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En Irak, Medair au chevet des réfugiés du camp Gawilan

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Le camp de réfugiés de Gawilan, Kurdistan irakien.

Agnès Pinard Legry - Publié le 07/12/19

Présente en Irak depuis 2014, c’est au camp de Gawilan, situé à environ 140 kilomètres à l’est de la frontière irako-syrienne, que l’ONG Medair vient en aide aux réfugiés syriens. Son objectif : « Soulager les souffrances des familles tant en Irak qu’ailleurs dans la région en fournissant des services d’urgence pour répondre aux besoins de la population ».

« Une fois arrivés à la frontière, les réfugiés sont conduits en bus vers l’un des deux camps, celui de Bardarash ou celui de Gawilan, tous deux situés à environ 140 kilomètres à l’est de la frontière irako-syrienne », détaille à Aleteia Amy Van Drunen, chargée de communication pour Medair, une ONG présente en Irak depuis 2014, le début de la guerre civile irakienne qui a été une crise humanitaire de grande ampleur. Opérationnel depuis le début de la crise syrienne en 2011, Gawilan hébergeait un peu moins de 2.000 familles ayant fui la Syrie. En octobre 2019, le camp a été réaménagé de toute urgence, intégrant une nouvelle section afin d’accueillir les nouveaux arrivants ; le premier camp de Bardarash étant parvenu à saturation.

Comme des centaines de milliers de personnes, Sinu et son épouse Nijot ont fui la Syrie. Ils sont arrivés en Irak le 24 octobre 2019, au camp de Gawilan, après le bombardement de leur village. « Mentalement, depuis que nous avons traversé la frontière, je me sens beaucoup mieux », confie Sinu. « Que Dieu nous aide désormais à traverser cette épreuve ». Comme eux, de nombreux réfugiés quittent leur maison, leur travail et franchissent la frontière en quête de sécurité. « Il est toujours difficile d’entendre les récits de personnes qui ont été contraintes de fuir leurs maisons dans de telles conditions ; ce qu’elles ont vécu, traversé, est difficilement imaginable », explique à Aleteia Amy Van Drunen.




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Alors qu’éclatait une nouvelle crise dans le nord-est de la Syrie, le 9 octobre 2019, Medair a rapidement mobilisé des équipes d’intervention d’urgence pour répondre aux besoins médicaux des réfugiés arrivant dans le Kurdistan irakien. Actuellement, 21 expatriés et 172 employés nationaux travaillent pour Medair en Irak. En étroite coordination avec le HCR et les autres ONG concernées, cette organisation d’inspiration chrétienne a identifié des lacunes critiques dans le domaine des soins de santé et de l’accès à l’eau. En utilisant la capacité de ses opérations en cours en Irak, elle a pu fournir les premiers services de santé à la frontière et a distribué plus de 2.900 kits d’hygiène aux réfugiés syriens dans les deux camps en Irak, celui de Bardarash et celui de Gawilan. Depuis le 14 octobre 2019, 2.161 personnes sont arrivées à Gawilan. Pour renforcer l’offre de soins et alléger la charge de travail de la clinique située à proximité, une infirmière, un médecin et un pharmacien de Medair interviennent régulièrement.

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Hamu et son grand-père, camp de Gawilan, 13 novembre 2019.

En cinq ans, Medair a continuellement adapté son action à l’évolution rapide du contexte. Déplacements de masse, assistance aux familles se déplaçant à plusieurs reprises, suivi de l’installation des réfugiés… Dans les camps, les villes et les villages où la population s’est accrue à chaque déplacement, et même sur les monts Sinjar, les équipes de Medair dispensent des soins de santé primaire en apportant un soutien aux installations gérées par le gouvernement et par des équipes médicales mobiles. En 2018, alors que l’Irak rentrait dans une phase de reconstruction, Medair a de nouveau adapté son action. « Nous avons conçu des programmes qui favorisent le retour des personnes dans leurs régions d’origine tout en continuant à venir en aide aux déplacés restés dans les camps  », détaille Amy Van Drunen.

« Soulager les souffrances des familles. »

Et le travail sera encore long : actuellement, plus d’1,9 million de personnes sont encore déplacées et 6,7 millions ont besoin d’une aide humanitaire. Certaines ont pu rentrer chez elles, mais la plupart des familles vivent toujours dans des camps de réfugiés, des camps informels ou des bâtiments inachevés sans accès à des services essentiels comme l’eau et l’électricité. De nombreux hôpitaux et centres de santé ont été endommagés ou détruits, par le temps et la guerre, privant de nombreuses personnes des services de santé dont elles ont besoin.


MEDAIR

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Medair, qui dépend de la générosité des particuliers afin de mener à bien ses actions, s’est fixé comme objectif de « soulager les souffrances des familles, tant en Irak qu’ailleurs dans la région, en apportant une aide d’urgence répondant aux besoins essentiels de la population ». Travaillant étroitement avec des équipes irakiennes, Amy Van Drunen résume : « Voir cette compassion en action au beau milieu de cette crise est à la fois source d’inspiration et d’encouragement et nous pousse à faire toujours plus ».

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