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Quelle place la femme a-t-elle dans l’Église ?

© N.N./KNA-Bild / CIRIC
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Au fil des siècles, bien des femmes ont tenu des places décisives dans l’Église, et notamment des religieuses.

Quelle place la femme a-t-elle dans l’Église ? La réponse demande de revenir aux sources, d’observer le comportement de Jésus dans les Évangiles, de comprendre son enseignement sur le mariage. 

Jésus et les femmes

Les personnages féminins sont nombreux dans les Évangiles. Un groupe de femmes accompagne Jésus et ses disciples. Jésus donne en exemple plusieurs femmes, comme la Cananéenne qui fait preuve d’une grande foi, ou celle qui verse sur ses pieds un parfum de grand prix. Certaines sont accusées par les pharisiens d’être des « pécheresses » mais Jésus libère la femme adultère, passible de lapidation. Il s’entretient longuement avec la Samaritaine, au grand étonnement des disciples. Ses adversaires principaux sont tous des hommes. Le traître, c’est un homme, Judas. Les premières messagères de la Résurrection sont des femmes. Jésus interdit à l’homme de divorcer alors que, jusqu’à lui, l’homme pouvait divorcer sans motif sérieux. À coup sûr, Jésus n’était pas misogyne. 

L’enseignement de Paul : il s’agit d’amour

Et saint Paul qui a la réputation, lui, d’être misogyne ? Celui-ci écrit : « Que les femmes soient soumises à leurs maris » (Ep 5, 22-24). Mais il ajoute : «… comme au Seigneur ». Il ne s’agit donc pas d’un esclavage, mais d’un amour. Après trois phrases de conseils aux femmes, Paul en aligne huit à l’adresse des hommes : « Aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église. » La relation est réciproque, même si elle n’est pas symétrique. Le passage (Ep, 5) commence ainsi : « Soyez soumis les uns aux autres. » Il se termine par ces mots : « Bref, que chacun aime sa femme comme soi-même et que la femme révère son mari. » 

L’apôtre recommande la discrétion aux femmes dans les assemblées pour que la communauté chrétienne ne soit pas décriée dans la société païenne mais, dans le dernier chapitre de l’épître aux Romains (Rm, 16), c’est à des femmes qu’il adresse les salutations les plus chaleureuses.

Une femme, mère de Dieu

C’est une femme, Marie, nouvelle Ève, qui est la personne humaine la plus parfaite. Elle n’est pas une déesse ou une demi-déesse, mais elle est la Mère de Dieu. Marie, vierge et mère, est évidemment aux antipodes de la culture actuelle qui exalte la sexualité, disjointe de la maternité. Il n’empêche : pour tous les chrétiens, et pas seulement les catholiques, Marie tient une place absolument éminente. Elle est celle par qui Dieu est venu au monde. Elle a offert à Dieu sa foi, à l’inverse d’Ève qui a préféré se fier à ce que lui promettait le Tentateur. Marie est la nouvelle Ève. Le salut de l’ange, Ave en latin, reprend en sens inverse les lettres du nom d’Ève, Eva. Saint Paul ne nomme pas Marie mais il dit de Jésus qu’il est « né d’une femme ». Dans la Bible, c’est toujours le père qui est nommé. Notre saint Paul, misogyne dit-on, reconnaît la place unique de Marie parmi toutes les créatures : c’est d’elle, et d’elle seule, que le Fils de Dieu est né.

Les préjugés de son temps

L’Église vit dans une société et elle est forcément marquée par les préjugés du temps. Ainsi, on entend souvent raconter qu’il a fallu un concile pour décider si, oui ou non, les femmes avaient une âme. C’est une pure légende. Les femmes ont toujours eu accès au baptême : si elles n’avaient pas eu d’âme, pourquoi et comment auraient-elles pu être baptisées ? Au fameux concile de Mâcon (585), il n’a jamais été question d’âme. Simplement un évêque se demandait s’il était bien logique d’appeler la « femme », « homme ». Quinze siècles plus tard, nous ne sommes pas beaucoup plus avancés : nous sommes piégés par un vocabulaire hérité du latin.

Mais il serait facile de citer toute une série de jugements fortement péjoratifs sur les femmes émis par des hommes d’Église : « Elle est faible. Elle s’est laissé piéger. Elle est séductrice. Elle est bavarde, dépensière, possessive, trop émotive, soucieuse de l’apparence, etc… » Ce bêtisier n’est pas à l’honneur de ceux qui l’ont alimenté. Mais qui est assez fort pour ne pas céder aux préjugés de son époque et de son environnement ? 

Saintes et puissantes femmes

En face de cela, l’histoire de la sainteté présente plusieurs cas de magnifiques duos : François et Claire d’Assise, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix, François de Sales et Jeanne de Chantal, Vincent-de-Paul et Louise de Marillac. Catherine de Sienne n’hésitait pas à faire de vifs reproches aux papes qu’elle trouvait trop timorés. À notre époque, le pape Jean Paul II était en profonde complicité avec Mère Teresa et Chiara Lubich, fondatrice des Focolari. Les femmes sont nombreuses dans le catalogue des saints. Ce n’est pas d’hier : dans le « canon romain », très vieille prière eucharistique, plusieurs femmes sont nommées.

