriquer des enfants-rois », conclut Florence.

« Suivez le guide ! »

L’enfant, en éducation positive, a besoin d’être guidé, non d’être contrôlé ou dominé. Sur ce principe, la contestation gronde. « Je suis persuadée que l’enfant a besoin d’une autorité – bienveillante évidemment – mais d’une autorité pour grandir » explique Pauline qui ajoute : « Une juste autorité, c’est sacrément rassurant pour l’enfant ». Marie-Thérèse, mamie de Théo, 4 ans, s’anime : « Je continue de penser que la famille n’est pas une démocratie, et que tout ne peut pas se discuter … A un moment donné, il est bon de savoir qui est le chef ! » Bien évidemment, celui-ci n’est pas là pour user de pouvoir et de domination, mais il représente plutôt celui qui sait ce qui est bon pour l’enfant. « Et c’est l’antériorité d’âge et d’expérience qui donne cette légitimité » conclut-elle.

« Manifester des signes positifs d'attention »

Féliciter, lui dire qu’on l’aime, le remercier pour ce qu’il fait… Là, les grand-mères sont unanimes ! « Féliciter est évidemment une bonne chose, insiste Florence, car la valorisation est un ressort essentiel pour développer la confiance en soi. Et bien sûr, comme grand-mère, je passe mon temps à dire à mes petites-filles que je les aime ». Non seulement leur dire, mais le prouver. « Là, insiste Pauline, je conseille toujours aux jeunes parents – et plus spécialement aux jeunes mères – de passer beaucoup de temps avec leurs enfants : « Soyez là… Perdez du temps pour eux… Car rien ne vaut cette présence attentive, au jour le jour… »

« Éviter à tout prix les interdictions »

Éviter un « non » tranchant, proposer une alternative, préférer les contournements… tout est fait dans cette éducation pour éviter la confrontation. Là, les mamies ont du mal à s’adapter. « Ma fille va proposer à Théo d’aller voir les canards plutôt que d’affronter une colère » explique Marie- Thérèse. « C’est le grand truc du contournement : tu ne vas jamais au clash, jamais à la confrontation ». Pauline ajoute : « Bien sûr, le truc de la diversion du canard, on connaît… Mais, de temps en temps, poser un « non » et fixer des limites claires est important. Non pas pour le malheur des enfants mais pour leur donner une arme puissante dans la vie. Car ils ne vont pas évoluer dans un monde de bisounours ! » Et Florence d’ajouter : « Je crois bien que les jeunes parents ont peur de se confronter à leurs enfants, et de les contrarier ! ».

« Éviter les étiquettes »

L’estime de soi est devenue un but éducatif en soi, là où autrefois on cherchait à transmettre une morale. Pour cela, les étiquettes qui enferment l’enfant sont à bannir. Florence explique : « Je ne dois pas dire à mes princesses : « tu es jolie », mais “tu as une jolie robe qui te va très bien”… Pas “tu es méchante”, mais “ce que tu fais n’est pas autorisé”. » Ainsi, l’enfant ne se sent pas jugé. Là encore, les mamies du 21ème siècle sont plutôt d’accord. Avec une réserve : où sont donc passées les notions de bien et de mal ? « Oui, ce n’est pas autorisé, mais parfois il est essentiel d’appeler un chat un chat : l’action posée est bonne, ou mauvaise, c’est bien ou c’est mal, tout simplement » explique Pauline.

Pour autant, l’art d’élever un enfant reste difficile. S’il est bon de s’aider de tel ou tel modèle éducatif – et la parentalité positive en fait partie – rien ne vaut un travail sur soi pour éviter de reproduire les erreurs de ses propres parents (eh oui, ils ne sont pas parfaits !) et trouver son propre style éducatif. Enfin rendons hommages aux grand-mères qui – sans éducation bienveillante et positive ! – ont souvent été de formidables éducatrices.