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Les EMI, un signe pour notre temps ou des expériences isolées ?

© Artège
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« Expériences de vie imminente », le dernier ouvrage du Dr Theillier, est une nouvelle source de repères face au phénomène des EMI. De Padre Pio à l’avis de la médecine sur la conscience humaine, des dangers de la médiumnité aux changements de vie, tout est là pour rappeler que « la vie en Dieu est une merveille », selon les mots de Mgr Léonard dans la préface.

Le docteur Patrick Theillier, ancien responsable du Bureau des Constatations Médicales de Lourdes, est « convaincu que les EMI n’arrivent pas par hasard, qu’elles sont un signe pour notre temps » : pour donner des signes solides et indubitables qu’il existe une vie invisible de grande valeur. Dans un nouvel ouvrage, éclairé à la lumière de la théologie catholique, il élargit le sujet pour donner des repères à tout lecteur perdu par leur message. Et pour nourrir la réflexion de ceux qui y croient déjà. Entretien.

Aleteia : Dans votre ouvrage vous utilisez le terme d’Expérience de Vie Imminente plutôt que d’expérience de mort imminente. Pourquoi ?
Docteur Patrick Theillier : Ça change tout car en tant que chrétien notre plus grand trésor est d’avoir Jésus qui a les clefs de la vie éternelle. Mais aujourd’hui on vit d’une manière très horizontale et on ne pense pas à notre destinée future. Or, il y a de plus en plus de témoignages de personnes qui ont vécu des expériences à la frontière de la mort qui changent complètement leur existence. Comme elles les ouvre sur l’infini, ils retrouvent une spiritualité et n’ont absolument plus peur de la mort. Je trouve que c’est une bonne nouvelle dans un monde particulièrement sécularisé et païen. Le problème est que ces expériences sont très récupérées par le New Age et l’ésotérisme. Je réprouve par exemple la médiumnité et m’insurge contre cela. Parce que partir là-dedans est extrêmement dangereux. Néanmoins, certaines personnes ont des relations avec des proches décédés qui ne durent que quelques jours. Il ne faut pas l’entretenir car d’autres entités peuvent s’immiscer. Ensuite, certains « expérienceurs » gardent des capacités préternaturelles (qui est en marge des lois naturelles, ndlr.) : ils voient l’avenir, dans la conscience des gens, ont de nouveaux charismes. C’est à discerner. Nous sommes toujours à la frontière entre le naturel et le surnaturel. C’est pourquoi j’ai écrit deux livres sur le sujet, sous le regard catholique qui ne contredit en rien ce que disent les « expérienceurs », et dont le message est à donner à l’Église. Dans le milieu catholique personne n’osait témoignait sur le sujet avant. Et ce serait dommage de laisser cette bonne nouvelle au seules personnes qui en sont loin et se lancent ensuite dans la médiumnité ou croient à la réincarnation.

«L’homme est fait pour la vie éternelle, pas pour vivre dans un laps de temps court.»

Vous dites être « convaincu que les EMI n’arrivent pas par hasard, qu’elles sont un signe pour notre temps », pour donner des signes solides et indubitables qu’il existe une vie invisible de grande valeur. Serait-ce le moyen adapté à notre époque, assez choc et visuel, pour être évocateur dans un monde rompu au matérialisme?
J’en suis certain car Dieu cherche toujours une façon de nous approcher. Suivant les époques il a utilisé différents moyens. Il y a eu le Saint-Suaire par exemple, découvert à l’époque de la photographie, puis les miracles notamment à Lourdes. Combien a-t-on besoin de signes aujourd’hui ? Car ils nous laissent libres. Mais si on les prend en compte, ils changent la vie. J’ai eu tellement de témoignages de personnes qui étaient loin de la foi et ont été retournées intérieurement jusqu’à retrouver une vie chrétienne, que je ne peux que le constater. L’homme est fait pour la vie éternelle, pas pour vivre dans un laps de temps court. Si on n’annonce pas le fait que Jésus-Christ a annoncé la résurrection, les gens vont aller chercher dans toutes les spiritualités du monde, dans la psychologie, ou encore le transhumanisme. C’est « la mort de la mort », comme le titre du dernier livre du Dr Alexandre. Pourtant si on élimine la mort notre vie devient étriquée.

