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La touchante lettre de Noël d’un opposant au nazisme à sa fiancée

Dietrich Bonhoeffer
© German Federal Archive - Wikimedia commons
Dietrich Bonhoeffer.
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C’est une lettre magnifique que Dietrich Bonhoeffer, un pasteur allemand emprisonné pour son opposition au nazisme, a adressé à sa fiancée Maria von Wedemeyer en décembre 1943 du fin fond de sa cellule. Un message lumineux d’espérance et de foi à découvrir en ce jour de Noël.

« Dieu est dans la crèche, la richesse dans la pauvreté, la lumière dans la nuit… « . Né en 1906 en Prusse, Dietrich Bonhoeffer, inquiet de la montée du nazisme dès 1933, va entrer dans la Résistance et prendre une part active dans la fondation de l’Église confessante (résistante au nazisme) dont il dirigera un séminaire pastoral clandestin. Interdit d’enseignement et de publication, il est arrêté en juillet 1944, transféré dans une prison de la Gestapo et pendu, le 9 avril 1945, au camp de Flossenbürg. C’est de sa cellule qu’il écrit à sa fiancée Maria von Wedemeyer, ce magnifique message de Noël, message qui sera publié après sa mort, dans un ouvrage regroupant la correspondance des deux jeunes promis.

L’extrait de cette lettre, datée du 13 décembre 1943, est un témoignage lumineux d’espérance et de foi. Dietrich Bonhoefferde est d’ailleurs considéré par l’Église d’Angleterre, comme l’une des dix personnalités chrétiennes du XXe siècle ayant été assassinées au nom de leur foi. À ce titre, il est représenté par une statue en surplomb sur le portail ouest de l’abbaye de Westminster à Londres.

« […] Combien est grand le danger de se sentir livré à un hasard aveugle, de quelle manière pernicieuse la méfiance et l’amertume s’insinuent-elles dans notre cœur, et avec combien de facilité cette idée puérile nous conquiert, comme si nous étions dans notre vie, nos chemins et nos destinées entre les mains des hommes – et lorsque tout cela nous assaille au point que nous ne pouvons guère plus nous défendre, alors le message de Noël arrive juste au bon moment. Il nous dit que toutes nos pensées sont fausses, que ce qui nous paraît mauvais et obscur est en vérité bon et lumineux, parce que cela vient de Dieu ; ce sont nos yeux seulement qui nous trompent ; Dieu est dans la crèche, la richesse dans la pauvreté, la lumière dans la nuit, le secours dans l’abandon ; il ne nous arrive rien de mal ; […] Il n’est pas question ici de l’impassibilité stoïque vis-à-vis de tous les événements extérieurs, mais d’une souffrance et d’une joie véritable, parce que nous savons que le Christ est là présent. Maria bien-aimée, fêtons Noël de cette manière. Sois au milieu des autres, aussi gaie qu’on ne peut l’être qu’à Noël. Ne t’imagine pas des images horribles de moi dans ma cellule, mais simplement que le Christ traverse aussi les prisons, et qu’il s’arrêtera dans la mienne. »

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