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Les questions sous-jacentes à l’affaire Mila

Mila
Capture d'écran de Quotidien sur TMC
Mila sur le plateau de Quotidien, le 3 février 2020.
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Derrière la violence de l’affaire Mila, se dessine la complexité des relations avec l’islam contemporain. Une société apaisée peut-elle se réfugier derrière le « droit au blasphème » ?

Une jeune lycéenne, prénommée Mila, est aujourd’hui en danger de mort après avoir blasphémé publiquement contre le Coran et Allah. Elle a été déscolarisée et ne peut retourner au lycée. Menacée par des musulmans, elle vit recluse. Quelques jours auparavant, un humoriste de France Inter, nommé Frédéric Fromet, blasphème contre le Christ dans une chansonnette intitulée « Jésus est un pédé ». Des chrétiens ont protesté auprès de la radio et du CSA, mais ici pas de danger de mort. Et c’est finalement auprès des associations LGBT que Fromet s’est excusé, non pas pour avoir dit « Jésus est un pédé », mais pour avoir prononcé le mot « pédé ».

Le délit de blasphème n’existe plus

Dans l’affaire de Mila, il a fallu attendre que Marianne donne de l’écho à son témoignage, recueilli par le site féministe de tendance identitaire Bellica, pour que de nombreuses voix s’élèvent en défense de la pauvre gamine face à la horde qui la menace. Un débat s’est ouvert et d’autres voix, comme Ségolène Royal, ont souligné que Mila s’était montrée irrespectueuse, ce qui n’est pas à encourager dans une société. Et il est vrai que Mila a blasphémé, c’est-à-dire prononcé « des paroles outrageant la divinité », insultant ainsi ce que les musulmans tiennent pour sacré.

Néanmoins, le délit de blasphème n’existe plus en France depuis la fin du XIXe siècle et nulle personne sérieuse ne songe à en réclamer le rétablissement. Il est à noter toutefois qu’une partie de nos consciences modernes, par peur de l’islam, se trouvent tentées de réprouver le seul blasphème contre l’islam, en usant d’un artifice : il ne s’agit pas de dénoncer le blasphème comme tel mais de l’assimiler à une incitation à la haine, à de l’islamophobie ou à « une atteinte à la liberté de conscience », comme l’a exprimé bien imprudemment la garde des Sceaux Nicole Belloubet.

Les règles de la civilité

À l’inverse, les plus sourcilleux défenseurs de la laïcité invoquent un « droit au blasphème ». Or ce n’est pas la même chose de disposer qu’il est possible de blasphémer sans être pénalement poursuivi et de proclamer un « droit au blasphème ». Cette notion est en effet bien fragile. Toute société tend à dessiner un certain périmètre de l’exprimable et cherche à contenir l’inexprimable. Il y aura toujours, dans nos lois non-écrites, le dicible et l’indicible. Et nous enseignerons toujours à nos enfants les règles de base de la civilité et non un droit à insulter le sacré.

D’une certaine manière, ce débat sur le « droit au blasphème » constitue une euphémisation du réel. Il s’agit, plus ou moins consciemment, de porter le fer sur un point qui nous évite de nommer plus clairement ce qui nous arrive. L’affaire de Mila n’est en effet pas isolée. BFMTV a récemment diffusé le témoignage d’un couple français d’origine maghrébine dont la fille est insultée et menacée de mort au collège parce qu’elle ne respecte pas les règles de l’islam.

Une pression de plus en plus forte

Ce qui nous arrive, c’est une pression de plus en plus forte de l’islam sur ceux qui ne respectent pas ses préceptes, le critiquent ou cherchent à s’en affranchir. Ce n’est pas d’abord un problème de droit au blasphème ou de relation entre les religions en général et le principe de laïcité : cela traduit les difficultés grandissantes de cohabitation de notre société avec l’islam contemporain.

Chronique publiée en partenariat avec Radio Espérance, 5 février 2020

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