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C’est arrivé un 1er janvier : le retour du calendrier grégorien

calendrier gregorien

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Calendrier Magnificat 2019-2020, photo Aleteia.

Gabriel Privat - publié le 31/12/19 - mis à jour le 21/12/21

L’Empereur Napoléon n’était pas en France le 31 décembre 1805 quand cessa d’exister le calendrier républicain, après douze années d’existence peu convaincantes. Il s’agissait pourtant de rompre avec « la superstition et le fanatisme ».

Autriche, 31 décembre 1805. L’armée impériale, fille de la Révolution commandée par des généraux formés à l’école de la guerre contre l’Europe des rois, a pris ses quartiers d’hiver dans l’Autriche vaincue. Napoléon, lui, est à Munich, sur la route du retour. C’est depuis cet avant-poste de la France victorieuse que l’Empereur confirme le retour du calendrier grégorien, celui de l’ancien monde que les jacobins avaient cru balayer jusque dans ses moindres souvenirs, et que l’Empereur victorieux n’a de cesse, depuis son accession au consulat, de vouloir restaurer.

Une invention sans succès

Le calendrier grégorien, instauré au XVIe siècle par le pape Grégoire XIII, est devenu progressivement celui de l’Europe entière, à l’exception du monde orthodoxe. Mais en 1793, en pleine Terreur, le pouvoir jacobin poursuit son entreprise d’anéantissement du passé inaugurée par l’exécution du roi Louis XVI le 21 janvier 1793 : il abolit le calendrier grégorien, remplacé par le calendrier républicain. Les années ne sont plus comptées depuis la naissance du Christ, comme c’était devenu la coutume au VIe siècle, mais à partir du premier équinoxe d’automne suivant la fondation de la Première République, le 22 septembre 1792. Ainsi, la République est le début d’une ère nouvelle pour l’histoire de l’humanité. La France établit dans ses conquêtes des républiques sœurs en remplacement des régimes politiques existants. Les Pays-Bas, par exemple, deviennent la République batave.




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Le calendrier républicain n’imprègne cependant jamais les habitudes et ne quitte pas vraiment la sphère administrative. Les Français avaient acquis depuis trop longtemps l’habitude de calculer les jours de leurs existences en fonction des noms de mois hérités de la Rome antique, et selon les saints de Dieu, dont l’inscription au calendrier constituait autant de points de repères pour les travaux des jours. 

Retour au réel

Devenu premier consul après le coup d’état du 18 brumaire de l’an VIII (9 novembre 1799), Napoléon Bonaparte s’emploie à la réconciliation des Français, après des années de guerre civile, et à une sorte de retour de l’idéal révolutionnaire vers des sphères plus réalistes. Le grand chambardement de l’héritage historique de la France est abandonné. Le concordat de 1801 rétablit la liberté du culte catholique. Des institutions comme les préfets, le conseil d’État, la cour des comptes ou la banque de France reprennent, en les modifiant légèrement, de vieilles pratiques administratives ou juridiques de la royauté. Le code civil, lui-même, promulgué en 1804, se fonde en grande partie sur l’héritage législatif de l’ancienne France. La fiction du calendrier républicain, quant à elle, est abandonnée le 9 septembre 1805 (alias 22 fructidor an XIII) par un senatus-consulte (décret) impérial fixant la fin de l’agenda républicain au 31 décembre 1805. Le calendrier romain retrouve donc toute sa place le 1er janvier 1806.

C’est désormais un fait acquis : la Révolution n’ouvre pas une ère nouvelle dans l’histoire de l’humanité. Elle s’inscrit dans la continuité d’une histoire bien plus longue, dont elle se veut l’accomplissement. Bientôt Napoléon rétablit une noblesse, le décorum d’une cour, sans pour autant rien abandonner de l’esprit de 1789. Cet esprit de synthèse sera celui des hommes d’État que la France connut au long du XIXe siècle, soucieux de rétablir l’unité du pays, durablement abîmée par la Révolution.

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