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On ne se remet pas de la mort d’un enfant en cinq ou douze jours

© Shutterstock
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Les députés s’écharpent sur l’allongement du congé suite au décès d’un enfant. Cinq jours ? Douze jours ? Un débat qui semble vain, les psychologues étant d’accord pour affirmer que le deuil d’un être cher dure une ou plusieurs années, voire toute une vie.

L’Assemblée nationale a rejeté, jeudi 30 janvier, une proposition de loi émise par le groupe UDI-Agir permettant d’instaurer un congé de deuil de douze jours au lieu des cinq jours actuels pour des salariés ayant perdu un enfant mineur. Mais qu’il s’agisse de cinq ou douze jours, comment reprendre le travail quelques jours seulement après la mort de son enfant ?

Les étapes du deuil

« Le deuil n’est pas une sorte de grippe que l’on attrape après le décès d’un proche et que l’on peut soigner en deux semaines. Le deuil, n’est pas une maladie, c’est un cheminement intérieur, parfois long et chaotique », souligne Romain Bourdu, psychologue clinicien spécialisé dans l’accompagnement des personnes en deuil. Un cheminement qui entraîne la personne endeuillée à surmonter plusieurs étapes, appelées les étapes du deuil, élaborées par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross dans les années 1960. Elle distingue ainsi cinq étapes : le déni, la colère, la négociation, la dépression et enfin, l’acceptation. Un cheminement plus ou moins long selon la personnalité de chacun, et selon les circonstances du décès : la période du déni peut être plus longue si la mort est survenue brutalement. Un cheminement qui ne se fait pas en quelques jours. « On entend parfois dire que le deuil dure, au moins, un an. Mais proposer une durée moyenne du deuil est généralement peu utile, parce que le temps du deuil varie beaucoup d’une personne à l’autre et même pour une seule personne, d’une perte à l’autre. », précise Romain Bourdu.

Un deuil n’est jamais fait totalement

Si le travail de deuil consiste à apprivoiser l’absence de la personne aimée, à se reconstruire et à retrouver un équilibre intérieur pour poursuivre sa vie, il demeure néanmoins un manque, une cicatrice indélébile. D’autant plus marquante lorsqu’il s’agit de la mort d’un enfant : à chaque date anniversaire, un parent se dit : « Il ou elle aurait eu tel âge ». La preuve que le deuil d’un enfant ne se fait jamais complètement. Le père de Gaspard, un enfant atteint de la maladie de Sandhoff décédé à l’âge de trois ans et demi en 2017, témoignait récemment sur les réseaux sociaux : « 3 ans sans lui. Le 1er février est sa journée, il est présent partout. Nous, de nos côtés, nous continuons à vivre, à rire, à s’engager, à rêver même… Mais nous ne nous habituons pas, nous attendons patiemment l’éternité heureuse ». Aux côtés de cette blessure demeure l’espérance, pour les chrétiens, de retrouver l’être aimé au-delà de cette vie terrestre, dans la vie éternelle que le Seigneur a promise.

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