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Ce spectacle attire de nombreux couples, et l’on comprend pourquoi

Le fruit de nos entrailles
Cybèle Desarnauts
Mehdi Djaadi et Sophie Galitzine à l'affiche de la pièce « Le fruit de nos entrailles ».
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« Le fruit de nos entrailles » se représente pour la seconde fois à Paris. Mais cette fois, dans une salle plus grande : au Théâtre Lepic (Paris XVIIIe). Cette pièce attire toujours de nombreux couples, parce qu’il en est le sujet principal et qu’on n’en finira jamais de comprendre l’amour, apparemment.

Encore plus de places donc, pour accueillir les spectateurs. Les sièges sont pris d’assauts par des couples de tous âges, même s’ils sont plutôt trentenaires, à l’aube de leur mariage sans doute, ou bien tout simplement à l’aube de leur relation. Autre nouveauté, le comédien a changé. Ce n’est plus Fitzgerald Berthon mais Mehdi Djaadi qui donne la réplique à Sophie Galitzine. Non qu’il ne seyait pas au rôle, mais une autre aventure l’attendait. « Le fruit de nos entrailles » est la suite de « Je danserai pour toi », dans lequel Sophie Galitzine parle de sa conversion, dans le même théâtre d’ailleurs. Et elle le dit toujours avec son corps, comme ici.

Qui est prêt à mourir par amour ?

Le spectacle, — car ce n’est pas réellement du théâtre, au vu du phrasé assez ou trop contemporain, et des ébauches de danses qui remplacent bien souvent les ressorts dramatiques — donne à voir un couple qui a décidé de se marier, religieusement. Max et Louison iront même jusqu’au bout. Ils ont osé dire oui, « même si », comme ils disent. Très vite, on comprend que cette question est centrale : qui est prêt à mourir par amour ? On pense souvent, bêtement, que c’est à l’homme seul d’être prêt à mourir. Mais Louison comprend bien vite que si elle ne s’y met pas aussi, c’est son amour qui mourra avant elle. En voilà un de drame. Ce n’est pas faute d’avoir tout fait dans les règles de l’art : ils ont suivi la préparation au mariage.

Dans la salle, on ne sait pas si le public sait à quoi ils font référence. Mais à les regarder braver cette épreuve, quasi initiatique, cela permet presque de le vivre par procuration. Ou du moins d’en découvrir le sens, et l’existence. Les mots de ce spectacle sont simples, ils expliquent un peu trop, même si les corps prennent le relais pour nous montrer. Tenter de dire la quotidienneté du mariage, du couple, est en effet peut-être difficile aujourd’hui. Ce n’est pas une époque où l’on peut entendre le témoignage des grands-parents, ou de ceux d’avant, qui avaient une autre image de l’engagement. Ni une époque où la mort fait partie de la vie, qu’elle soit celle de l’ego ou celle du corps. Ce spectacle est une tentative de parler aux couples du XXIe siècle. Et l’on mesure, à travers elle, la chute qui a eu lieu depuis des décennies, et d’autres fois, la beauté de continuer à croire en un tel sacrement — le mariage — alors que toute l’époque s’échine à aller contre lui.

Un « oui » initial qui tient lieu de guide

Max et Louison, avec leurs corps d’amoureux qui ont choisi de ne pas baisser les bras, luttent, s’aiment, se désirent, se montrent vulnérables et parviennent à faire de leurs voix un ferment d’unité, plutôt qu’une arme qui pourrait conduire au divorce. C’est difficile pour eux, mais leur « oui » initial est leur guide. On aurait aimé entendre des mots un peu moins tièdes pour parler d’amour, comme le « je t’aime, même si tu as encore des amis qui fument le joint après 35 ans » ou quand Louison dépasse son agacement à entendre Max tourner sans fin sa cuillère dans sa tasse. Et sentir un peu plus cette sorte de totalité, d’élan, qui emporte déjà l’être avant d’avoir dit oui, qui fait qu’on a envie d’être fidèle à cela.

Mais, encore une fois, « Le fruit de nos entrailles » s’adresse à nos contemporains. Et, pour eux, chaque petite victoire sur son égoïsme devient un exploit. Si un couple ne se sépare pas, c’est maintenant un miracle. Bientôt, il existera peut-être la suite, intitulée « Le fruit de nos combats » ?

Le fruit de nos entrailles, avec Sophie Galitzine et Mehdi Djaadi, au Théâtre Lepic, les vendredis et samedis jusqu’au 20 mars 2020. Dates en province à suivre.

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