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Pourquoi les saints nous aident à mieux connaître Dieu

Les saints préservant le monde de la colère du Christ - Peter Paul Rubens
Les saints préservant le monde de la colère du Christ, Rubens.
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Les saints sont utiles pour nous guider dans l’existence. Maîtres de sagesse et de vie, leur assistance est surtout irremplaçable pour entrer dans la connaissance du mystère divin : ils nous aident à découvrir Dieu de l’intérieur.

Dans le mystère de la Révélation, Dieu n’est pas un « objet » de connaissance, au sens où la science comprend ce mot. Le croyant ne se tient pas face à Lui comme face à une réalité dont son esprit serait capable de prendre la mesure. Il Le connaît plutôt en entrant en « sympathie » avec Lui. Non qu’il soit obligatoire d’être un saint pour bénéficier de Sa révélation. Toutefois les hommes qui accueillent favorablement cette offre gracieuse d’auto-communication de Dieu (ce que nous appelons la Révélation), finissent généralement par changer de vie.

Dieu n’est pas un objet

En effet, lorsque Dieu désire Se faire connaître d’une personne, cette action de Sa part ne relève pas de la simple transmission d’un savoir, d’une opération où le transmetteur garderait le statut d’objet vis-à-vis du destinataire. Dieu change l’interlocuteur à qui Il s’adresse. C’est à ce signe qu’Il marque sa transcendance par rapport à tous les objets de ce monde. En Se donnant à nous, Dieu nous transforme. D’ailleurs, sans cette transformation de notre être, le mystère divin nous resterait fermé. Pourquoi ? Tout simplement parce que seul le semblable connaît véritablement le semblable. Aussi est-ce en devenant toujours plus aimants que nous parviendrons le mieux à connaître Dieu, car Dieu est Amour.

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Les saints préservant le monde de la colère du Christ, Rubens.

À ce propos, ne confondons pas connaissance et intelligence. Connaître Dieu, c’est co-naître, c’est-à-dire « naître avec » Lui, naître à une nouvelle vie, à la vie d’amour. Le diable peut bien appréhender Dieu avec grande intelligence, il n’en possèdera jamais qu’une connaissance extérieure, incapable qu’il est d’accéder à Son Cœur pour la simple raison qu’il a renoncé, par un choix irrévocable, à l’amour.

Une connaissance qui nous transforme

Dans la Révélation, Dieu ne communique jamais des informations « neutres », mais Lui-même. Se révéler, pour Lui, consiste toujours à faire don de Sa propre personne. Dieu est le Bien, et le Bien est communicatif de soi, selon l’axiome classique : bonum diffusivum sui. En Se livrant en personne à Son destinataire, Dieu le transforme progressivement de l’intérieur. À son contact, l’homme se divinise peu à peu. Le bénéficiaire de la Révélation est porté à entretenir avec Dieu des rapports différents de ceux qu’il cultive avec les autres objets du monde. Accueillir Dieu, c’est nourrir une relation, non réceptionner une simple information. Et cette relation se répercute sur notre être intérieur, elle ne nous laisse jamais pareils à ce que nous étions avant que Dieu ne vienne à notre rencontre.

Le savoir des saints

Les saints sont l’illustration parfaite de cette vérité. Le saint connaît Dieu puisqu’il est connu de Lui, qu’il a accepté de l’être, ce qui a pour conséquence que Dieu le change progressivement en Lui. Il existe une connaturalité du saint avec Dieu. L’amitié de Jésus lui suffit. Point besoin d’être un grand théologien pour cela, de tenir un discours raisonné, savant, sur Dieu.

De quel ordre sera la connaissance de l’Être divin chez un saint dénué d’instruction si elle ne s’exprime pas en énoncés de vérités clairs et distincts ? En fait, le saint possède une vision synthétique de Dieu, vision toujours sous-jacente à sa connaissance des parties, prises une à une, du mystère révélé. Au demeurant une « partie » du mystère divin n’est pleinement compréhensible qu’à la lumière de la totalité de ce mystère. Le saint connaît donc implicitement ce que le théologien explicite rationnellement et analytiquement sur le papier. Il saisit Dieu intuitivement, de façon unitive, alors même qu’il n’est pas toujours conscient de toutes les implications découlant de cette connaissance.

Interrogé sur tel ou tel point particulier de doctrine, il sera toujours en mesure de répondre. Et sa réponse aura toutes les chances de tomber juste. Il lui suffira en effet de vérifier si ce point particulier n’est pas contradictoire avec la vision synthétique qu’il possède du Créateur. Point besoin pour lui d’avoir conscience de ce point de doctrine avant qu’on ne le questionne sur sa compatibilité avec la foi. Il en va ici comme de la science des apôtres, qui possédaient le dépôt de la foi en son intégralité, sans pouvoir néanmoins en expliciter d’emblée tous les articles. « Je dirais volontiers qu’il n’y a rien, dans ce que l’Église a défini ou définira, à quoi un apôtre, si on l’avait interrogé, n’eût été pleinement capable de répondre et n’eût effectivement répondu comme l’Église l’a fait, l’un répondant par inspiration, et l’autre en vertu du don d’infaillibilité1. »

La familiarité des saints avec Dieu

Ainsi la connaissance expérimentale de Dieu que possèdent les saints s’accompagne-t-elle toujours d’une grande sûreté sur les points doctrinaux, même chez ceux qui sont le moins portés aux spéculations théologiques. C’est la raison pour laquelle la majorité des saints sont experts non seulement en matière de pratique, mais aussi pour ce qui touche l’initiation au mystère de l’Être divin à l’intérieur duquel ils vivent quotidiennement comme en leur milieu naturel. On ne perdra jamais son temps à les interroger au sujet de Celui en compagnie duquel ils passent leur existence.

[1] J.-H. Newman, Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, Ad Solem, 2007, p. 543.