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À Bari, soixante évêques pour (re)découvrir la vocation de la Méditerranée

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CC I Flickr
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Les évêques des pays du pourtour méditerranéen se réunissent jusqu’au 23 février, à Bari (Italie), pour travailler et réfléchir ensemble sur la crise migratoire que traverse l’ensemble de leurs diocèses. « D’une certaine manière la Méditerranée est un laboratoire pour le monde entier », explique à Aleteia Mgr Pierre-Marie Carré, évêque de Montpellier. « Si nous réussissons à faire quelque chose, cela pourra donner des idées à d’autres ».

La Méditerranée porte en elle la « beauté générée par la rencontre des diversités », mais aussi de « la violence », a déclaré le cardinal Gualtiero Bassetti, président de la Conférence épiscopale italienne, en introduction de la rencontre de Bari consacrée à la « Méditerranée, frontière de paix ». Une soixantaine d’évêques originaires de vingt pays du pourtour méditerranéen sont invités à réfléchir, jusqu’au 23 février, sur la question des conflits, tensions et peurs qui habitent cet ensemble. Cette rencontre doit être l’occasion de faire une proposition « qui donne voix aux difficultés et aux questions des peuples de la Méditerranée », alors que beaucoup d’entre eux vivent une situation « vraiment dramatique », a-t-il précisé.

« La Méditerranée est un laboratoire pour le monde entier. »

« Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte ». Extraites du livre de l’Exode, ces paroles sont encore aujourd’hui, malheureusement, d’une triste actualité. En 2019, plus de 1.090 migrants et réfugiés sont morts en tentant de traverser la Méditerranée et plus de 91.500 personnes sont arrivées en Europe par la Méditerranée, rapporte l’Organisation internationale des migrations (OIM). Deux chiffres mais une réalité aux multiples visages faite de souffrances difficiles à endurer et d’espoirs à peine esquissés.

« Nous allons voir ce que nous pouvons proposer, comment nous pouvons aider nos communautés chrétiennes pour qu’elles comprennent l’enjeu qu’est l’accueil des migrants », indique à Aleteia Mgr Pierre-Marie Carré, évêque de Montpellier, présent à cette rencontre. « Mais nous devons aussi aider l’ensemble des peuples de la Méditerranée à vivre dans la paix ». « D’une certaine manière la Méditerranée est un laboratoire pour le monde entier. Si nous réussissons à faire quelque chose, cela pourra donner des idées à d’autres ».

Dans la droite ligne de Laudato Si’ (2015) et de la récente exhortation Querida Amazonia (2020), le but sera de réfléchir concrètement, de manière synodale, à la cohérence de l’action de l’Église dans un espace où, malgré les spécificités culturelles indéniables, « tout est lié ». En somme, comme le rappelait Mgr Antonino Raspanti, vice-président de la Conférence épiscopale italienne, c’est bien à Bari, « ville orientale d’Occident » que la question centrale de cette rencontre sera posée : « Que veut Dieu de la Méditerranée aujourd’hui ?