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Chanel recrée un jardin monastique au Grand Palais

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Le jardin monastique de l'abbaye d'Aubazine a inspiré le décor du défilé Chanel de ce mardi 21 janvier 2020 à Paris, au Grand Palais.
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Pour son défilé haute couture printemps-été 2020, la maison Chanel est revenue à ses racines en remontant jusqu’au jardin monastique de l’abbaye cistercienne d’Aubazine, où Coco Chanel a vécu plus de six années.

Alors que la semaine de la Fashion Week bat son plein dans la capitale française, Virginie Viard, la directrice artistique de Chanel qui a succédé à Karl Lagerfeld, a présenté ce mardi 21 janvier son défilé haute couture printemps-été 2020. Après avoir transformé le Grand Palais en une majestueuse bibliothèque pour sa collection automne-hiver 2019-2020 en juillet dernier, la maison de couture française a créé cette fois-ci une époustouflante réplique du jardin monastique de l’abbaye cistercienne d’Aubazine, en Corrèze (19). Composé de plantes sauvages et potagères, le décor fait écho au jardin du cloître, lieu où mademoiselle Chanel a vécu de l’âge de 12 ans jusqu’à ses 18 ans, là où son père, Albert Chanel, l’avait inscrite avec ses deux sœurs à la suite du décès de leur mère.

Un lieu sacré riche en souvenirs, aussi douloureux qu’essentiels, clé de voûte du lexique stylistique de la créatrice. Un lieu dont le jardin en particulier rappelait peut-être à la future créatrice de mode que le monde d’ici-bas n’est que l’imparfait miroir des réalités divines.

Un appel à s’élever vers le divin, parce que la nature est spirituelle, sa réalité n’étant pas exclusivement matérielle… C’est en tout cas dans ce couvent fondé au XIe siècle que Coco Chanel a appris à coudre, là où l’habit noir des nonnes a inspiré sa grande idée révolutionnaire : la petite robe noire.

Orchestré sous la nef du Grand Palais autour d’une vieille fontaine provençale du jardin, le défilé accueillait des invités entourés de draps blancs étendus. Ainsi, le carré parfait du jardin monastique — celui qui symbolise à la fois les quatre éléments, les quatre fleuves du paradis, les quatre Évangiles ou encore les quatre saisons — a été délimité par des centaines de draps unis comme s’ils séchaient au soleil d’Aubazine, parfumés au savon provenant du même couvent. Au centre, autour de la fontaine parfaitement reproduite, les mannequins défilaient sur des pavés dessinant des mosaïques reproduisant le blason de l’abbaye, composé d’étoiles, de la lune et du soleil.

Quant à la collection printemps-été 2020, la styliste a puisé son inspiration notamment dans les vitraux de la chapelle d’Aubazine. On les retrouve imprimés sur ses tailleurs, comme on retrouve l’écho des habits des religieuses de la Congrégation du Sacré-Cœur-de-Marie qui habitaient alors le couvent : coupes strictes des tailleurs à carreaux, robes à poches en laine gris foncé avec des épaules scapulaires, longues robes noires ceinturées ou encore des robes en pied-de-poule forme sablier.

L’abbaye d’Aubazine a été une source d’inspiration tout au long de la vie de la créatrice. C’est le cas du logo signature de Chanel, clin d’œil à l’un des vitraux de l’abbaye, ou encore pour le lion, son animal de prédilection, sculpté sous une stalle de l’église, l’un des codes de l’essence de Chanel.

En images : la beauté des jardins monastiques