Les supérieures de communautés religieuses féminines jouissent d’une réelle autorité. Il faut regarder au cas par cas, selon les époques et selon les congrégations. Mais les évêques et les aumôniers des sœurs savent, depuis longtemps, qu’ils ne doivent pas chercher à trop interférer dans la vie interne des communautés. Au XIXe siècle, les femmes jouissant du maximum d’autorité étaient les fondatrices et les supérieures de communautés religieuses. Et elles étaient nombreuses !

Importantes et nombreuses responsabilités

Dans la vie concrète de l’Église aujourd’hui, bien des postes de responsabilité sont tenus par des femmes. Plus que dans la société civile. Si vous regardez la vie d’une paroisse, ou même d’un diocèse, vous découvrirez qu’un certain nombre de responsabilités importantes sont occupées par des femmes. Même dans des spécialités réputées plutôt masculines, comme les finances. Dans les conseils paroissiaux ou diocésains, elles sont majoritaires. Ce n’est pas étonnant, car, en moyenne, les femmes représentent les deux tiers des fidèles, contre un tiers pour les hommes. Quant aux postes de responsabilité, si beaucoup de femmes les occupent, c’est parce qu’elles s’accommodent plus facilement de temps partiels et de salaires inférieurs à ceux auxquels elles pourraient prétendre. Il ne faut pas se dissimuler les raisons économiques mais, inversement, il faut constater que les femmes ne sont pas victimes d’une discrimination négative.

Quelques femmes sont aussi présentes dans les services du Saint-Siège. Si elles apparaissent moins, c’est parce que la plus grande partie du personnel est constitué de prêtres.

Et l’ordination ? Le Christ est l’époux

L’ordination est réservée aux hommes, non par la discipline de l’Église, mais par la nature du sacrement de l’ordre. Dans le texte déjà cité (Éphésiens 5), saint Paul fait le parallèle entre le rapport homme-femme et celui du Christ et de l’Église. Le Christ est l’Époux de l’Église, comme, dans l’Ancien Testament, Dieu se présente comme l’Époux d’Israël. Jésus lui-même se qualifie ainsi (Mt 9, 15). Dans les Évangiles, il est clair que Jésus choisit très spécifiquement les Douze, douze hommes, pour le représenter : il les appelle, chacun par son nom ; il leur explique les secrets du Royaume ; il leur donne l’Esprit saint pour le pardon des péchés ; il les envoie en mission, pour prêcher et baptiser. « Qui vous écoute, m’écoute. »

À la suite des apôtres et par l’imposition des mains, le sacrement de l’ordre fait des évêques et des prêtres des représentants du Christ, Époux de l’Église. Le pape lui-même ne saurait mépriser cette symbolique biblique. L’ordination des hommes n’est donc pas une décision de discipline ecclésiastique ou un simple usage immémorial. Cette position est commune à tous les chrétiens pour qui l’ordination est un véritable sacrement. Autre est la position protestante, puisque, pour eux, tous les baptisés sont uniformément prêtres. Au terme de sa formation, le futur pasteur bénéficie d’une simple « reconnaissance de ministère ». Il est donc normal que les pasteurs protestants soient indifféremment des hommes ou des femmes.

Tout autre est la question de l’ordination d’hommes mariés. La pratique existe dans les Églises catholiques orientales. Des hommes mariés, pasteurs de l’Église anglicane devenus catholiques, ont pu être ordonnés prêtres sans se séparer de leur épouse. Or il y a une convenance entre le célibat et le ministère des prêtres. C’est pourquoi, malgré certaines défaillances, l’Église romaine tient à choisir ses prêtres parmi ceux qui ont fait le choix du célibat « pour le Royaume », comme dit Jésus (Mt 19, 12). Mais ce n’est pas un point de dogme.

« Homme et femme, Il les créa » (Gn 5, 2)

La culture contemporaine oscille entre des points de vue contradictoires sur le rapport homme-femme. L’Église continue d’affirmer la différence et la complémentarité des sexes. Tout un courant de pensée tend à gommer la différence sexuelle, en lui reconnaissant seulement une dimension culturelle ou sociale. « On ne naît pas femme. On le devient. » La formule est juste en un sens, car l’être humain est toujours en devenir. Mais dans la polémique, elle veut dire plus que cela. Ce serait la société qui fabriquerait des hommes et des femmes. Certes la biologie montre quelques différences notables. Mais la chirurgie fait des prodiges et les transsexuels n’hésitent pas à afficher leur changement de sexe.

Inversement, bien des femmes se plaignent de ne pas rencontrer véritablement d’hommes. Que ce soit dans leur couple et leur famille, ou dans leur métier. Elles ne demandent, certes pas, à être dominées par des machistes. Mais à trouver un complément, une aide qui ne soit pas la copie conforme d’elles-mêmes. « Aide » : c’est le mot que le livre de la Genèse emploie quand il parle d’Adam et Ève. C’est pourquoi, au simple plan humain, l’Église ne peut que mettre en garde contre l’homoparentalité.

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