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Après sa relaxe, le cardinal Barbarin revient sur « l’affaire »

MONSEIGNEUR PHILIPPE BARBARIN
Jean-Matthieu GAUTIER/CIRIC
24 juillet 2017, Mgr Philippe Barbarin prend un temps de prière dans l'église Al-Tahera (Notre-Dame de l'Immaculée Conception) de Qaraqosh, où il vient de célébrer une messe.
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Dans un entretien accordé au « Point », le cardinal Barbarin est revenu longuement sur « l’affaire » qui aura marqué profondément le diocèse de Lyon depuis quatre ans. Jugé non-coupable par la cour d’Appel le 30 janvier dernier, il partage son état d’esprit actuel. L’occasion d’entendre sa parole, devenue rare dans les médias.

C’est la phrase qui aura peut-être le plus marquée le cardinal Barbarin. En janvier 2019, alors qu’il est condamné en première instance à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs dans le cadre de l’affaire Bernard Preynat, une victime s’exprime : « Oui, il est traîné dans la boue depuis trois ou quatre ans. Mais est-ce que l’on se rend compte que nous, nous souffrons depuis 30 ou 40 ans ? ». Ces mots bouleversants, et la rencontre avec de nombreuses victimes l’ont profondément changé, explique-t-il dans un entretien accordé au Point début février. Conscient des nombreuses critiques qui lui ont été adressées, au sein même des catholiques, le cardinal Barbarin a tenu à reprendre les faits de façon chronologique, afin de montrer, comme l’a reconnu la justice, qu’en aucun cas, il n’avait voulu cacher ou couvrir des faits. « Couvrir, cela veut dire que vous savez et que vous laissez faire, et ça, c’est abominable, alors qu’ici on parle de faits remontant à 20 ou 30 ans ! »

Pas d’entrave à la justice

Sa première rencontre avec une victime de Bernard Preynat a lieu en novembre 2014, avec Alexandre Hezez. Il lui demande alors de tout mettre par écrit afin de consulter Rome. Devant la gravité des faits, le Vatican va demander au cardinal d’arrêter la mission de Bernard Preynat et de lancer un procès canonique. À l’issu de ce procès, Bernard Preynat sera exclu de l’état clérical, la sanction la plus grave. Parallèlement, le cardinal encourage Alexandre Hezez à porter plainte, comme cela sera prouvé grâce à un mail d’Alexandre, cité par la Cour d’appel où celui-ci le remercie de l’avoir encouragé dans sa démarche judiciaire. Il n’y a donc pas eu d’entrave à la justice, ce qu’ont reconnu les juges.

Rencontre avec Bernard Preynat

Le cardinal raconte également qu’en 2010, soit quatre ans avant la rencontre avec Alexandre, il tombe sur une lettre des parents de François Devaux dénonçant l’ancien aumônier. Au vu de la réponse et des sanctions du cardinal de l’époque, il considère alors que le dossier a été traité et ne prend pas de mesures particulières. Néanmoins, il reçoit Bernard Preynat pour demander des explications. Celui-ci lui jure alors que depuis septembre 1990, aucun enfant n’avait été touché (malgré l’enquête de police poussée, aucun fait n’a été avéré depuis cette date). « Quand j’ai demandé à Preynat : « Mais comment de telles choses sont-elles possibles de la part d’un prêtre ? », il m’a répondu : « Ce n’est pas la peine que je vous explique, vous ne comprendriez pas…  » Là, j’aurais dû exiger, insister, et je regrette de ne pas l’avoir fait », reconnait le cardinal qui pensait alors que tout avait été réglé par ses trois prédécesseurs. Mais il rappelle que dans les deux cas qu’il a eu à traiter par la suite, en tant qu’archevêque en 2007 et en 2014, il a écarté rapidement les prêtres mis en cause et informé la police. Et lorsqu’une journaliste de Lyonmag le contactera en 2010 se faisant passer pour une victime, elle reconnaitra que le cardinal Barbarin lui a conseillé de porter plainte.

Un avenir encore inconnu

Pour conclure cette rare interview, l’archevêque de Lyon évoque sa mission de prêtre et ses 40 années de sacerdoce. Il aimerait pouvoir continuer à rendre service ailleurs, car s’il est en attente de la décision du Pape, son départ de Lyon est certain. Pour aller où ? « Dans un sanctuaire pour accueillir des pèlerins, en prêchant des retraites, peut-être en donnant de nouveau quelques cours à Madagascar, ce pays que j’aime tant ».

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