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Trésor du grégorien : « Suscepimus », l’introït de la Présentation du Seigneur

La Présentation de Jésus au Temple
Julian Kumar / Godong
La Présentation de Jésus au Temple. Maître de Saint-Severin. Vers 1490. Musée du Louvre.
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Devant le don que l’Enfant-Jésus fait de lui-même par les mains de sa sainte Mère, don qui dépasse l’attente des siècles, l’Église ne peut retenir son affectueuse reconnaissance.

La fête de la Présentation, célébrée quarante jours après Noël, commémore un événement qui s’est réellement produit quarante jours après la naissance de l’Enfant-Jésus, en observation de la loi juive. Elle présente la particularité d’être à la fois une fête de Notre-Seigneur, celle de la Présentation, et une fête de la Sainte Vierge, celle de la Purification. Les chants du propre de la messe se rapportent principalement à la Présentation, alors que pour l’ordinaire on doit prendre normalement une messe des fêtes de la Sainte Vierge, et de même les psaumes et l’hymne des vêpres sont ceux des fêtes de la Sainte Vierge.

Le cantique de Siméon

Cette fête a reçu le nom populaire de Chandeleur, car on y procède avant la messe à la bénédiction des cierges que l’on porte ensuite en procession. L’Église a peut-être voulu par cet usage remplacer une antique fête païenne de la lumière ; en tout cas elle a choisi cette date à cause de la parole du vieillard Siméon prononcée en ce jour, et qui est lue à l’Évangile, saluant l’enfant Jésus dans son cantique Nunc dimítttis en l’appelant « lumière pour éclairer les nations ». D’ailleurs le cierge allumé est un symbole du Christ, lumière du monde. Nous le retrouverons dans la liturgie pascale.

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Reconnaissance affectueuse

Suscépimus, Déus, misericórdiam túam in médio témpli túi : secúndum nómen túum, Déus, íta et láus túa in fínes térræ : iustítia pléna est déxtera tú — « Nous avons reçu, ô Dieu, votre miséricorde au milieu de votre temple : Comme votre nom, ô Dieu, ainsi votre louange va jusqu’aux extrémités de la terre. »

En de jour de la Présentation, c’est Dieu lui-même sous les traits d’un petit enfant qui fait son entrée dans son Temple. Et, devant le don qu’il fait de lui-même par les mains de sa sainte Mère, don qui dépasse l’attente de tant de siècles, l’Église ne peut retenir sa reconnaissance : « Nous avons reçu, ô Dieu, votre miséricorde au milieu de votre temple ». Cette reconnaissance est simple, affectueuse, filiale : cette première phrase s’élance avec une intonation typique du premier mode autour de la quinte (finale) — la (dominante), qui place d’emblée la mélodie dans l’aigu, où elle va se tenir le plus souvent, pour évoquer joie et allégresse (presque tous les neumes sont légers) ; mais la cadence en fa de cette première phrase (sur túi) (cadence fréquente en premier mode — le mode de la paix), est ici suivie d’un passage en cinquième mode à la deuxième phrase.

Admiration enthousiaste

« Comme votre nom, ô Dieu, ainsi votre louange va jusqu’aux extrémités de la terre » : cette deuxième phrase est cette fois pleine d’admiration enthousiaste devant la grandeur du nom de Dieu (nómen le sommet mélodique qui va jusqu’au mi), de son être profond, de sa miséricorde qui suscite une louange adorante et débordante : la mélodie campe résolument sur le do et s’élargit, toutes les notes sont appuyées (il y a un appui fort sur le túa de láus túa).

Puis la mélodie redescend graduellement sur in fínes térrae : on retrouve la même cadence en fa sur térrae qu’à la fin de première phrase, si ce n’est qu’un mi, pure note de passage, assure la liaison avec le qui commence la troisième phrase (ce mi remplace le temps de silence qui devrait être fait à la grande barre) ; et cela annonce un nouveau changement.

De la joie à la contemplation

« Votre droite est pleine de justice » : cette troisième phrase est empreinte d’une joie plus grave, la louange s’épanouit dans la contemplation de la justice de Dieu, c’est-à- dire de ses interventions salvifiques (Ps 47,11), et pour son application à notre fête, de la mission rédemptrice de Jésus et de Marie ; la mélodie se tient autour du fa, qui et s’arrête sur le , finale commune aux premiers et deuxièmes modes.

L’introït est accompagné par le psaume 47 (v. 2) : « Grand est le Seigneur et très digne de louange : dans la cité de notre Dieu, sur sa montagne sainte », qui maintient l’invitation à la louange.