Pour résumer le débat autour des EMI, on pourrait évoquer deux postures : on y croit ou on n’y croit pas. Un peu comme si l’on mettait à nouveau en jeu l’existence ou non de Dieu. N’y a-t-il pas, même chez les chrétiens, une difficulté à croire véritablement à la vie éternelle?
C’est certain. Mais comme les miracles. Blaise Pascal disait : « Dans les miracles il y a suffisamment de clarté pour ceux qui veulent bien croire, et suffisamment d’obscurité pour ceux qui ne veulent pas. » On peut aisément reprendre cette phrase à propos des EMI. Or, aujourd’hui, le paradigme dominant en science et en médecine est que le cerveau produit la pensée et la conscience. Les EMI viennent en contradiction puisque la plupart arrivent en absence d’activité cérébrale. Ils ne devraient donc se souvenir de rien, ce qui n’est pas le cas. J’admets que c’est un coup de tonnerre dans la croyance actuelle qu’il n’existe pas de vie après la mort. Mais le propre du christianisme est d’apporter toujours une nouveauté, qui dépasse l’entendement et la raison, sans y être opposé. 

«L’âme est en contact avec le divin et peut faire une expérience spirituelle qui rejaillit sur l’organisme biologique.»

La réalité est qu’on se rend compte qu’il est lié à une super-consience ou « continuité de la conscience». Le cerveau serait un émetteur-récepteur de celle-ci. Mon explication part donc essentiellement de l’anthropologie chrétienne. L’âme est en contact avec le divin et peut faire une expérience spirituelle qui rejaillit sur l’organisme biologique. Ce qui est le cas des miracles, des expériences mystiques, des effusions de l’Esprit saint et des EMI, sans être forcément proches de la mort. C’est une expérience commune qui existe depuis vingt siècles, tous les grands saints ont vécu cette expérience de Dieu. Et l’EMI, n’importe qui peut la vivre.

Vous répertoriez les étapes vécues en général dans ces expériences et le changement radical de vie qui s’opère. C’est souvent une conversion à l’amour et un choix de la lumière plutôt que les ténèbres. Finalement cela pose aussi la question de l’Enfer, du Purgatoire et du Ciel. Les EMI apportent-elles des informations là-dessus?
Oui, car il y a certain nombre d’expériences négatives, terrifiantes ou angoissantes, qui provoque un changement de vie. Cela arrive aussi à des personnes qui tentent le suicide et n’ont plus envie de recommencer après. J’ai connu des personnes qui ne comprenaient pas pourquoi elles avaient vécu une expérience aussi noire, de bons catholiques pratiquants. Je leur demande s’ils se confessent régulièrement ou s’il n’y a pas des faits assez graves commis dans la famille et enfouis qui rejaillissent sur eux.

L’exorcisme peut être alors une solution. Cela rappelle que le Paradis n’est pas gagné d’avance et que la majorité d’entre nous passe par le Purgatoire. Tous les péchés véniels peuvent couper de la grâce. Le blasphème devant l’épreuve, râler, bougonner, au lieu d’être dans la gratitude par exemple. Pour arriver à la sainteté il faut compter sur les sacrements, c’est là où la vie chrétienne est extraordinaire car elle nous donne les moyens.

Au-delà de toute interprétation religieuse, vous montrez à travers divers témoignages le lien entre le corps, l’âme et la conscience. Vous évoquez ainsi la notion « de la continuité de la conscience » et son implication dans les débats éthiques actuels (transhumanisme, euthanasie, PMA). Pouvez-vous expliquer ?
L’âme n’est plus considérée par certains chrétiens et c’est terrible. La difficulté est qu’en médecine l’âme est comparé au psychisme, l’être humain ne serait qu’un organisme psychosomatique, mais dans ce cas-là nous sommes au même niveau que les animaux. La personne humaine est aussi une âme, capable de Dieu et en lien avec le divin. L’interdit de l’Église par rapport à l’avortement ou l’euthanasie part de là. Et si on ne croit plus en l’âme on accepte des excès sans limites, comme le transhumanisme. On a réussi à détricoter l’anthropologie chrétienne, à dire que la femme et l’homme sont semblables, à faire des enfants in-vitro. Cela dénature la personne humaine, mais on ne veut pas le voir. 

La plupart du temps les personnes qui font une EMI sont en situation de fragilité et de vulnérabilité. Cela les ramène à une forme d’humilité face à Dieu. En quelque sorte, ces expériences seraient-elles un mode d’emploi du sens de la vie, entièrement relié à l’amour ?
Oui, tout à fait, même si tous ne se convertissent pas après. C’est à nous, chrétiens, de parler aussi de l’amour de Dieu, et non l’amour généralisé qui peut faire tomber dans l’ésotérisme. Jésus qui se donne à nous, cela fait une grande différence. « Nous serons jugés sur l’amour » nous dit saint Jean et il ne faut pas l’oublier. 

Expériences de vie imminente : les expériences de mort imminente face à la raison et à la foi
Artège

Expériences de vie imminente, par Patrick Theillier, Artège, septembre 2019, 18,50 euros.

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